13 février 2008
Propos de hauts responsables américains
Washington - Il essentiel d'accroître l'aide au développement et à la sécurité en Afghanistan, alors que ce pays s'emploie à se remettre sur pied après de longues années de conflit et de pauvreté, estiment de hauts responsables des États-Unis.
« Si l'on considère la situation où se trouvait l'Afghanistan en 2001 et la situation où il se trouve maintenant, on constate une amélioration remarquable. Nous avons l'intention, en tant que partenaires, pour vous et votre gouvernement et pour la population afghane, de continuer à contribuer à l'intensification de ces progrès », a déclaré au président Karzaï la secrétaire d'État, Mme Condoleezza Rice, lors de sa visite à Kaboul le 7 février.
Selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, quelque 6 millions d'Afghans ont été déplacés par les conflits de 1979 à 2006, ce qui en fait le plus grand groupe de réfugiés du monde. Depuis 2002, 4 millions d'entre eux, dont 100.000 rien que pendant l'été 2007, sont rentrés dans leurs foyers.
En 2001, seulement 8 % des Afghans avaient accès à des soins médicaux rudimentaires. À l'heure actuelle, la communauté internationale agit de concert pour former 11.000 médecins et infirmiers afghans ainsi que pour construire, remettre en état et équiper 670 hôpitaux et centres médicaux dans tout le pays, de manière à ce que 65 % des Afghans aient accès à des soins médicaux.
Par ailleurs, seulement 900.000 garçons étaient scolarisés du temps des talibans qui avaient, de plus, fermé toutes les écoles de filles. De nos jours, on compte plus de 5 millions d'élèves, dont 1,5 million de filles, dans les écoles afghanes.
Le réseau routier comprend maintenant plus de 4.000 kilomètres de nouvelles routes, qui contribuent déjà à faciliter le développement au niveau régional. Sous la direction des États-Unis et d'autres pays de l'OTAN, des équipes provinciales de reconstruction aident diverses communes afghanes.
« Nous sommes reconnaissants à tous les États membres de leur contribution à l'Afghanistan, quelle que soit sa forme, a dit le président Karzaï. La communauté internationale fournit les moyens pour vivre aujourd'hui et pour reconstruire en vue de poser les fondements nécessaires à un bon avenir. Nous en sommes très reconnaissants. »
Le fait que le président Bush a annoncé le 28 janvier que les États-Unis allaient envoyer 3.200 marines de plus en Afghanistan constitue un autre exemple de la volonté des États-Unis de contribuer à assurer la sécurité en Afghanistan, exemple dont le ministre américain de la défense, M. Robert Gates, souhaiterait qu'un plus grand nombre des États membres de l'OTAN s'inspirent.
Lors d'une réunion qui s'est tenue le 7 février à Vilnius en Lituanie, M. Gates a demandé à plusieurs États membres de l'OTAN de lever leurs restrictions relatives au recours à leurs unités militaires dans certaines régions ou pour certaines tâches.
La veille, il avait déclaré devant une commission sénatoriale : « Je m'inquiète beaucoup au sujet de l'alliance (OTAN) qui évolue en une alliance à deux niveaux dans laquelle certains alliés sont disposés à se battre et à mourir pour protéger la sécurité de la population et dans laquelle d'autres ne le sont pas. Je pense que ce fait crée des doutes au sujet de l'avenir de cette alliance si cela doit continuer et peut-être même empirer. »
M. Gates a cependant fait remarquer que l'OTAN pouvait contribuer de différentes manières à l'avenir de l'Afghanistan. « Il convient de faire preuve d'un peu d'imagination : si un pays ne peut pas, pour des raisons politiques d'ordre intérieur, envoyer des soldats se battre dans une région, il peut fournir des hélicoptères ou de l'argent pour en acquérir à un autre pays qui, lui, peut envoyer ses soldats se battre. »
(Diffusé par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)