02 janvier 2008

L'ordre de priorité des États-Unis pour 2008 en matière de politique étrangère

Interviews de la secrétaire d'État, Mme Condoleezza Rice

 

Washington - Lors d'une série d'interviews récentes, la secrétaire d'État, Mme Condoleezza Rice, a donné les grandes lignes de la politique étrangère des États-Unis pour l'année 2008, qui sera la dernière avant l'arrivée à expiration du mandat du président Bush.

Le processus de paix au Proche-Orient

Le maintien de l'impulsion donnée lors de la conférence d'Annapolis en novembre 2007 sera un des grands dossiers prioritaires, a-t-elle indiqué en précisant que le président Bush allait se rendre au Moyen-Orient du 8 au 18 janvier. Il doit aller en Israël, en Cisjordanie, au Koweït, au Bahreïn, aux Émirats arabes unis, en Arabie saoudite et en Égypte.

Lors de l'interview qu'elle a accordée le 20 décembre au quotidien allemand Die Zeit, la secrétaire d'État a dit que les États-Unis comptaient jouer un rôle très actif en faveur du processus de paix, mais qu'elle s'attendait à de nombreux problèmes alors que les Israéliens et les Palestiniens reprenaient les négociations en vue de parvenir à un accord de paix d'ici à la fin de 2008.

« Je n'ai jamais connu, étudié, suivi ou mené des négociations qui n'étaient pas difficiles à leurs débuts », a-t-elle dit à l'agence Associated Press le 12 décembre.

En outre, le président de l'Autorité palestinienne, M. Mahmoud Abbas, et le premier ministre palestinien, M. Salaam Fayyad, auront à remplir la tâche difficile consistant à utiliser les 7,4 milliards de dollars que les participants à la conférence de Paris se sont engagés à fournir à l'Autorité palestinienne afin de poser les fondements du futur État palestinien doté d'un régime démocratique, comme le gouvernement Bush le préconise depuis 2002.

« Le dossier israélo-palestinien (…) constitue un dossier très complexe, et le fait de le laisser dans un état d'avancement bien plus grand que lors de l'entrée en fonction du président Bush devrait, à mon avis, avoir des répercussions à de nombreux égards dans toute cette partie du monde. »

L'appui en faveur de la démocratie au Liban

Mme Rice a également indiqué que le soutien des États-Unis en faveur de la démocratie au Liban était également un dossier prioritaire et elle a exhorté les pays qui avaient participé à la conférence d'Annapolis, en particulier la Syrie, à contribuer au soutien du Liban, alors que ce pays continuait de se rétablir d'une série de crises, dont le conflit entre l'Hezbollah et Israël en 2006, l'assassinat de plusieurs hommes politiques éminents et l'impasse politique relative à l'élection d'un nouveau président.

« Il faut que tous les États voisins du Liban jouent un rôle constructif et qu'ils encouragent leurs alliés à ne pas entraver son rétablissement. C'est une période éprouvante pour le Liban, mais c'est aussi une épreuve pour ses voisins, dont la Syrie. »

Les effets du renfort des forces américaines en Irak

En Irak, on a observé pendant 2007 une diminution de la violence qui est due en partie à l'envoi par les États-Unis de 20.000 soldats supplémentaires ainsi qu'au « réveil » des chefs de tribu irakiens dans la province de l'Anbar et ailleurs, qui ont commencé à lutter contre les forces de l'extrémisme.

Aider le gouvernement irakien, sur la base de ces résultats, à exécuter des réformes fondamentales et à renforcer les institutions publiques constituera un autre dossier prioritaire pour 2008, a indiqué Mme Rice.

« Les Irakiens vont avoir besoin du soutien de partenaires au sein de la communauté internationale ; ils vont avoir besoin d'un soutien pour l'entraînement de leurs forces et pour la défense de leur intégrité territoriale, étant donné qu'ils vivent dans une partie du monde qui est dangereuse », a-t-elle dit lors de l'interview qu'elle a accordée le 11 décembre au quotidien USA Today.

Les équipes de reconstruction dans les provinces, qui se composent de soldats et de diplomates américains chargés d'apporter un soutien aux autorités irakiennes, contribuent à aider le gouvernement central irakien à comprendre les besoins au niveau local, à affecter des ressources à la remise en état de l'infrastructure et à sa modernisation et à offrir des prestations essentielles à la population.

« Je pense, a-t-elle dit que, au cours de l'année prochaine, il sera possible de tirer parti de l'amélioration de la situation en matière de sécurité pour bien commencer la rénovation politique du pays. »

Les programmes nucléaires en Iran et en Corée du Nord

Il convient aussi, selon Mme Rice, de poursuivre les démarches diplomatiques pour régler les questions relatives aux programmes nucléaires de l'Iran et de la Corée du Nord.

Bien que la publication en novembre 2007 d'un document officiel (NIE) indiquant que l'Iran avait interrompu son programme d'armement nucléaire en 2003 ait conduit certains à estimer que Téhéran ne constituait plus une menace, Mme Rice a déclaré que la poursuite par l'Iran de l'enrichissement de l'uranium et de la mise au point de missiles préoccupait non seulement les États-Unis, mais aussi la Chine, la France, la Russie, le Royaume-Uni et l'Allemagne (pays qui composent le groupe dénommé P5+1).

« J'ai parlé, a-t-elle dit, à tous les pays du groupe P5+1, et nous continuons de participer à la rédaction d'un projet de résolution du Conseil de sécurité de l'ONU. Personne n'a dit que (…) nous devrions abandonner la double stratégie à cause de ce que contenait le document NIE. »

En ce qui concerne la Corée du Nord, les négociations des six pays (la Chine, la Corée du Nord, la Corée du Sud, les États-Unis, le Japon et la Russie) ont abouti en février 2007 à l'accord par lequel Pyongyang s'est engagé à fermer ses installations nucléaires en échange d'une aide humanitaire, ce qui constitue un premier pas sur la voie de la stabilisation de la péninsule coréenne.

Les États-Unis demeurent résolus à œuvrer de concert avec la Chine, la Corée du Sud, le Japon et la Russie afin de continuer de faire progresser les négociations.

« Je ne pense pas qu'il y ait au monde un autre peuple qui soit plus isolé que le peuple nord-coréen, et ce serait une bonne chose si l'on pouvait apporter un rayon de soleil dans ce pays », a dit Mme Rice.

Autres dossiers

Parmi les autres grands dossiers de la politique étrangère des États-Unis en 2008, Mme Rice a fait état de la stabilisation de l'Afghanistan et du Pakistan, du statut du Kosovo et des préoccupations de la Russie au sujet du système de missiles de défense que les États-Unis proposaient d'établir en Europe.

(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)

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