17 janvier 2008

Les liens entre des villes des États-Unis et de pays musulmans se resserrent

L'organisme Sister Cities International encourage les échanges à de nombreux niveaux

 
Des représentants de <i>Sister Cities Intl</i> et Samir Yousef
Des représentants de Sister Cities Intl et Samir Yousef en 2007. (Photo avec l'aimable permission Sister Cities Intl

Washington - L'organisme Sister Cities International, qui est l'un des groupes des États-Unis les plus actifs lorsqu'il s'agit de pratiquer une « diplomatie citoyenne », appuie une meilleure compréhension entre les États-Unis et le monde musulman en multipliant les contact entre les gens ordinaires se trouvant de part et d'autre du fossé culturel.

« Depuis le 11 septembre 2001, nous nous efforçons de rapprocher les mondes musulman et occidental et de dissiper les méprises à caractère culturel. Nous avons essayé de multiplier les partenariats et de relancer ceux qui existaient déjà en proposant de nouvelles idées et de nouvelles possibilités », a dit M. Patrick Madden, directeur exécutif de Sister Cities International.

Selon Mme Jennifer Oliver, chargée pour cette organisation de l'initiative en faveur des partenariats avec les pays islamiques, le nombre d'accords de jumelage avec les pays à population majoritairement musulmane s'élève à l'heure actuelle à 94, et une vingtaine de nouveaux accords est en cours d'échafaudage.

« Nous envisageons déjà la prochaine étape : voir chaque État, chaque circonscription des États-Unis nouer des liens avec diverses régions du monde musulman », a-t-elle expliqué.

Pour donner de l'élan à cette nouvelle stratégie de rapprochement avec le monde musulman, l'association organise depuis trois ans des tournées dites de « partenariat et de paix » auxquelles prennent part des représentants de villes dispersées aux quatre coins des États-Unis. La première tournée a été organisée au Maroc en 2006 et la seconde en Égypte en 2007.

« Au Maroc, nous avons concrétisé l'élaboration de six ou sept accords de jumelage. En Égypte, des représentants de trois ou quatre villes américaines se sont déclarés disposés à nouer des liens avec des villes égyptiennes », a-t-elle ajouté.

En mars, une troisième tournée est prévue en Israël et en Égypte et, a souligné M. Madden, les participants seront attentifs aux éventuelles possibilités économiques. « L'un des points sur lesquels ont insisté les responsables de l'ambassade des États-Unis en Jordanie en ce qui concerne leurs attentes, pour ce qui est de notre voyage en Israël et en Jordanie au printemps, a été la création de débouchés commerciaux », a-t-il précisé.

Créé par le président Dwight Eisenhower en 1956, l'organisme Sister Cities a mis sur pied un réseau de quelque 700 villes américaines qui ont formé des partenariats avec près de 2.500 villes à l'étranger. À ses débuts, l'organisme a joué un rôle vigoureux afin d'encourager des liens et la compréhension entre les États-Unis et le Japon, deux pays ennemis durant la Deuxième Guerre mondiale aujourd'hui réconciliés et amis solides.

« À l'origine, l'idée fondamentale était de ne pas faire intervenir les autorités gouvernementales et la diplomatie officielle et de laisser des gens ordinaires se rendre à l'étranger, d'y faire connaissance avec d'autres gens ordinaires, de se mélanger à eux dans les rues, de visiter leurs lieux culturels, de manger la même nourriture qu'eux, et avant longtemps les gens comprendraient qu'ils sont tous semblables. Peut-être avons-nous des divergences d'opinion, mais la somme des points que nous avons en commun est bien plus élevée que celle de nos différences », a expliqué M. Madden.

De l'avis de bien des Américains qui participent aux programmes de Sister Cities, le terrorisme et les préoccupations d'ordre sécuritaire entravent l'élaboration de liens entre les États-Unis et le monde musulman et ils s'accordent à dire que la plupart des Américains ne comprennent pas la culture islamique.

« Nous estimons que nous jouons un rôle pédagogique auprès du public en ce qui concerne le monde musulman par le truchement de notre réseau et de nos membres », a ajouté M. Madden.

Ce rôle tourne autour de quatre domaines principaux d'activités : les arts et la culture, les jeunes et l'éducation, l'aide humanitaire et le développement économique durable, qui sont notamment reflétés dans les liens tissés entre la ville de Baltimore (Maryland) et les villes égyptiennes d'Alexandrie et de Louxor.

Un homme d'affaires de Baltimore, par exemple, avait visité Alexandrie il y a quelques années et l'idée de construire une usine de transformation des déchets en éthanol lui vint à l'esprit et, dès que le financement définitif aura été obtenu, la construction de cette usine pourra commencer.

Des médecins, infirmières et techniciens médicaux de plusieurs universités du Maryland, notamment l'université Johns Hopkins et l'université du Maryland, ont renforcé la formation de leurs homologues égyptiens et les ont reçus aux États-Unis.

Outre le fait de recueilir des fonds et rassembler des collections de livres à son profit, les autorité de la ville de Baltimore ont envoyé des bibliothécaires en mission de formation à la Bibliotheca Alexandrina, une bibliothèque et centre culturel modernes qui rendent hommage à l'ancienne bibliothèque d'Alexandrie.

L'éducation est au cœur des liens noués entre les villes de San Diego et Jalalabad (Afghanistan). C'est grâce à San Diego qu'un établissement scolaire accueillant des élèves du primaire jusqu'à la terminale a été construit à Jalalabad et les autorités de San Diego ont fourni des livres et organisé des échanges d'enseignants en vue d'améliorer leur formation. Le jumelage entre les deux villes a aussi conduit à un partenariat solide entre l'université d'État de San Diego et l'université de Nangarhar en vue de rétablir dans cet établissement des programmes de niveau supérieur dans des domaines tels que l'anglais et l'ingénierie.

Houston, capitale non officielle du pétrole des États-Unis, est jumelée avec Baku (Azerbaïdjan) et avec Abou Dhabi (Émirats arabes unis), tous deux des pays producteurs de pétrole.

Alors qu'aux États-Unis et dans les pays musulmans diverses villes s'ouvrent au jumelage, a fait valoir Mme Oliver, elles devraient rechercher les points communs qui leur permettront d'établir des liens solides et durables. « Il est important que les villes candidates au jumelage aient des similarités, par exemple aux plans de la population, des industries, de la géographie, de l'infrastructure, car si elles sont très différentes aux plans de la taille ou des activités qui les soutiennent, il sera alors très difficile de maintenir les liens », a-t-elle souligné.

(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)

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