11 février 2008

Allocution de M. Stephen Hadley sur le prochain voyage du président Bush en Afrique

Le conseiller en matière de sécurité nationale met en valeur les partenariats avec les pays africains.

 

(Début du texte)

Stephan Hadley
Le conseiller du président en matière de sécurité nationale, M. Stephen Hadley

Maison-Blanche

Bureau du secrétaire de presse

Le 5 février 2008

Allocution du conseiller pour la sécurité nationale, M. Stephen Hadley,

à la Carnegie foundation for international peace

(Fondation Carnegie pour la paix dans le monde)

Carnegie Foundation for International Peace

Washington, D.C.

Le 4 février 2008

M. Hadley : Merci, c'est un plaisir de me trouver parmi vous ce soir.

Depuis près d'un siècle, les membres de la Carnegie Foundation for International Peace participent au débat public sur les affaires internationales et votre travail continuera d'être toujours aussi crucial au XXIe siècle. Je salue les efforts que vous avez déployés pour faire connaître votre présence dans d'autres parties du monde et que la Fondation puisse offrir une perspective vraiment mondiale au regard des choix qui se présentent à nous.

Comme vous le savez, le président et Mme Bush vont se rendre en Afrique la semaine prochaine : ce sera la seconde visite du président dans ce continent depuis 2001 et la cinquième de Mme Bush.

Ils se rendront au Bénin, en Tanzanie, au Rwanda, au Ghana et au Libéria. Ce voyage sera une occasion de souligner l'engagement des États-Unis envers ces pays et envers l'Afrique dans son ensemble. Il permettra de montrer comment les États-Unis se sont associés en tant que partenaires avec les Africains pour lutter contre la maladie, la pauvreté et l'insécurité, et de souligner les remarquables progrès réalisés dans ces domaines. L'espoir refleurit en Afrique et les Américains peuvent être fiers de nombre de leurs programmes novateurs qui font une vraie différence.

L'Afrique est aussi une des régions du monde où l'on peut voir en action l'approche choisie par le président pour promouvoir le développement. Et ce soir, je voudrais rappeler les concepts et les principes qui informent cette approche, dire quel est l'impact de ces initiatives et souligner pourquoi cette approche mérite le soutien des deux partis politiques présents ici à Washington dans les années qui viennent.

Nous aidons les peuples des pays en développement parce qu'en tant que nation, nous sommes à l'écoute des problèmes des autres. Lorsque les Américains voient des gens dans le besoin, ils veulent les aider parce qu'ils pensent que tout individu mérite de réaliser tout son potentiel. Comme l'a dit le président dans son discours sur l'état de l'Union la semaine dernière : construire un monde plus libre, plus prometteur, plus compatissant, voilà ce que notre conscience nous demande de faire.

Mais nous devons aussi reconnaître qu'il est de notre intérêt national d'aider les habitants des pays en développement. Lorsque les gens sont libres, en bonne santé, responsables et capables d'utiliser leur liberté pour améliorer leur bien-être, ils sont moins tentés d'aider les terroristes et de soutenir les attaques contre les autres. Si nous avons appris quelque chose en ce début de siècle, c'est que notre prospérité, notre liberté et notre sécurité sont de plus en plus liées à celles des pays moins développés.

Le président Bush est persuadé que l'aide américaine au développement est la pièce maîtresse de votre sécurité et de notre politique étrangère et ses budgets ont reflété cette conviction. Depuis qu'il est entré en fonctions, il a plus que doublé le budget de l'aide au développement qui est passé de 10 milliards de dollars en 2000 à quelque 23 milliards de dollars en 2006. C'est la plus forte augmentation qu'a connue l'aide au développement depuis le Plan Marshall.

Pendant son premier mandat, le président a doublé notre aide publique au développement en Afrique. Au Sommet du G8, en 2005, il a promis de doubler encore notre aide à l'Afrique d'ici à 2010 et le budget prévisionnel pour l'exercice 2009, qui vient de sortir aujourd'hui, reflète cet engagement. S'il est approuvé par le Congrès et intégralement mis en œuvre, il garantira que notre pays tiendra sa promesse envers nos partenaires internationaux et envers les pays d'Afrique.

