25 février 2008
Endeavour livrera une partie du laboratoire japonais et le double système robotique canadien.
Washington - Atlantis s'est posée sur la piste no. 15 du Centre spatial Kennedy le 20 février après une mission de 12 jours qui a permis de livrer et d'arrimer le laboratoire Columbus de l'Agence spatiale européenne (ESA) à bord de la station spatiale internationale, préparant ainsi le terrain pour la prochaine série de lancements aux États-Unis et en Europe.
Déchirant les nuages épars, la navette est apparue sous le soleil éclatant de la Floride, « mettant un terme à une mission de quelque 5,3 millions de miles (8,5 millions de kilomètres) visant à agrandir le village mondial de l'espace » a annoncé, le centre de contrôle lorsque le train d'atterrissage de la navette a touché le sol.
Le 11 mars, une autre navette, Endeavour, s'envolera vers la station spatiale pour une mission de 16 jours et Discovery devrait la suivre le 25 mai avec à son bord un élément majeur du Module d'expériences de l'Agence japonaise d'exploration spatiale (JAXA).
« C'est bien d'avoir de nouveau des missions successives comme celles-ci » a déclaré Mike Leinbach, directeur du centre de lancement de navettes spatiales de la NASA, lors du briefing qui a suivi l'atterrissage.
Les 7 membres de l'équipage STS 122 avaient commencé leur mission le 7 février pour arriver à la station spatiale deux jours plus tard. Ils y ont arrimé le laboratoire de l'ESA, augmentant ainsi les capacités scientifiques de cet avant-poste dans l'espace.
L'équipe emmenait également l'astronaute de l'ESA Leopold Eyharts qui a rejoint Expédition 16 ; elle a aussi remplacé un réservoir d'azote vide sur le dos de la station. Les spécialistes Rex Walheim, Hans Schlegel et Stanley Love ont effectué trois sorties dans l'espace pour installer et préparer le module Columbus et remplacer le réservoir vide.
Eyharts a pris la place de l'astronaute de la NASA Daniel Tani qui est revenu sur la Terre après avoir passé 120 jours à bord de la station.
Le retour d'Atlantis a coïncidé avec le 45e anniversaire du premier vol spatial de Friendship 7 à bord duquel, pendant 4 heures, John Ford a été le premier Américain à se placer sur orbite terrestre en 1962.
À la différence de ce vol, a déclaré un représentant de la NASA, « nous apprenons maintenant à travailler dans l'espace et à travailler à l'international, ce qui représente notre avenir. Notre prochain objectif est de passer d'une plateforme en orbite basse autour de la Terre à quelque chose sur la Lune puis sur Mars et nous allons pouvoir faire cela avec les outils que nous aurons créés et appris à utiliser ici dans la station spatiale ».
La mission de mars
Endeavour est arrivée sur l'aire de lancement du Centre spatial de Kennedy le 18 février pour une série de tests - y compris une répétition générale du processus de lancement ou test de démonstration du compte à rebours final, prévue du 23 au 25 février - avant le lancement fixé au 11 mars pour une mission de 16 jours à la station spatiale.
Les 7 membres de l'équipage livreront la première section du laboratoire Kibo de la JAXA et le système robotique à deux bras (Dextre) de l'Agence spatiale canadienne. Les membres de l'équipage de la navette et de la station prévoient 5 sorties dans l'espace pendant la mission.
Dominic Gorie sera le commandant de la mission STS 123 et Gregory Johnson sera le pilote. Les autres membres de l'équipage seront Robert Behnken, Mike Foreman, Rick Linnehan, Garrett Reisman et Takao Doi, astronaute de la JAXA.
Reisman restera dans la station au titre d'Expédition 16. Il remplacera Eyharts qui reviendra sur Terre à bord d'Endeavour après un séjour relativement court à bord de la station, destiné à vérifier que tous les systèmes de Columbus fonctionnent et que les scientifiques sur terre peuvent recevoir les données du laboratoire.
L' « Espoir » japonais
Le module d'expériences japonais est nommé Kibo (Espoir). Cette première installation humaine du Japon dans l'espace renforcera les capacités de recherche de la station en permettant des expériences portant sur la médecine spatiale, la biologie, les observations terrestres, la production de matériaux, les biotechnologies et les recherches en matière de communications.
Des scientifiques et des ingénieurs mèneront les expériences et exploiteront les systèmes de Kibo à partir du Centre d'exploitation de la station spatiale du Centre spatial de Tsubuka, dans la préfecture d'Ibaraki (Japon) au nord de Tokyo.
La NASA doit intégrer les opérations du centre de contrôle de Kibo dans les opérations de son centre de contrôle de Houston et dans les centres de contrôle de Russie et de France pour le laboratoire Columbus.
« L'activation du module Columbus a constitué un moment d'apprentissage énorme pour son Centre de contrôle » a déclaré Bill Gerstenmaier, administrateur assistant de la NASA pour les opérations spatiales.
« Les plans sont prêts », a-t-il ajouté, « les protocoles sont prêts, les équipes savent comment envoyer les ordres et travailler ensemble mais les deux prochains mois vont néanmoins constituer un énorme apprentissage pour qu'elles deviennent vraiment une équipe et commencent à résoudre certains des problèmes qui ne manqueront pas de se poser sur orbite ».
Les six éléments du module Kibo comprennent deux installations de recherche - le module pressurisé et le module ouvert - et un module de logistique attaché à chacun, un système de manipulation à distance et une unité de système de communications interorbitales.
Kibo est aussi équipé d'un sas scientifique qui permet de transférer et d'exposer les expériences à l'environnement spatial. Les composants du module seront assemblés dans l'espace au cours des trois prochaines missions de la navette.
Le premier à arriver dans la station en mars sera le module de logistique pour la section pressurisée. Les modules de logistique sont des aires de stockage en orbite qui renferment des matériaux pour les expériences, des outils de maintenance et des fournitures.
Par ailleurs, on prévoit pour le 8 mars le lancement d'un véhicule européen de ravitaillement à destination de la station spatiale. Il s'agit du Jules Verne, un nouveau module de transfert automatique, conçu pour le réapprovisionnement et le remorquage, qui devrait s'envoler du port spatial de l'ESA en Guyane française pour rejoindre la station spatiale à laquelle il restera accroché jusqu'au 9 août.
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)