25 janvier 2008

La croissance économique aux É.-U. devrait diminuer en 2008 pour reprendre en 2009

Selon la secrétaire d'État, l'économie américaine résiste bien.

 
Tony Blair et Condoleezza Rice
L'ancien Premier ministre britannique Tony Blair et la secrétaire d'État américaine Condoleezza Rice à Davos (Suisse). (© AP Images)

Washington - Le rythme de la croissance économique aux États-Unis ralentira quelque peu en 2008, mais il est probable que l'on observera une accélération de ce rythme au début de 2009 lorsque les secteurs immobilier et financier connaîtront une amélioration, estiment les spécialistes du Bureau du budget du Congrès (Congressional Budget Office ou CBO).

Le directeur de ce bureau, M. Peter Orszag, a déclaré devant plusieurs commissions parlementaires que les faiblesses actuelles de l'économie étaient dues au resserrement du crédit, à la crise du logement et à la hausse des cours du pétrole. Le CBO prépare au moins deux fois par an un rapport sur les perspectives économiques à l'intention du Congrès.

« L'état de l'économie est particulièrement incertain à l'heure actuelle. Le rythme de la croissance économique a ralenti en 2007, et de fortes indications laissent penser qu'il ralentira encore plus en 2008. Le CBO est d'avis que les problèmes actuels des marchés immobilier et financier et le prix élevé du pétrole limiteront les dépenses des ménages et des entreprises cette année et qu'ils réduiront la croissance du produit intérieur brut », a-t-il dit le 24 janvier devant une commission parlementaire.

Le produit intérieur brut d'un pays (PIB) représente la valeur marchande de l'ensemble des produits et des services d'un pays. Il se compose en général de quatre éléments : les dépenses de consommation, les investissements, les dépenses publiques ainsi que les exportations et les importations. Pour l'année 2008, le CBO estime que le PIB des États-Unis atteindra environ 13,7 billions (milliers de milliards) de dollars et qu'il augmentera en 2009 pour passer à 14,2 billions en 2009.

Selon M. Orszag, il est improbable que la situation économique américaine empire au-delà du ralentissement prévu de la croissance, mais les estimations relatives au produit intérieur but sont révisées tout au long de l'année au fur et à mesure que les conditions changent. « Le CBO, a-t-il dit, s'attend à une reprise de l'économie après 2008, à mesure que les effets négatifs des perturbations dans les marchés immobilier et financier s'estomperont. »

Pour sa part, la secrétaire d'État, Mme Condoleezza Rice, a déclaré le 23 janvier, à l'occasion du Forum économique mondial de Davos (Suisse), que l'économie américaine continuait d'être un des principaux moteurs de la croissance économique mondiale et que les marchés financiers du monde entier devraient avoir confiance dans la vigueur de l'économie mondiale.

« Je sais, a-t-elle dit, que de nombreuses personnes s'inquiètent des fluctuations récentes des marchés financiers des États-Unis et de l'état de l'économie américaine. L'économie américaine résiste bien, sa structure est saine et ses conditions fondamentales à long terme sont bonnes. Les États-Unis continuent de faire bon accueil aux investissements étrangers et d'être en faveur du libre-échange. »

Le 18 janvier, le président Bush avait annoncé qu'il allait demander au Congrès d'adopter un plan de relance destiné à stimuler les dépenses de consommation et les investissements des entreprises. Ce plan de relance, avait-il dit, devrait représenter environ 1 % du PIB, soit quelque 140 à 145 milliards de dollars, bien que le montant final puisse atteindre près de 150 milliards de dollars.

Pour leur part, le ministre des finances, M. Henry Paulson, la présidente de la Chambre des représentants, Mme Nancy Pelosi, et le chef de la minorité républicaine, M. John Boehner, ont indiqué, le 24 janvier, que la Maison-Blanche et le Congrès étaient parvenus à un accord sur un plan de relance qui prévoyait un remboursement d'impôt pour les ménages et des avantages fiscaux pour les entreprises qui investissent. Le chef de la majorité au Sénat, M. Harry Reid, a déclaré à l'agence de presse Reuters qu'il était possible que les parlementaires adoptent ce plan de relance de manière à ce que le président Bush puisse en promulguer le texte de loi à la mi-février.

Cette mesure de politique budgétaire proposée par le président s'est accompagnée de la mesure de politique monétaire prise par la Réserve fédérale le 22 janvier. Celle-ci a abaissé ses taux directeurs afin d'encourager les banques à accorder des prêts aux entreprises et de stimuler les investissements, ce qui a permis aux places boursières de reprendre haleine.

Le président du conseil d'administration de la Réserve fédérale, M. Ben Bernanke, a déclaré devant une commission parlementaire qu'il estimait qu'un plan de relance pouvait atténuer les récentes perturbations économiques dans la mesure où il serait ponctuel, temporaire et qu'il serait adopté en temps utile.

(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)

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