28 janvier 2008
Le gouvernement afghan a besoin d'une aide plus grande de la communauté internationale.

Washington - Il est nécessaire que la communauté internationale, notamment l'OTAN, apporte une contribution importante pour faciliter la progression de l'Afghanistan sur la voie qui lui permettra de réaliser les objectifs prévus.
La coalition des forces des États-Unis, de l'OTAN et de l'Afghanistan œuvrent avec diligence pour faire face aux talibans et pour assurer la sécurité tout en encourageant des changements dans des domaines allant de l'enseignement à la lutte contre la corruption.
Les forces de la coalition et leurs partenaires non gouvernementaux sont conscients du fait que la réussite en Afghanistan exige aussi bien la sécurité que le développement et la bonne gouvernance. Leur grand objectif est de faire en sorte que ce pays puisse se prendre en charge et qu'il ait un gouvernement représentatif.
C'est pourquoi le sommet de l'OTAN qui doit avoir lieu en Roumanie en avril comprendra une réunion élargie qui portera sur les progrès enregistrés en Afghanistan, sur les moyens d'y faire face aux problèmes et sur les objectifs à y atteindre en 2013.
L'ancien ambassadeur des États-Unis, M. Ronald Neumann, a déclaré au Service d'information du département d'État que les participants à ce sommet devaient chercher à parvenir à un consensus sur les objectifs de l'OTAN en Afghanistan et sur les moyens de les réaliser.
Pour sa part, la secrétaire d'État, Mme Condoleezza Rice, a indiqué que ni l'OTAN ni les États-Unis ne s'acquittaient très bien de leur tâche à cet égard. Tous les États membres de cette alliance doivent informer leur population au sujet de la réalité de la guerre en Afghanistan, qui exige des sacrifices en temps, en argent et en hommes, a-t-elle dit le 23 janvier lors du Forum économique mondial. « Il ne s'agit pas seulement d'une opération de maintien de la paix, et les enjeux ne pourraient pas être plus grands pour les Afghans, pour notre alliance et pour la sécurité internationale. »
Vu la volonté politique de l'OTAN de réussir en Afghanistan, les résultats de cette lutte vont avoir, selon M. Neumann, des effets importants sur l'avenir de cette institution, qui « ne peut pas se permettre d'échouer ».
Les États-Unis ont félicité leurs partenaires au sein de l'OTAN pour leur contribution au redressement de l'Afghanistan et notamment pour leur rôle dans la Force internationale d'assistance à la sécurité, qui se compose de 41.700 membres. Cette force a cependant besoin de plus de soldats, d'instructeurs en matière de sécurité ainsi que de matériel militaire ou de moyens de transport et de communication.
La représentante des États-Unis auprès de l'OTAN, Mme Victoria Nuland, a récemment indiqué que des alliés tels que la Lituanie, qui s'occupait d'une équipe provinciale de reconstruction dans la province de Ghor, jouaient un rôle de premier plan. Elle a cependant fait part de la préoccupation des États-Unis au sujet du fait que les budgets militaires diminuaient dans tous les pays européens, alors que le monde avait besoin d'un plus grand nombre de soldats chargés du maintien de la paix dans des pays comme l'Afghanistan.
La Force internationale d'assistance à la sécurité a pour mission d'assurer la sécurité afin de faciliter la distribution de l'aide humanitaire et la reconstruction du pays. Les petits États membres de l'OTAN peuvent avoir une grande influence en offrant leur savoir-faire ou en fournissant des vivres.
Suivant l'exemple de la Turquie, des Pays-Bas, du Canada et du Royaume-Uni, la République tchèque va envoyer sous peu, dans la province de Logar, une équipe qui sera chargée de s'occuper de la reconstruction et de la stabilisation. Les Tchèques ont aussi fourni aux forces aériennes afghanes des hélicoptères et des avions. Pour sa part, la France doit également apporter une contribution dans ce domaine.
Toutefois, il est encore nécessaire d'augmenter le nombre des forces de l'OTAN. Les États-Unis ont récemment décidé d'envoyer 3.200 marines pour une période de sept mois, mais ce n'est pas suffisant. L'Afghanistan a besoin de milliers d'instructeurs de la police.
Selon le ministre américain de la défense, M. Robert Gates, l'OTAN doit commencer à envisager le remplacement des marines américains. Il est aussi nécessaire que cette institution offre une meilleure formation en matière de lutte contre le terrorisme. La création à Kaboul d'une école spécialisée dans ce domaine pourrait en partie remplir ce besoin.
Après avoir fait état des tensions qui se manifestent au sein d'une alliance en cas de guerre, M. Gates a déclaré : « Nous devons surmonter de bonne foi et dans le respect mutuel les problèmes que provoque notre alliance et maintenir notre attention sur la mission qui nous unit, à savoir faire en sorte que l'Afghanistan soit libre et que la sécurité y soit assurée. »
À l'heure actuelle, l'OTAN élabore un document sur la stratégie de la Force internationale d'assistance à la sécurité aux fins d'adoption par les participants à la réunion au sommet d'avril. Ce document tiendra compte des progrès réalisés jusqu'ici par l'OTAN et énoncera des mesures visant à renforcer la sécurité et la coopération avec d'autres organisations internationales et avec le gouvernement afghan.
D'après M. Neumann, ce document doit aussi porter sur la façon dont les alliés règlent aux niveaux politique et diplomatique les problèmes en Afghanistan, car certains membres de la force internationale doivent faire appel au gouvernement central de leur pays pour prendre des décisions. Il faut, a-t-il dit, que la coordination soit plus efficace et la ventilation des ressources plus souple.
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)