25 janvier 2008

Le réchauffement climatique, une question « brûlante » pour les politiciens

Plus les électeurs s'intéresseront au problème, plus vite les politiciens agiront.

 
La pollution de Houston (Texas)
Dans la ville de Houston, les automobiles contribuent à l'élévation des taux de gaz à effet de serre. (© AP Images)

Washington - Si les politiciens et le public sont suffisamment informés de la gravité du réchauffement de la planète, il sera possible d'inverser de façon efficace la dégradation de l'environnement : c'est à cette conclusion que sont parvenus les spécialistes participant du 16 au 18 janvier à une conférence organisée par le National Council for Science and the Environment (NCSE) qui portait sur les moyens de mobiliser le public pour trouver des solutions aux problèmes liés aux changements climatiques.

Les membres du groupe, qui comprenait des universitaires, des défenseurs de l'environnement et un chef de file religieux, se sont accordés à dire que le fait d'informer les gens et de les pousser à agir, tant au plan politique que personnel, était un élément essentiel de toute stratégie environnementale.

Le rapport pour 2007 du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) met à jour les éventuelles menaces que le réchauffement climatique posent pour l'environnement et souligne la nécessité de prendre très rapidement des mesures pour y faire face. Les effets irréversibles du réchauffement de la planète imputables aux émissions de gaz carbonique et aux autres gaz à effet de serre se font déjà sentir dans les régions les plus vulnérables du monde, et les scientifiques plaident en faveur de mesures d'urgence afin d'empêcher qu'une accélération de la fonte des glaces polaires et de la montée des températures n'entraîne des dégâts encore plus importants.

« Nous ne disposons pas de beaucoup de temps », a fait valoir M. Bill McKibben, écrivain et militant, fondateur de StepItUp.org, un organisme dont l'action, qui s'est largement étendue au cours de l'année passée, consiste à organiser des manifestations aux quatre coins du pays afin d'exiger l'adoption de lois imposant des réductions des émissions de gaz à effet de serre.

« Une révolution en ce qui concerne le secteur de l'énergie aux États-Unis créera des emplois et améliorera la compétitivité de notre pays au plan économique », a déclaré pour sa part M. Dan Seligman, directeur de l'organisation Apollo Alliance Washington, qui fait pression auprès du Congrès et prône l'utilisation d'énergies propres. « Notre rôle est de rallier des gens appartenant à des milieux divers », a-t-il expliqué au sujet de l'Alliance, une coalition de chefs de file syndicaux, écologiques, commerciaux et communautaires qui œuvrent en vue de réduire la dépendance des États-Unis à l'égard du pétrole.

M. Michael Crow, président de l'université d'État de l'Arizona, a expliqué qu'il instituait des changements dans son établissement afin de le moderniser. « Nous sommes en train de réfléchir à une refonte complète de la structure de l'institution à tous les niveaux possibles en organisant par exemple des équipes d'étudiants qui travaillent véritablement à la recherche de solutions aux vrais problèmes affectant le monde », a-t-il précisé, ajoutant que le fait de mettre à profit l'énergie et la créativité des étudiants pour aborder la question de la « durabilité » était un bon moyen d'améliorer la vie des populations et la qualité des écosystèmes.

Les problèmes qui touchent l'environnement préoccupent nombre d'évangéliques et M. Richard Cizik, vice-président de l'Association nationale des évangéliques, une organisation très influente, a fait observer qu'il était nécessaire de « communiquer non seulement l'ampleur et la portée de la crise mais aussi ses conséquences morales ». Il s'est déclaré d'avis que la crise était tout autant d'ordre politique qu'écologique et a rappelé que les gens sont à la fois « les coupables et les victimes ».

Les grandes communautés religieuses, pour qui l'environnement est tout aussi important que les questions morales qu'elles appuient traditionnellement, associent actuellement leurs forces à celles de la communauté scientifique, a-t-il indiqué.

Le 16 janvier, les représentants de l'industrie énergétique qui assistaient à la réunion annuelle de l'U.S. Energy Association (Association américaine de l'énergie) au Club national de la presse ont évoqué les moyens technologiques permettant d'obtenir une énergie propre et renouvelable et de former les alliances entre les secteurs privé et public afin d'améliorer l'efficacité énergétique des produits.

« Le climat va être un énorme sujet de préoccupation (...) Il va nous falloir réaliser beaucoup d'économies au plan énergétique. Il nous faudra recourir au nucléaire, piéger le carbone et l'emmagasiner, avoir aussi des usines thermiques à charbon "propres". Il faudra développer les énergies renouvelables. Nous aurons toujours besoin de pétrole », a déclaré M. Tom Kuhn, président-directeur général de l'Edison Electric Institute, exhortant à l'adoption de lois répondant aux besoins de l'industrie énergétique et favorisant l'utilisation de nouvelles technologies.

« Il faut que les gens comprennent que si nous investissons dans l'infrastructure de ce pays pour ce qui est de l'énergie, si nous devons faire les énormes investissements nécessaires pour faire face aux changements climatiques, cela va coûter très cher », a-t-il dit, précisant que de tels investissements seront sûrement faits parce que, à l'avenir, les changements climatiques « auront d'importantes conséquences sur l'environnement et sur le pays ».

Les participants à cette réunion ont souligné l'importance, pour le public et les politiciens, d'être informés à propos des réalités en matière d'énergie, ainsi que la nécessité d'adopter les lois qui tiendront compte à la fois des exigences pour faire face aux changements climatiques et de celles de l'économie.

M. Peter Senge, professeur à l'Institut de technologie du Massachusetts (MIT), a conclu les travaux de la conférence du NCSE en rappelant que la nécessité d'atténuer les effets des changements climatiques et de s'y adapter n'épargnait aucune culture.

(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)

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