L'approche adoptée par le président est née de l'expérience acquise par notre pays du fait du travail qu'il mène depuis des dizaines d'années avec les pays en développement et leurs ressortissants. Dans certains pays, notre aide semble n'avoir servi qu'à subventionner des régimes corrompus dont les ressortissants ont continué à croupir dans la misère. Dans d'autres, elle a contribué à l'émergence d'économies et de démocraties fortes. Comment expliquer la différence ?

La démarche du président répond à cette question et reflète les leçons de l'expérience. La meilleure manière de renforcer le développement est d'investir dans les personnes - dans leur santé et dans leur éducation. C'est donc ce que nous faisons en encourageant les gouvernements des pays en développement à faire les choix qui permettent à leurs administrés d'améliorer leur niveau de vie.

Nous mesurons notre réussite non pas en fonction des dollars dépensés mais en fonction de vies changées. Nous utilisons notre aide pour encourager l'innovation et les réformes, pas pour subventionner des gouvernements qui s'abstiennent d'investir dans leurs ressortissants. Nous aidons les pays à ouvrir leur économie aux marchés et au libre-échange pour qu'à terme ils puissent ne plus dépendre de l'aide étrangère. Et nous forgeons des liens fondés sur le partenariat, pas le paternalisme.

L'engagement budgétaire du président et la démarche qu'il a adoptée en matière de développement vont permettre à notre pays de construire des partenariats qui aideront les pays en développement à s'attaquer à nombre de leurs problèmes les plus pressants.

En premier lieu, les États-Unis s'associent avec les pays en développement pour lutter contre des maladies effrayantes. Le Plan présidentiel d'aide d'urgence à la lutte contre le sida (PEPFAR) - proposé par le président mais financé par le Congrès et appuyé par le peuple américain - est la plus importante initiative internationale jamais lancée par un seul pays contre une seule maladie. Il se fonde sur des partenariats avec les collectivités locales et les organisations indigènes qui offrent des soins et des traitements aux personnes touchées par la maladie - et préviennent sa propagation. Le PEPFAR a aidé à fournir des traitements qui sauvent la vie à plus de 1,4 million d'individus partout dans le monde.

Le président a demandé au Congrès de doubler cet engagement historique en affectant au programme 30 milliards de dollars supplémentaires sur 5 ans. Ces nouvelles affectations nous aideront à nous rapprocher de notre objectif, de traiter 2,5 millions d'individus, de prévenir plus de 12 millions de nouvelles infections et de prendre en charge plus de 12 millions de personnes, dont 5 millions d'orphelins et d'enfants vulnérables.

L'initiative présidentielle contre le paludisme - qui bénéficie aussi du soutien du Congrès - aide à lutter contre une maladie qui coûte la vie à plus de un million d'enfants de moins de 5 ans chaque année en Afrique subsaharienne. Elle est prévue pour 5 ans pour un coût de 1,2 milliard de dollars. Pour vaincre cette maladie, il faut lutter contre les moustiques : cette initiative fournit donc des moustiquaires spécialement traitées et des aérosols à utiliser dans les maisons ainsi que des médicaments antipaludiques. Grâce à cette initiative, les dollars des contribuables américains ont pu mobiliser des fonds privés et plus de 6 millions de moustiquaires traitées sont distribuées par des partenariats public-privé.

L'initiative présidentielle contre le paludisme a déjà touché quelque 25 millions de personnes dans 15 pays d'Afrique. Notre objectif est de réduire de 50 % le taux de la mortalité causée par cette maladie au cours des 5 prochaines années dans ces 15 pays.

Les États-Unis sont aussi le principal soutien du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme et ce sont eux qui ont versé la contribution fondatrice du Fonds. À ce jour, ils y ont apporté environ 2,5 milliards de dollars, bien plus qu'aucun autre pays.

Deuxièmement, les États-Unis s'associent avec les pays en développement pour offrir une éducation de base. Notre initiative Éducation pour l'Afrique va débloquer 600 millions de dollars sur 8 ans pour améliorer l'accès à l'enseignement de base. D'ici à 2010, elle permettra de distribuer plus de 15 millions de manuels scolaires, de former près de 1 million d'enseignants et d'offrir des bourses à 550.000 jeunes femmes.

