07 février 2008
Les pays développés et en développement profitent des données sur l'environnement.
Cet article est le second de la série sur le Système des systèmes mondiaux d'observation de la Terre.
Washington - Une initiative vient d'être lancée à l'échelle mondiale pour ouvrir l'accès des pays à tout l'éventail des données recueillies nuit et jour par les instruments terrestres, océaniques, aéroportés et spatiaux qui observent la Terre.
Ceux qui reçoivent ces informations environnementales peuvent s'en servir pour prendre des décisions mieux informées sur les ressources naturelles, les catastrophes naturelles, les menaces sanitaires, les sources de produits alimentaires et d'énergie, la foresterie et bien d'autres questions vitales.
Le Système des systèmes mondiaux d'observation de la terre (GEOSS) est au centre de cette initiative : il s'agit d'un programme décennal d'intégration des données de différents systèmes visant à mieux observer la planète, expliciter les processus complexes de la Terre et prédire les effets des changements dans l'environnement.
Le GEOSS est coordonné par le Groupe d'observation de la Terre (GEO), organisation volontaire de 72 pays et de la Commission européenne et de 46 organisations intergouvernementales, internationales et régionales. Les coprésidents du GEO viennent de la Chine, des États-Unis, de l'Afrique du Sud et de la Commission européenne.
Le 30 novembre 2007, dans la ville du Cap (Afrique du Sud), des ministres et autres représentants de gouvernements du monde entier ont participé au Quatrième Sommet ministériel de l'observation de la Terre. Ils ont adopté une déclaration qui souligne l'importance de l'interconnexion, au cours des dix prochaines années, des nombreux systèmes d'observation environnementale de la planète.
« Tous les pays vont bénéficier du Système des systèmes d'observation de la Terre », a déclaré José Achache, directeur du secrétariat du GEO. « Mais les principaux bénéficiaires seront sans doute les pays en développement particulièrement vulnérables aux catastrophes naturelles, aux flambées de maladies et aux autres obstacles au développement durable. »
Avantages des observations
Le GEOSS a encore 8 ans de mise en œuvre devant lui et déjà ses premières retombées aident les pays intéressés à s'attaquer aux problèmes des sécheresses, des phénomènes atmosphériques et de la qualité de l'air.
La sécheresse est une des catastrophes les plus coûteuses qui a des répercussions sur la sécurité alimentaire, les maladies et la génération d'électricité. Pour améliorer leur cadre de lutte contre la sécheresse, les États-Unis, le Canada et le Mexique ont créé le Programme nord-américain de suivi des sécheresses. Des experts locaux et nationaux et des spécialistes des banques de données des trois pays préparent tous les mois des informations en anglais, en espagnol et en français sur l'impact et les conditions locales des sécheresses, informations qu'il n'est pas possible d'obtenir au moyen des systèmes d'observation traditionnels.
« L'idée d'essayer de comprendre à l'avance ce qui arrive en cas de sécheresse est extrêmement importante pour ce qui est de l'agriculture, de l'approvisionnement alimentaire et de l'utilisation efficace des ressources agricoles », a déclaré Conrad Lautenbacher, coprésident du GEO et chef de l'Administration nationale des études océaniques et atmosphériques. « Et le système est totalement exportable dans d'autres pays. »
Un programme nommé SERVIR rassemble les ressources satellitaires américaines et autres pour mettre les données d'observation de la Terre et d'autres instruments précédemment inaccessibles à la disposition des spécialistes des sept pays d'Amérique centrale et de la partie sud du Mexique.
SERVIR est un système régional d'observation et de visualisation qui intègre les données satellitaires et géospatiales que les directeurs de programmes, les chercheurs, les étudiants et le grand public peuvent utiliser, par exemple, pour observer et prévoir les changements écologiques et les phénomènes graves tels que les incendies de forêts, les marées rouges et les tempêtes tropicales.
Un autre programme, AIRNow-International, a été élaboré pour faire profiter d'autres régions du monde de l'expérience acquise en matière de partage, de traitement et de diffusion des données en temps réel dans le cadre du programme américain AIRNow. Les indices de qualité de l'air codés par couleur permettent au public de comprendre les données en temps réel et la codification - bonne, modérée, insalubre pour personnes sensibles, insalubre, très insalubre et dangereuse - lie les effets de la concentration de particules dans l'air à leurs effets sur la santé.
Des satellites pour le bien
Le GEOSS a aussi permis de distribuer plus largement les données des satellites d'observation de la Terre, et notamment à des nations qui, sans lui, n'y auraient pas accès. Le programme du satellite sino-brésilien de ressources terrestres (CBERS) va offrir un service d'observation de la Terre qui fournira des images « dernier cri » de la planète, gratis, aux utilisateurs finaux en Afrique.
Ce programme, annoncé lors du Sommet ministériel du GEO du Cap, aidera les gouvernements et organisations d'Afrique à utiliser les images satellitaires pour observer et prendre des mesures contre les catastrophes naturelles, la déforestation, la désertification et les sécheresses, les menaces à la sécurité alimentaire et les risques sanitaires.
« Ce nouveau service est une contribution majeure aux efforts lancés à l'international pour mettre en œuvre le Système des systèmes mondiaux d'observation de la Terre » a déclaré Zheng Guoguang, coprésident du GEO et chef de l'administration météorologique chinoise. « Il permettra aussi de faire avancer la coopération globale et d'arriver à un partage complet et ouvert des données d'observation de la Terre. »
Le Brésil et la Chine sont convenus en 1988 de construire, de lancer et d'exploiter en commun des satellites de téléobservation de la Terre. Ils ont aussi signé des accords avec l'Afrique du Sud, l'Espagne et l'Italie en vue de l'utilisation de stations terrestres pour le téléchargement et le traitement des images du CBERS et leur distribution gratuite en Afrique par le biais de GEONETCast, système peu coûteux et de portée quasi mondiale de distribution d'informations environnementales qui transmet des données satellitaires et autres par satellites de communication.
M. Lautenbacher a déclaré que le sommet ministériel s'était déroulé dans un excellent climat de coopération. « Nous avons vu les Russes se lever pour déclarer que les données de leurs satellites - ceux qu'ils mettent en orbite à des fins d'observations environnementales - seraient ouvertes à tous et partagées par tous. Ils sont aussi convenus de se connecter au réseau GEONETCast : ils pourront ainsi fournir des émissions satellitaires pour leur section asiatique. »
En décembre 2007, le GEO et l'Union internationale des télécommunications (UIT) ont signé un accord renforçant leur coopération en matière de télédétection par satellite, notamment à des fins de préparation préalable et de réaction aux catastrophes naturelles.
En cas de catastrophe naturelle, l'information - accès rapide aux prévisions météorologiques, données sur les conditions existant sur la terre ferme et l'océan, cartes des axes de transports et d'emplacement des hôpitaux, et informations sur les variables socioéconomiques - peut sauver des vies. La collaboration entre le GEO et l'UIT protégera les fréquences radio réservées que les satellites et les instruments basés sur terre utilisent pour collecter des données sur l'environnement mondial.
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)