06 février 2008

Afghanistan : le renforcement de la gouvernance est une question prioritaire pour Washington

L'aide américaine à l'Afghanistan depuis 2001 a atteint 23 milliards de dollars.

 
Richard Boucher
Le secrétaire d'État adjoint aux affaires d'Asie méridionale et centrale, M. Richard Boucher, le 31 janvier. (© AP Images)

Washington - L'un des dossiers prioritaires des États-Unis relatifs à l'Afghanistan sera en 2008 d'aider les dirigeants de ce pays à fournir à tous les habitants les services essentiels, la sécurité nécessaire et des possibilités dans le domaine économique, a déclaré le secrétaire d'État adjoint aux affaires d'Asie méridionale et centrale à la commission sénatoriale des affaires étrangères, M. Richard Boucher, le 31 janvier.

Les Afghans, a-t-il dit, « veulent que les pouvoirs publics leur fournissent des services essentiels dans les domaines de la sécurité, de la justice, de l'économie, de la santé et de l'enseignement. La situation se stabilisera lorsque les pouvoirs publics assureront ces services. La culture du pavot diminuera, et les talibans seront flanqués à la porte. »

De 2001 à 2007, les États-Unis ont consacré plus de 23 milliards de dollars à l'aide destinée à permettre à l'Afghanistan de se sortir de décennies de guerre et d'oppression. Cette année, a précisé M. Boucher, ils accorderont une importance encore plus grande au renforcement de la gouvernance aux niveaux tant national que local.

« Nous nous sommes rendu compte que si la gouvernance était bonne, on voyait apparaître le développement et la sécurité. La bonne gouvernance et ses avantages sont ce qui permettra de gagner la guerre en Afghanistan », a-t-il souligné.

Depuis 2001, les États-Unis ont fourni au gouvernement afghan plus de 1 milliard de dollars en vue de la formation d'une nouvelle génération de responsables alors qu'il entreprend les réformes politiques et juridiques indispensables. Ces réformes mettront en place les fondements d'une société civile dynamique qui se conforme aux principes démocratiques (l'État de droit, un gouvernement responsable et transparent, le respect des droits de l'homme et la tolérance dans le domaine religieux).

En 2008, les États-Unis consacreront 500 millions de dollars au renforcement des capacités en matière de gouvernance ainsi que des sommes supplémentaires destinées aux équipes mixtes (civilo-militaires) de reconstruction dans les provinces. En outre, quelque 91 millions de dollars iront à l'expansion de l'appareil judiciaire afghan au niveau des provinces.

Toutefois, la sécurité, qui est indispensable à tout développement, reste le principal domaine d'affectation de l'aide des États-Unis. Outre le rôle primordial qu'ils jouent dans la Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS) de l'OTAN, les États-Unis ont aussi fourni 15,4 milliards de dollars au titre des programmes d'assistance à la sécurité visant à former une nouvelle génération de soldats et de policiers afghans chargés de lutter contre la criminalité, l'extrémisme et le trafic des stupéfiants dans leur pays.

Cette aide donne de bons résultats, a dit M. Boucher aux membres de la commission sénatoriale. En effet, les forces afghanes jouent de plus en plus un rôle dirigeant pour assurer la sécurité dans de nombreuses régions du pays, tandis que la FIAS joue un rôle d'appui.

Un grand nombre des 3.200 marines supplémentaires dont le président Bush a annoncé l'envoi le 28 janvier apporteront une aide à la FIAS, mais environ un millier d'entre eux seront chargés d'accélérer la formation de policiers principalement.

M. Boucher a aussi exprimé l'espoir que le nouvel envoi de soldats américains convaincrait d'autres États membres de l'OTAN de contribuer à la satisfaction d'autres besoins essentiels, en particulier dans les provinces méridionales où la sécurité est loin de régner.

La sécurité est indispensable à la reconstruction, a-t-il dit, et un autre domaine prioritaire des États-Unis est de mieux l'assurer et de favoriser la prospérité grâce à l'expansion du réseau routier, de l'électrification, du secteur de l'enseignement et du secteur agricole.

« Là où une route se termine, l'insurrection commence », a-t-il fait remarquer en soulignant la nécessité de l'infrastructure, en particulier du réseau routier et de l'électrification.

Depuis 2001, les États-Unis ont consacré 4,4 milliards de dollars au financement de milliers de projets de développement et d'infrastructure, dont la construction presque achevée de la route longue d'un millier de kilomètres qui relie Kaboul à Herat dans le nord-ouest du pays, la construction d'un pont à travers le fleuve Pyang afin de permettre les échanges entre l'Afghanistan et le Tadjikistan, la reconstruction ou la remise en état de quelque 650 écoles, ainsi qu'une multitude de projets destinés à revitaliser des exploitations agricoles, des entreprises et des collectivités locales.

Plus de 4.000 km de routes ont été construits, et 20.000 logements destinés aux Afghans qui reviennent à Kaboul sont en cours de construction. Quelque 4.000 centres de soins médicaux se sont ouverts ces trois dernières années, ce qui permet à plus de 80 % de la population d'avoir accès à de tels centres, contre seulement 9 % en 2004.

« Nous avons réussi en Afghanistan là où nous avons pu fournir un ensemble de force militaire, de bonne gouvernance et de possibilités économiques, a indiqué M. Boucher. Nous l'avons fait dans de nombreux endroits, mais il nous reste à le faire partout si nous voulons pouvoir réussir complètement. »

(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)

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