En mai dernier, le président Bush a lancé l'initiative Éducation internationale et s'est engagé à fournir 425 millions de dollars supplémentaires sur 5 ans afin de rendre nos programmes internationaux d'éducation plus efficaces. Les ressources sont affectées en priorité aux pays qui montrent leur engagement envers l'éducation en investissant leurs ressources dans les écoles et dans les enseignants, en faisant preuve de transparence dans leurs opérations et en adoptant des plans aux normes internationales. Cette démarche aidera à donner accès à un enseignement de base à quelque 4 millions d'enfants supplémentaires en Éthiopie, au Ghana, au Honduras, au Libéria, au Mali et au Yémen.

Troisièmement, les États-Unis s'associent avec les pays en développement pour lutter contre la faim. À l'heure actuelle, plus de la moitié de l'aide alimentaire distribuée dans le monde vient des États-Unis : en 2007 notre aide alimentaire d'urgence a bénéficié à 23 millions de personnes dans 30 pays.

La semaine dernière, le président a proposé une initiative visant à ajouter à l'aide alimentaire cultivée aux États-Unis des récoltes rachetées aux exploitants agricoles locaux et régionaux. Cela aidera notre pays à mieux répondre aux crises et contribuera aussi à briser le cycle de la famine dans les pays en développement en encourageant l'agriculture locale au lieu de la remplacer.

Quatrièmement, les États-Unis s'associent avec les pays en développement pour alléger le fardeau de leur dette. Depuis des décennies, de nombreux pays dépensent d'énormes sommes d'argent pour couvrir les paiements de l'intérêt de leurs dettes - argent qu'ils pourraient autrement investir dans leurs ressortissants. Cette dette a limité la croissance des pays en développement et maintenu des millions de personnes dans la pauvreté. Le président a donc œuvré avec nos partenaires du G8 pour alléger ce fardeau. Il y a trois ans, à Gleneagles (Écosse), les pays du G8 sont parvenus à un accord multilatéral d'allégement de la dette qui va éliminer quelque 60 milliards de dollars de dette des pays les plus pauvres.

L'an dernier, nous avons pu conforter ces progrès lorsque la Banque interaméricaine de développement a approuvé une autre initiative d'allégement de la dette pour quelques-uns des pays les plus pauvre de notre continent. Elle annulera 4,4 milliards de dollars de la dette de 5 pays : la Bolivie, le Guyana, Haïti, le Honduras et le Nicaragua.

Cinquièmement, les États-Unis s'associent avec les pays en développement pour établir des institutions gouvernementales démocratiques et responsables. Pour réussir dans l'économie mondiale, les pays ont besoin de systèmes juridiques justes et transparents, de marchés libres qui laissent libre cours à la créativité de leurs ressortissants, de systèmes bancaires qui servent tous les individus, quels que soient leurs revenus, et d'un climat des affaires qui soit favorable à l'investissement étranger et soutienne les entrepreneurs locaux.

Les États-Unis aident les pays en développement à établir de telles institutions et d'autres par le biais de la Société du compte du millénaire (Millennium Challenge Corporation ou MCC). Ce programme finance des projets dans des pays dont le gouvernement est équitable, qui luttent contre la corruption, investissent dans l'éducation et la santé de leurs ressortissants et favorisent la liberté économique. Depuis son lancement en 2004, la MCC a signé des conventions d'un montant de plus de 5,5 milliards de dollars avec 16 pays partenaires.

Au Bénin, la convention avec la MCC a contribué à la réforme de la politique nationale en matière de microfinancements et aidé les petits exploitants agricoles et entrepreneurs à se développer et, au Ghana, les projets MCC vont contribuer à accroître la production des cultures de rapport dans certaines des régions les plus pauvres et aider à mettre ces produits sur les marchés régionaux et internationaux.

Sixièmement, les États-Unis s'associent avec les pays en développement en développant les échanges et en ouvrant des marchés. Dans le long terme, la meilleure manière de faire sortir les individus de la pauvreté passe par le commerce et l'investissement. Les marchés ouverts alimentent la croissance, augmentent la transparence et renforcent l'État de droit. Une récente étude de la Banque mondiale a montré que les pays en développement qui avaient abaissé leurs barrières commerciales dans les années 90 avaient connu une croissance trois fois supérieure à celle de ceux qui ne l'avaient pas fait.

