25 janvier 2008

Le réalisme américain lie les idéaux et les intérêts des États-Unis, dit Mme Rice

Le discours de la secrétaire d'État américaine au Forum économique mondial à Davos

 
La secrétaire d'État, Mme Condoleezza Rice lors du Forum économique mondial le 23 janvier 2008 à Davos (Suisse). (© AP Images)

Washington - Dans un monde en proie à des turbulences, les intérêts des États-Unis sont inséparables de leurs idéaux, ce qui rend leur appui à la promotion des libertés politique et économique plus essentiel que jamais, a dit la secrétaire d'État lors du discours qu'elle a prononcé le 23 janvier 2008 au Forum économique mondial, qui se tient chaque année à Davos (Suisse).

« Le réalisme américain », défini comme la croyance inébranlable dans le pouvoir positif de la démocratie, de l'économie de marché, du libre-échange, des droits de l'homme et de l'État de droit, est au centre de la politique étrangère des États-Unis, a-t-elle indiqué.

« Tout comme les autres pays, nous avons fait des erreurs au cours de notre histoire. Néanmoins, notre confiance dans nos principes, et notre impatience pour ce qui est du rythme des changements, constituent aussi deux des sources de nos grands succès, et garantiront que les États-Unis continueront de jouer un rôle dirigeant dans le monde avec énergie, confiance et compétence au XXIe siècle. »

L'aide à l'étranger et le libre-échange

Dans un monde où la moitié des habitants dispose de moins de 2 dollars par jour pour vivre, le réalisme américain signifie l'économie de marché et le libre-échange, qui, lorsqu'ils sont alliés à la démocratie, suscitent la prospérité et la justice sociale pour toute la population.

Depuis 2001, le président Bush a œuvré de concert avec le Congrès pour mettre sur pied le programme de développement à l'étranger le plus important des États-Unis depuis le plan Marshall, qui s'est traduit par le doublement de l'aide à l'Amérique latine, le quadruplement de l'aide à l'Afrique et le triplement de l'aide dans le monde entier.

« Il nous faut traiter les pays en développement non en tant qu'objets de notre politique, mais comme des partenaires égaux dans une entreprise commune marquée par la dignité », a-t-elle dit.

Grâce à leur plan d'aide à la lutte contre le sida dans 120 pays, dont la dotation atteint 15 milliards de dollars, et à leur aide aux pays africains destinée à combattre le paludisme, les États-Unis sauvent la vie d'un grand nombre de personnes. Leur Compte du millénaire, auquel ils ont déjà consacré 7,5 milliards de dollars, encourage des pays en développement à entreprendre des réformes en matière de démocratisation.

Toutefois, une prospérité durable exige plus que de l'aide, a fait remarquer Mme Rice. Elle exige aussi un élargissement mondial du libre-échange, ce qui rend prioritaire l'aboutissement des négociations de Doha. (Ces négociations commerciales multilatérales organisées dans le cadre de l'Organisation mondiale du commerce sont actuellement dans une impasse.)

Le président Bush, a-t-elle dit, « s'est engagé à faire en sorte que les États-Unis suppriment tous les droits de douane, toutes les subventions et tous les obstacles à la libre circulation des biens et des services, y compris dans le secteur agricole, lorsque les autres pays feront de même ».

La démocratisation

Le réalisme américain signifie aussi que l'on aide les États à tirer parti des avantages de la démocratie, ce qui est, selon Mme Rice, le meilleur moyen de régler les différends au sein de la société et d'assurer une paix durable entre les pays.

« Les divers pays trouveront les moyens d'exprimer les principes démocratiques qui reflètent leur culture et leur mode de vie, a-t-elle dit. Toutefois, les principes de base sont universels et nous les connaissons : les hommes et les femmes ont le droit de choisir ceux qui les gouvernent, d'exprimer leurs opinions, de pratiquer librement leur culte et d'être protégés du pouvoir arbitraire de l'État. »

Faisant allusion à ceux qui critiquaient l'appui des États-Unis en faveur de la démocratie, notamment au Moyen-Orient, la secrétaire d'État a déclaré que la démocratisation prenait du temps, en particulier lorsque les dirigeants d'un pays se heurtaient aux forces de l'extrémisme comme au Liban et en Irak, lorsque les blogueurs et ceux qui défendaient le respect des droits de l'homme étaient incarcérés et lorsqu'un groupement terroriste comme le Hamas continuait de s'opposer au processus de paix au Proche-Orient.

Après avoir fait état des difficultés et de la violence qu'avaient connues ses ancêtres afro-américains et des réformes qui avaient été nécessaires pour que les Afro-Américains puissent occuper la place qui leur revenait dans la société américaine, Mme Rice a déclaré que les États-Unis ne se faisaient aucune illusion sur les difficultés de la démocratisation.

« Nous sommes convaincus que l'imperfection humaine rend la démocratie encore plus importante et que tous ceux qui cherchent à favoriser la démocratie méritent de la patience et un soutien. »

Le rôle essentiel de la diplomatie

Le réalisme américain signifie aussi que, si les États-Unis cherchent toujours à favoriser les libertés démocratiques et économiques, ils ne pensent pas que certains pays soient à jamais leurs adversaires et ils sont donc foncièrement attachés à la diplomatie.

Ces dernières années, les États-Unis ont rénové leurs relations avec la Libye, le Vietnam, la Chine et même avec leur grand ancien adversaire, la Russie. Ce dernier pays, a-t-elle dit, joue maintenant un rôle constructif face à une multitude de problèmes diplomatiques internationaux, qu'il s'agisse de la lutte contre le terrorisme, de la prolifération des armes nucléaires et du processus de paix au Proche-Orient.

Grâce à la diplomatie, il est possible d'imaginer l'amélioration des relations entre les États-Unis et la Corée du Nord dans le cadre des négociations à six. Il est aussi possible d'envisager l'amélioration des relations avec l'Iran si les dirigeants iraniens acceptent les exigences de la communauté internationale pour ce qui de la suspension de son programme d'enrichissement de l'uranium et s'ils participent à des négociations avec les États-Unis. « J'ai dit que si cette suspension avait lieu, je m'entretiendrais avec mon homologue à n'importe quel moment et n'importe où pour parler de toutes choses. Je ne sais pas comment je pourrais faire une invitation plus large que celle-là », a dit Mme Rice lors d'une table ronde qui avait eu lieu à Davos quelques heures avant son discours.

En concluant son discours, Mme Rice a déclaré que le réalisme américain, grâce auquel il était possible de voir les dirigeants irakiens régler leurs différends d'une façon démocratique et les dirigeants saoudiens applaudir aux efforts de paix israéliens et palestiniens lors de la conférence d'Annapolis (États-Unis) en novembre 2007, consistait à faire face tous les jours au monde tel qu'il était, tout en sachant que cette réalité n'était pas immuable et en tendant toujours vers le monde meilleur, mais pas parfait, qu'il pourrait être.

(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)

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