22 février 2008

Élections primaires : la participation électorale ne cesse de s'accroître

Les électeurs démocrates, en particulier, votent en grand nombre.

 
Barack Obama
M. Barack Obama à San Antonio (Texas) le 21 février. (© AP Images)

En général, les élections primaires et les caucus organisés pour l'élection présidentielle attirent les électeurs qui sont très motivés sur le plan politique. Ce sont souvent des militants des partis démocrate et républicain ou des électeurs qui portent un grand intérêt à une question particulière et qui se situent à gauche ou à droite.

Ce n'est pas le cas cette année. La participation électorale, du moins chez les électeurs démocrates, a été jusqu'ici très importante dans la plupart des États, et un grand nombre de personnes se sont inscrites pour pouvoir voter. Les bureaux de vote ont été à court de bulletins parce qu'ils ne s'attendaient pas à une telle affluence d'électeurs. En outre, les électeurs représentent une plus grande diversité de la population que d'habitude.

Les locaux où les caucus ont eu lieu à Hawaï le 19 février étaient bondés, et les électeurs devaient faire la queue dans la rue. L'un des deux sénateurs de cet État, M. Daniel Inouye, a déclaré à l'agence Associated Press que c'était là la participation électorale la plus forte qu'il ait observée depuis soixante ans. « Le fait que cette participation est si extraordinaire montre que la démocratie fonctionne bien », a-t-il dit tout en indiquant qu'il avait dû faire la queue pendant deux heures pour pouvoir voter.

Le même jour, le Wisconsin a observé une participation tout aussi forte. Selon des sondages effectués à la sortie des bureaux de vote, près de 15 % des électeurs venaient de voter pour la première fois. Les bureaux de vote s'attendaient à une participation de 35 à 50 %.

Selon les politologues, les raisons de ce nouvel enthousiasme sont la forte désapprobation à l'égard de la politique du gouvernement Bush et le très grand intérêt suscité par les deux candidats à l'investiture du parti démocrate. L'un ou l'autre entreront dans l'histoire : Mme Hillary Clinton serait la première femme et M. Barack Obama le premier Afro-Américain à obtenir l'investiture d'un des grands partis politiques.

« La course à la présidence la plus ouverte depuis au moins 1952 captive les Américains et suscite une grande participation électorale presque partout. Le mécontentement provoqué par le président Bush et par la guerre en Irak ont entraîné chez les démocrates une participation très forte et inhabituelle dans la plupart des États », a déclaré un spécialiste des élections de l'université de la Virginie, M. Larry Sabato, au service d'information du département d'État.

« En revanche, a-t-il dit, les électeurs républicains ne sont pas heureux, et leur participation est faible, bien plus faible que d'habitude dans de nombreux États. »

Selon un rapport du Centre d'étude des électeurs américains de l'American University (Washington), la moitié des 24 États qui ont organisé des primaires le 5 février (le super-mardi) ont observé une participation électorale sans précédent.

Les Américains qui votent régulièrement considèrent qu'il s'agit là d'un devoir. Toutefois, lorsque la sélection des candidats n'a rien d'inspirant, un grand nombre d'entre eux ne vont pas voter soit parce qu'ils éprouvent des sentiments de frustration, soit parce qu'ils font preuve d'apathie, soit parce qu'ils estiment que leur vote n'aura guère d'influence.

Cette année, les démocrates sont nombreux à penser différemment. « J'estime que cette primaire est importante parce que la décision (au sujet du choix du candidat) n'a pas encore été prise », a déclaré une partisane de M. Obama, Corrine Farrel, au service d'information du département d'État, à sa sortie d'un bureau de vote de Washington, le 12 février.

D'après un sondage organisé du 8 au 10 février par l'institut Gallup pour le compte du quotidien USA Today, 79 % des démocrates déclarent être « plus enthousiastes que d'habitude pour voter lors de l'élection présidentielle », alors que ce pourcentage n'est que de 44 % chez les républicains, qui considèrent que M. John McCain n'est guère différent des candidats antérieurs. Plus de 60 % des démocrates interrogés estiment que Mme Clinton et M. Obama sont les meilleurs candidats à la présidence qui se soient présentés au cours de leur vie.

On peut également attribuer la forte participation électorale à la multiplicité des dossiers que les électeurs considèrent comme importants. Selon un autre sondage de l'institut Gallup, les personnes interrogées à qui on avait demandé de classer par ordre d'importance 14 grands dossiers les ont tous classés comme étant extrêmement ou très importants. Elles ont cependant placé au premier rang l'économie, puis la guerre en Irak. Les autres dossiers comprenaient l'enseignement, la corruption dans le secteur public, l'assurance maladie, l'énergie, l'environnement et l'immigration. Ce classement a été légèrement différent suivant que la personne interrogée était démocrate ou républicaine.

Reste à savoir les effets de ce nouvel enthousiasme et de cette forte participation électorale sur l'élection présidentielle qui aura lieu en novembre prochain. Ils dépendront beaucoup du candidat qui recevra l'investiture du parti démocrate.

« Il reste beaucoup de temps jusqu'en novembre, et on ne doit pas trop accorder d'importance aux résultats des élections primaires de janvier et de février, a fait remarquer M. Sabato. Néanmoins, c'est un bon signe pour le parti démocrate. Le candidat investi par ce parti devra travailler dur pour maintenir tout cet intérêt, mais ce n'est pas une mauvaise position de départ. »

(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)

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