Les États-Unis ont ouvert les marchés par le biais d'accords internationaux de commerce et d'investissement. Ces accords sont assortis de règles : non-discrimination, respect de la propriété privée, réglementation transparente et règlement indépendant des différends. En 2000, les États-Unis avaient des accords de libre-échange avec trois pays, aujourd'hui, nous en avons avec 14, la plupart dans le monde en développement. Nous pressons le Congrès d'approuver les accords de libre-échange que nous avons négociés avec la Colombie, le Panama et la Corée du Sud. Et nous sommes en pourparlers avec plusieurs autres pays en développement pour des traités d'investissements bilatéraux qui permettraient de promouvoir un investissement américain plus important dans ces pays, d'y encourager des réformes économiques et de renforcer la responsabilité de leurs gouvernements.

Les États-Unis cherchent aussi à ouvrir des marchés par le truchement du Cycle de négociations commerciales de Doha. Ce cycle nous offre une occasion unique d'aider des millions de personnes des pays en développement à sortir de la misère et du désespoir. Et le président est déterminé à conclure le Cycle de Doha par un accord ambitieux cette année.

Enfin, les États-Unis s'associent aux pays en développement pour s'attaquer au problème des conflits régionaux et promouvoir la cause de la paix. La paix et la sécurité sont les fondements indispensables du développement et de la démocratie parce que les gens qui craignent pour leur sécurité ne peuvent pas accéder facilement aux marchés mondiaux ou participer aux institutions de la démocratie. Les États-Unis œuvrent donc avec les organisations régionales et d'autres pays à renforcer les capacités de réponse en cas de crise ou de conflit partout dans le monde.

Au Libéria, les États-Unis ont aidé une démocratie à sortir d'une dictature brutale en moins de 5 ans. Nous avons travaillé avec nos partenaires des Nations Unies pour imposer des sanctions contre le régime de Charles Taylor. Lorsqu'il s'est enfui en exil, nous avons fourni la logistique nécessaire pour appuyer le déploiement d'une force régionale de maintien de la paix pour protéger les innocents et rétablir l'ordre. Nous avons soutenu le gouvernement de transition et l'avons aidé à organiser des élections libres et nous soutenons de toutes nos forces la première chef d'État élue d'un pays africain - Mme Ellen Johnson Sirleaf - qui, avec l'appui du gouvernement, a entrepris de réformer les forces de sécurité, de renforcer les institutions démocratiques, de reconstruire l'infrastructure et de mettre les Libériens en prise sur l'économie mondiale.

Dans la seule Afrique, les États-Unis ont contribué à mettre fin aux conflits en Sierra Leone, dans la République démocratique du Congo, en Angola et au Burundi et à la guerre civile entre le nord et le sud du Soudan. Nous sommes à la tête des efforts internationaux visant à faire cesser le génocide au Darfour. Nous travaillons avec l'Union africaine et les organisations subrégionales telles que la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest afin de renforcer leurs capacités de maintien de la paix. Nous nous sommes engagés à former 75.000 « casques bleus » partout dans le monde et nous tiendrons notre promesse. Certaines troupes de maintien de la paix sont déjà à pied d'œuvre au Darfour. Ainsi, les institutions africaines sont de plus en plus à même de contribuer à la résolution des conflits régionaux.

Les partenariats des États-Unis avec les pays en développement contribuent à rendre le monde meilleur. Nous aidons à soigner les malades et à nourrir ceux qui ont faim. Nous aidons à éduquer les enfants et à autonomiser les entrepreneurs. Nous aidons à ouvrir les marchés et à renforcer les bons gouvernements. Nous aidons plus de gens à vivre dans la dignité et l'espoir. Les Américains peuvent être fiers des actions que leur gouvernement mène en leur nom dans le monde en développement.

Notre modèle de partenariats pour le développement offre aussi une voie différente de celle des deux visions concurrentes concernant l'avenir des pays en développement. La première est celle de la dynamique donateurs- clients qui a prévalu pendant des décennies : bien intentionnée, elle s'est néanmoins révélée défectueuse en ce qu'elle a trop contribué à tenir les gens dans la pauvreté. L'autre est celle de l'idéologie de la haine qui voit dans la souffrance une occasion de fomenter des violences contre les innocents et de promouvoir un ordre du jour d'oppression et de désespoir.

Le président est persuadé que les États-Unis offrent maintenant une troisième vision, plus positive. Il apprécie le soutien bipartisan que sa démarche recueille au Congrès. Dans les années qui viennent, ce soutien sera nécessaire pour l'avenir des pays en développement tout autant que de notre pays.

Je vous remercie. (Applaudissements)

(Fin du texte)

(Diffusé par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)

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