12 février 2008
Ce programme devrait procurer des bourses à 550.000 filles et une formation à 920.000 enseignants.

Washington - Lors de leur tournée africaine, du 15 au 21 février, le président Bush et son épouse, Mme Laura Bush, s'intéresseront tout particulièrement à un de leurs projets prioritaires pour ce continent, l'Initiative en faveur de l'éducation en Afrique (AEI), programme pluriannuel qui vise à améliorer l'enseignement de base dans une trentaine de pays d'Afrique subsaharienne grâce à l'octroi de bourses, à l'organisation de cours de perfectionnement pour les enseignants et à la distribution de manuels scolaires.
Lancée en 2002 et dotée de 600 millions de dollars, l'AEI aura assuré des bourses à 550.000 filles et formé plus de 920.000 enseignants d'ici à 2010.
« Si les garçons et les filles d'Afrique et d'autres parties du monde en développement n'apprennent pas à lire, à écrire et à faire des additions et des soustractions, tous les efforts que nous pourrions entreprendre pour les aider ne serviraient, selon moi, à rien », a déclaré le président Bush en 2007.
« Les femmes instruites transmettront leur savoir à leur collectivité et à leurs enfants », a dit Mme Laura Bush lors d'un séjour au Sénégal, à propos de l'accent mis par l'AEI sur l'alphabétisation des filles.
Après être rentrée de son voyage en Afrique en 2007, son troisième en tant qu'épouse du président des États-Unis, Mme Bush a évoqué en particulier son passage à l'école primaire de Grand-Médine, quartier de Dakar (Sénégal), où on lui a présenté cinq jeunes filles qui bénéficiaient de bourses administrées par l'ambassadeur des États-Unis dans le cadre de l'AEI.
« Elles viennent de villages lointains, dépourvus d'électricité et d'eau courante. Dans ces villages, rares sont les femmes lettrées. L'une des jeunes filles, Nango Dang, espère devenir la première fille de son village à aller à l'université. Du fait que son village n'a ni infirmière ni médecin, elle veut faire des études de médecine de manière à pouvoir rentrer au village et servir les siens », a déclaré Mme Bush.
« J'ai aidé à distribuer des manuels produits grâce au programme de livres scolaires et de matériel pédagogique de l'AEI. Six pays d'Afrique se sont associés à six universités des États-Unis - fréquentées en majorité par des minorités - pour éditer 15 millions de manuels scolaires. Grâce à ce programme, on est en train de distribuer dans les écoles du Sénégal plus d'un million de livres qui sont centrés sur l'Afrique, adaptés aux programmes scolaires sénégalais, rédigés en français et imprimés au Sénégal.
« Or, nombre de ces livres ont d'abord fait l'objet d'essais en cours à l'école de Grand-Médine. Pour la première fois, les manuels de mathématiques enseignent la statistique de base. Dans leurs manuels sur la santé, les élèves apprennent à prévenir le sida. Ils rentrent chez eux et informent leurs parents que le paludisme se transmet par un moustique, et ils leur enseignent les premiers soins. Les enseignants de Grand-Médine me disent que leurs élèves se passionnent tellement pour ces nouveaux livres qu'ils prennent de l'avance sur leur cours et sont toujours impatients d'assister au suivant. »
Le Programme de bourses pour filles administré par les ambassadeurs

Le premier des trois principaux volets de l'AEI est le Programme de bourses pour filles administré par les ambassadeurs. La centaine d'organisations non gouvernementales qui gèrent ce programme cherchent à choisir les filles les plus démunies susceptibles d'en profiter le mieux, a indiqué Mme Judy Benjamin, directrice du programme à l'Académie du développement éducatif (Academy for Educational Development), association sans but lucratif spécialisée dans l'exécution de programmes de développement. « Bon nombre de ces filles sont des orphelines du sida. Nous nous rendons délibérément dans les quartiers les plus miséreux ».
Dans 15 des pays qui participent au programme, des femmes respectées, membres de la collectivité et possédant quelques connaissances et de l'autorité, sont choisies comme tutrices de ces filles.
Des manuels adaptés à la culture
Un deuxième élément de l'AEI se rapporte à l'amélioration de la qualité et de la quantité des manuels scolaires et des outils pédagogiques en Afrique. L'AEI s'emploie à produire et à distribuer 15 millions de manuels et de matériel pédagogique connexe, en association avec des établissements africains et des universités américaines.
« La jeune fille rapporte le livre chez elle, le partage avec ses parents et grands-parents », a déclaré Mme Cindy Courvile, ambassadrice des États-Unis auprès de l'Union africaine. « Cette enfant devient ainsi un instrument fondamental de changement dans la vie de sa famille. »
« Nous avons vu que nous pouvions exercer une action bénéfique en aidant les établissements d'enseignement d'Afrique à s'associer avec des établissements américains d'enseignement supérieur fréquentés par des minorités en vue d'écrire, de publier et de distribuer des manuels scolaires et autre matériel pédagogique pour enfants, afin qu'en fin de compte tout enfant africain possède au moins un livre bien à lui », a déclaré Mme Sarah Moten, directrice de l'AEI à l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID).
C'est ainsi qu'en Tanzanie, grâce à des fonds de l'USAID, l'université de l'État de Caroline du Sud et le ministère de l'éducation de Zanzibar collaborent à l’édition de plus de un million de livres scolaires et d'outils pédagogiques.
« La beauté de ce programme, c'est son respect et son soutien des ressources et des coutumes locales et traditionnelles », a déclaré l'ancien administrateur de l'USAID, M. Lloyd Pierson, après la signature de l'accord. « Les livres seront publiés localement à Zanzibar. Les personnages de ces livres porteront des noms familiers comme Halima et Hassan. Les figures dessinées ressembleront à des enfants de Zanzibar et s'inspireront du contexte local. »
La formation de 920.000 enseignants
Le troisième volet de l'AEI a trait à la formation des enseignants. L'AEI met au point, enseigne et vulgarise des méthodes novatrices de formation à l'intention de plus de 920.000 enseignants et administrateurs, en vue d'améliorer la qualité de l'enseignement dispensé à des millions d'enfants africains. Ces formations dispensées en cours ou en début d'emploi sont réalisées par l'intermédiaire de la Fondation internationale pour l'enseignement et l'auto-assistance en Afrique (IFESH), organisation de développement sans but lucratif qui a son siège à Phoenix (Arizona).
Les formateurs de l'IFESH, qui reçoivent un traitement de 800 dollars par mois, ne se contentent pas de participer à la formation pédagogique, aux ateliers de service, aux cours de démonstration et à la gestion administrative. Ils mettent également au point des modules d'apprentissage, des cursus et des ressources pédagogiques, ils prennent part à la préparation de cours d'anglais deuxième langue et à des clubs de langue anglaise, ils dispensent une formation informatique de base et ils s'emploient à promouvoir l'égalité des sexes, la sensibilisation au sida et une pédagogie centrée sur l'enfant.
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)