13 mars 2008

Le rapport sur les droits de l'homme apporte un soutien aux défenseurs de ces droits, dit Mme Rice

La parution du nouveau rapport sur les droits de l'homme dans le monde

 

Washington - Pour certains, le rapport annuel sur les droits de l'homme constitue une liste lugubre de violations de ces droits commises par de nombreux États à travers le monde. Pour la secrétaire d'État, Mme Condoleezza Rice, c'est surtout un moyen d'apporter un soutien aux défenseurs des droits de l'homme dans tous les pays.

Lors de la conférence de presse qu'elle a donnée le 11 mars afin d'annoncer la parution du rapport pour l'année 2007, Mme Rice a déclaré : « Dans toutes les parties du monde, des hommes et des femmes œuvrent sans violence, et souvent à leurs risques et périls et à ceux de leur famille, afin de défendre les droits de l'homme et les libertés fondamentales, de parler selon leur conscience et d'exprimer leurs opinions sans crainte, de choisir ceux qui les gouverneront, d'exiger que leurs dirigeants rendent des comptes et d'obtenir justice pour tous conformément à la loi (…)

Nous sommes réunis aujourd'hui pour leur apporter un soutien et nous nourrissons l'espoir que le présent rapport sur les droits de l'homme mettra en évidence les obstacles qui entravent leur progression, de sorte qu'ils puissent au moins s'acquitter de la noble tâche consistant à lutter en faveur de la justice, sans encourir autant de risques pour eux et pour leur famille. Le présent document a été préparé et rédigé dans l'espoir qu'aucun coin de notre planète n'est définitivement condamné à la tyrannie. »

De son côté, le secrétaire d'État adjoint par intérim à la démocratie, aux droits de l'homme et au travail, M. Jonathan Farrar, a déclaré au service d'information du département d'État que ce rapport était destiné à évaluer exactement ce que les autres pays faisaient pour appliquer la Déclaration universelle des droits de l'homme.

C'est le 10 décembre 1948 que l'Assemblée générale de l'Organisation des Nations unies a adopté la Déclaration universelle des droits de l'homme, mais ce n'est qu'en 1977 que le département d'État a préparé le premier rapport sur les droits de l'homme dans le monde, qui portait alors uniquement sur les 82 pays bénéficiaires de l'aide des États-Unis. Cette année, le rapport porte sur 196 pays. Conformément à la loi de 1961 sur l'aide à l'étranger, le département d'État soumet chaque année ce rapport au Congrès.

Selon M. Farrar, le rapport ne classe pas les pays, mais comprend une section sur chacun des 196 pays.

La nouvelle section sur les apatrides

En outre, cette année il comporte une section sur les apatrides, a-t-il dit en citant l'exemple de Cambodgiens qui avaient fui leur pays du temps des Khmers rouges pour s'établir au Vietnam et dont les enfants sont maintenant ni vietnamiens ni cambodgiens. Quelque 15 millions de personnes à travers le monde font partie de la catégorie des apatrides.

Dans cette nouvelle section, les auteurs du rapport examinent si un pays compte des habitants qui ne sont pas considérés comme ressortissants d'un pays quelconque et si les pouvoirs publics du pays de résidence prennent des mesures pour donner à ces personnes la possibilité d'acquérir la nationalité de ce pays d'une manière non discriminatoire. Ils examinent aussi si les apatrides font l'objet de discrimination en ce qui concerne l'emploi, l'enseignement, le logement, les soins médicaux, l'état civil, la justice ou l'accession à la propriété.

L'utilisation du rapport

M. Farrar a indiqué que les diplomates américains, le Congrès et des organisations non gouvernementales consultaient tous le rapport sur les droits de l'homme. C'est le document qui est le plus consulté sur le site Internet du département d'État, a-t-il dit.

Les États étrangers accordent aussi une grande importance à ce rapport, en particulier s'ils figurent parmi les pays qui ne se conforment pas aux normes internationales en matière de droits de l'homme.

À propos des prix que Mme Rice a décerné à des champions de la cause des droits de l'homme, il a déclaré : « Nous avons essayé de nouveau cette année, comme l'an dernier, de mettre en évidence la nécessité de défendre les défenseurs des droits de l'homme. »

Même si parfois la mention de noms de défenseurs de droits de l'homme peut compromettre la sécurité de certains, a-t-il dit, elle peut aussi avoir pour effet de protéger davantage ceux qui sont détenus.

M. Farrar, qui a été diplomate à plusieurs reprises en Amérique latine, a indiqué que les défenseurs des droits de l'homme avec qu'il s'était entretenu considéraient de tels entretiens officiels comme une sorte de validation de leurs efforts. « C'est utile pour eux », a-t-il dit en ajoutant qu'il continuait d'avoir de tels entretiens. « Il nous faut les écouter et prendre conseil auprès d'eux », a-t-il affirmé.

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