31 janvier 2008
Chaque année, en février, les feux des projecteurs sont braqués sur les apports des Afro-Américains.
Washington - Chaque année en février, le Mois de l'histoire afro-américaine évoque les luttes et les triomphes de millions d'Américains face à de terribles obstacles - à savoir l'esclavage, les préjugés et la pauvreté -, et leurs contributions à la vie culturelle et politique des États-Unis.
2008 sera la 82e année de la célébration de l'histoire afro-américaine depuis que Carter G. Woodson, un célèbre historien, a institué la Semaine de l'histoire des Noirs en 1926. Il avait choisi la deuxième semaine de févier afin que cela coïncide avec les anniversaires d'Abraham Lincoln et de Frederick Douglass.
La commémoration a été étendue au « Mois de l'histoire afro-américaine » en 1976, année du bicentenaire de la nation, par le président Gerald Ford qui avait exhorté les Américains à « saisir l'occasion de rendre hommage aux réalisations dans tous les domaines trop souvent tenues sous silence des Américains de race noire ».
M. Woodson, fils d'anciens esclaves de Virginie, a réalisé que les difficultés et les accomplissements des Américains d'origine africaine étaient passés sous silence ou déformés. Il a fondé l'Association for the Study of the Negro Life and History (ASALH), qui publie une revue académique et détermine chaque année le thème du Mois de l'histoire afro-américaine.
Cette année, ce thème est « Carter G. Woodson et les origines du multiculturalisme ». Il rend hommage aux contributions de M. Woodson et à sa conviction que « l'Amérique devait accepter chaleureusement les différences culturelles que les nouveaux venus apportaient avec eux ». Tant M. Woodson que d'autres intellectuels noirs du début du XXe siècle étaient d'avis que la démocratie « exigeait la tolérance des différences et pouvait soutenir ces différences dans l'harmonie ».
M. John Fleming, président de l'ASALH et directeur honoraire du Cincinnati Museum Center, s'est déclaré d'avis que le Mois de l'histoire afro-américaine devrait se concentrer à la fois sur les aspects positifs et négatifs de l'expérience vécue par les Noirs.
« La lutte est évidemment un thème récurrent depuis le tout début de notre histoire. Avant d'être capturés en Afrique, nous n'étions pas des esclaves. Et si l'esclavage a fait partie de notre histoire pendant 250 ans, nous avons quelque cent cinquante années de liberté dont nous devons traiter. Ce n'est pas pour diminuer l'importance de la période d'esclavage, mais elle n'englobe pas tout », a-t-il dit.
M. Fleming a ajouté qu'il avait constaté des progrès considérables sur de nombreux fronts. Près de 10 % des membres du Congrès et des centaines de maires sont des Noirs, et ces derniers sont de plus en plus nombreux à entrer dans la classe moyenne et certaines professions.
« Mais il subsiste certains problèmes graves qu'il faut régler, notamment celui des classes reléguées à la pauvreté dans les zones urbaines. Il y a également des noyaux importants de pauvreté dans certaines régions rurales », par exemple le delta du Mississipi.
« Je suis heureux à l'idée d'un Musée national afro-américain sur le Mall (l'esplanade centrale de Washington) qui relatera une histoire bien plus étendue », a-t-il ajouté. En 2003, le président Bush a promulgué une loi portant création d'un nouveau musée qui sera situé sur cette esplanade, près du monument de Washington. Ce musée n'est pas encore construit, mais une exposition de photographies a déjà été organisée à la « National Portrait Gallery ».
« En discutant avec les jeunes, Noirs comme Blancs, on constate que leur ignorance de l'histoire afro-américaine est effarante », a-t-il fait observer. « C'est la raison pour laquelle Carter G. Woodson a eu l'idée d'une semaine consacrée à la célébration de l'histoire des Noirs. »
« C'est en février que l'histoire afro-américaine attire le plus d'attention et je pense que c'est l'occasion de souligner qu'elle devrait être étudiée toute l'année. »
Chaque année, le président des États-Unis marque le Mois de l'histoire afro-américaine par une proclamation et une célébration à la Maison-Blanche. Les États et les villes organisent leurs propres célébrations dans tout le pays, et les médias présentent des sujets liés à l'histoire des Américains d'origine africaine.
« Tout au long de l'histoire de notre pays, des Afro-Américains de toute catégorie ont consacré leurs talents à l'amélioration de la société américaine, a déclaré M. Bush dans la proclamation qu'il a diffusée cette année le 29 janvier. nous fêtons les nombreuses contributions que les Afro-Américains ont faites à la vie de notre pays et saluons leur lutte courageuse en vue de transformer le cœur et l'âme de nos concitoyens. S'il reste encore beaucoup de progrès à faire, nous devons continuer à faire œuvre commune afin de réaliser la promesse et la vision d'avenir de notre grande nation. »
L'ASALH a son siège à Washington, ville où M. Woodson a vécu de 1915 jusqu'à sa mort en 1950. Sa maison est classée « monument historique ».
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)