13 mai 2008

Élections 2008 : la course à l'investiture des partis démocrate et républicain

Les candidats démocrates continuent à engranger les délégués, la rivalité Clinton-Obama s'intensifie.

 

(Mise à jour le 13 mai 2008)

Washington - Le sénateur de l'Arizona John McCain a passé la barre du nombre minimum de délégués nécessaires pour remporter l'investiture du parti républicain à la présidence des États-Unis, pendant que la course aux délégués continue entre les deux rivaux démocrates, Hillary Clinton et Barack Obama.

M. McCain ne décrochera officiellement l'investiture républicaine que lors de la conventionale nationale de ce parti, qui se tiendra début septembre.

Selon Green Papers (Papiers verts), une association qui suit de près la distribution complexe des sièges de délégué remportés lors des élections primaires et des caucus, la victoire de Mme Clinton, le 6 mai dans l'Indiana, a valu à la sénatrice du New York 39 délégués de plus. Mais du fait de la répartition proportionnelle des délégués, conforme au règlement du parti démocrate, le sénateur de l'Illinois, M. Obama, en a lui-même obtenu 33.

Six États et territoires des États-Unis vont tenir des primaires ou des caucus entre le 13 mai et le 7 juin.

Étant donné que le parti démocrate élit ses délégués à la Convention à la proportionnelle, si un candidat reçoit plus de 15 % des voix, il aura droit à sa part de délégués. Voir notre article Le système des délégués vise à confier le pouvoir d'investiture au peuple.

Il s'ensuite que tant Mme Clinton que M. Obama continueront à engranger les délégués durant les dernières primaires, ce qui fait qu'il est très improbable que l'un ou l'autre totalise en fin de compte les 2.024 délégués nécessaires pour remporter l'investiture. En l'absence d'un vote déterminant lors de la convention, il est permis de penser que les personnalités importantes du parti, dites « super-délégués », au nombre de 795, acquerront alors une importance décisive pour départager les deux candidats. Voir notre article Les « super-délégués » décideront peut-être l'investiture démocrate.

Les chefs du parti démocrate redoutent d'ailleurs de plus en plus qu'une rivalité prolongée ne nuise à leur candidat, qui qu'il soit, lors de l'élection générale de novembre, du fait des débats assez acrimonieux qu'elle suscite. Aussi encouragent-ils tous leurs « super-délégués » à faire connaître leur préférence avant la convention nationale du mois d'août de façon à éviter un comptage des voix. Actuellement, 268 se sont prononcés pour Mme Clinton et 247 pour M. Obama, selon Green Papers.

M. Obama détient une petite avance dans le compte des délégués, il mène le score sur le plan des suffrages nationaux et il a remporté le plus de suffrages dans un plus grand nombre d'États. Certains de ses partisans estiment que, face à cette réalité, Mme Clinton devrait se retirer de la course. Ce à quoi cette dernière a répondu récemment : « Je sais qu'il y en a qui me tiennent pour perdante et qui voudraient que j'abandonne. Eh bien, je vous dis que le peuple américain n'est pas de nature à abandonner, et il mérite un président qui n'abandonne pas non plus. »

Mme Clinton a ajouté qu'elle resterait dans la course tant que ne serait pas réglé le problème du comptage des délégués de la Floride et du Michigan lors de la convention nationale démocrate.On se souvient que les délégués de ces deux États ont été déclarés exclus de participation à la convention nationale fin août du fait qu'ils avaient tenu leur élection primaire trop tôt ( le règlement du parti indiquait que celle-ci ne pouvait se tenir avant le 5 février). C'est ainsi que M. Barack Obama et d'autres démocrates, voyant que ces deux États allaient violer ce règlement, ont décidé de retirer leur nom des bulletins de vote, du moins dans le Michigan.

Chacun de ces deux États a tenté d'organiser de nouvelles élections primaires pour juin, de façon à donner à ses délégués une nouvelle possibilité de voter à la convention nationale. Ces tentatives ont échoué, en partie pour des raisons financières. Le parti démocrate examine actuellement diverses options susceptibles de permettre aux délégués des deux États fautifs de participer d'une manière ou d'une autre à la convention.

Le processus d'investiture

Afin d'obtenir l'investiture de son parti politique en vue de l'élection présidentielle, un candidat doit avoir le soutien d'une majorité des délégués électoraux qui se réuniront à l'occasion de la convention nationale du parti en question durant l'été 2008. Les délégués voteront conformément aux résultats des scrutins des caucus et des primaires de leurs États respectifs. Le nombre de délégués d'un État est proportionnel au nombre de ses habitants.

La plupart des délégués s'engagent à voter pour le candidat qui a remporté le caucus ou la primaire organisés dans leurs États. Les partis de chaque État suivent leurs propres règles quant au système d'allocation des délégués aux candidats. Dans certains États, les délégués sont « attribués » aux différents candidats de façon proportionnelle au nombre de votes qu'ils ont obtenu. D'autres États appliquent le principe selon lequel « le vainqueur remporte tout » et accordent ainsi tous leurs délégués au candidat qui a remporté la majorité relative. Certains partis permettent à leurs directeurs de sélectionner quelques délégués « non engagés », qui ont le droit de voter pour le candidat de leur choix. L'investiture du parti va au candidat qui a reçu la majorité absolue des voix des délégués lors de la convention nationale. Dans les cas où il est nécessaire d'organiser plus d'un tour de scrutin pour déterminer le vainqueur de la convention, (un phénomène qui n'a pas eu lieu depuis la convention démocrate de 1980), la majorité des États permettent à leurs électeurs de voter différemment après le premier tour.

Durant les caucus et primaires, les démocrates sélectionneront en tout 4.049 délégués, ce qui implique qu'un candidat devra récolter au moins 2.025 suffrages pour obtenir l'investiture. Cependant, 796 de ces délégués sont des chefs, des élus ou de hautes personnalités du parti, appelés « super-délégués », et ceux-ci ne doivent leur allégeance à aucun candidat. (Voir l'article sur les super-délégués.)

Le parti démocrate national a en outre déclaré que les 128 délégués engagés du Michigan, ainsi que les 185 de la Floride ne seraient pas comptés lors de la convention nationale en raison du fait que ces États ont tenu leurs primaires avant le 5 février, en contravention du règlement du parti national qui exigeait des primaires plus tardives. Il s'ensuit que les candidats démocrates ont naturellement boudé ces États dans le cadre de leur campagne.

De leur côté, les Républicains éliront au moins 2.380 délégués, quoique ce chiffre puisse augmenter si le parti national décide de renoncer à punir les États qui avaient tenu leurs primaires avant le 5 février, c'est-à-dire le Wyoming, le New Hampshire, le Michigan, la Floride et la Caroline du Sud. À l'heure actuelle, ces États risquent de perdre la moitié de leur délégation. Depuis le mois de janvier 2008, un candidat républicain doit totaliser 1.191 délégués pour obtenir l'investiture de son parti.

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