19 février 2008
Ils déposent une gerbe au mémorial du génocide à Kigali.

Kigali (Rwanda) - À l'issue de leur accueil chaleureux et haut en couleurs, le 19 février, à l'aéroport international de Kigali, troisième étape de leur tournée dans cinq pays d'Afrique, le président et Mme Laura Bush se sont immédiatement rendus au Centre du mémorial de Kigali, situé sur une des collines environnant la capitale, pour rendre hommage aux plus de 800.000 victimes du génocide de 1994 au Rwanda, ainsi qu'à toutes les victimes de génocide de par le monde.
Le centre abrite trois expositions permanentes : outre la principale, qui relate le génocide de 1994, il y a le mémorial des enfants et une exposition sur l'horreur des génocides dans le monde, dont l'extermination des juifs pendant la Deuxième Guerre mondiale. Ce centre est l'un des 72 mémoriaux disséminés sur le territoire rwandais.
Accompagné de nombre de ses collaborateurs, dont la secrétaire d'État, Mme Condoleezza Rice, et le conseiller de la Maison-Blanche en matière de sécurité nationale, M. Stephen Hadley, le couple présidentiel a visité les différentes salles dotées de nombreuses expositions interactives, pendant plus d'une demi-heure, avant d'en ressortir la mine sombre et solennelle.
L'une des expositions présentait six grandes affiches retraçant l'histoire du génocide. Une autre consistait en une salle remplie de crânes et d'ossements. Un grand nombre de crânes présentaient des marques visibles (des trous par exemple) de la violence inouïe avec laquelle ces victimes avaient été battues et attaquées à coup de machette.
M. et Mme Bush ont également assisté à un court métrage sur le génocide. Le président secouait la tête tristement devant l'incroyable carnage. Il s'est attardé dans une salle contenant les photographies de plus d'un millier de victimes qui avaient été pendues à des câbles. D'autres salles situées au centre du musée exposaient des vêtements de victimes et des photos de nombreux enfants qui avaient péri durant la tuerie.
Parmi les jardins fleuris se dressent sur le site un musée permanent, un mur gravé de noms et un centre de documentation où des cours sont donnés et des films projetés. Les diverses expositions s'appuient sur des photographies, des vidéos, des témoignages écrits et des articles divers, ainsi que sur des affiches d'information rédigées en kinyarwanda, en anglais et en français.
La plupart des guides sont des survivants du génocide.
À la fin de leur visite, le président et Mme Bush, escortés de marines des États-Unis, ont déposé une gerbe sur l'une des fosses communes contenant les dépouilles de plus de 258.000 victimes du génocide.
Puis M. Bush s'est adressé sur un ton ému à son entourage, appelant le centre « un lieu émouvant, qui touche vos émotions au plus profond. Cela me rappelle que nous ne devons pas laisser ce genre d'actions se dérouler et que les Rwandais ont besoin d'aide pour se réconcilier et pour avancer après une période brutale. »
Il a appelé la « bénédiction de Dieu sur tous les mutilés, sur tous ceux qui ont besoin d'aide et sur tous les enfants dont la vie a été profondément traumatisée par ces événements ». Il a fait remarquer d'une voix sombre combien, malheureusement, une telle exposition était indispensable « afin de rappeler à tous que le mal existe dans le monde, et qu'il est nécessaire de s'y opposer ».
Pourtant, alors que la presse se tenait à l'extérieur du centre, autour des fosses communes, et que le couple présidentiel visitait les expositions, on entendait monter, des collines avoisinantes, le son lointain de chansons d'écoliers en uniforme, rompant le silence lourd et solennel du moment et rappelant à chacun que le Rwanda renaissait à la vie et s'affranchissait progressivement des horreurs de son passé.
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)