05 février 2008
Le président va se rendre dans cinq pays africains.

Washington - Le voyage que le président Bush va effectuer dans cinq pays africains du 15 au 21 février sera très important parce qu'il va consolider l'un des éléments les plus forts de sa présidence, à savoir sa politique africaine, a déclaré l'ancienne représentante des États-Unis pour le commerce extérieur avec l'Afrique, Mme Rosa Whitaker, lors de l'entretien qu'elle a accordé au service d'information du département d'État le 29 janvier.
Mme Whitaker, qui est maintenant à la tête de son propre cabinet-conseil spécialisé dans les échanges commerciaux entre les États-Unis et l'Afrique (Whitaker Group), s'est déclarée d'avis qu'il était difficile de mesurer les avantages du voyage du président Bush au Bénin, en Tanzanie, au Rwanda, au Ghana et au Libéria. M. Bush, a-t-elle dit, sera accompagné de journalistes de divers pays qui vont faire porter l'attention sur les promesses de l'Afrique ainsi que sur ses difficultés actuelles. En outre, il va consulter des dirigeants africains.
Depuis son entrée en fonctions, a-t-elle indiqué, plusieurs excellentes initiatives relatives à l'Afrique ont vu le jour, dont le plan d'aide d'urgence à la lutte contre le sida à l'étranger (PEPFAR), la Société du compte du millénaire (MCC), l'élargissement de la loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (AGOA) et d'autres mesures ayant trait à l'enseignement et à la prévention du paludisme.
« Je pense, a-t-elle dit, qu'il est bon que le président aille consulter les Africains sur la façon de renforcer ces progrès (…) C'est en partie en raison de son esprit de partenariat et de consultation que ces initiatives donnent de bons résultats. »
Le voyage du président en Afrique, où il s'est déjà rendu en visite officielle en juillet 2003, montre bien que les États-Unis ont renoncé au symbolisme traditionnel et à l'aspect ponctuel de leur politique africaine. Cette politique est maintenant remplacée par une stratégie cohérente et durable récompensant les États africains qui œuvrent en faveur de la démocratisation et de la libéralisation de leur économie. « Si l'on considère les pays où il a choisi d'aller, ce sont tous des États dotés d'un régime démocratique stable qui ont adopté l'économie de marché. Ce sont là précisément les pays qu'il faut soutenir, entre autres. »
Mme Whitaker a rendu hommage au président Bush pour la grande attention qu'il accordait à l'Afrique. Elle s'est déclarée particulièrement satisfaite au sujet du fait qu'il fera porter son attention sur le développement économique pendant son voyage, dans des États qui sont tous bénéficiaires de l'AGOA.
Le Congrès des États-Unis, a-t-elle rappelé, est sur le point d'examiner plusieurs dispositions visant à renforcer l'AGOA. Ces dispositions prévoient la possibilité de rendre permanente cette loi qui sinon arrivera à expiration en 2015, d'accroître de 1.600 le nombre des articles pouvant être exportés en franchise de douane aux États-Unis et de fournir des avantages fiscaux aux entreprises américaines qui investissent dans des secteurs à forte intensité de main-d'œuvre.
En réponse à des questions sur la politique africaine de M. Bush et sur le fait que son voyage coïncide avec la célébration du cinquantième anniversaire de la création de la direction des affaires africaines du département d'État, Mme Whitaker a fait remarquer que c'était en Afrique que le bilan de la présidence de M. Bush en matière de politique étrangère était jusqu'ici le meilleur et qu'il fallait en remercier la secrétaire d'État adjointe aux affaires africaines, Mme Jendayi Frazer, et la direction des affaires africaines.
Elle a rappelé que cette direction avait évolué au fil des ans et qu'elle ne se limitait plus à prêter attention aux conflits et à tenter d'y mettre fin. À l'heure actuelle, elle encourage l'application de mesures concrètes sur le terrain pour développer l'économie et pour favoriser une croissance durable. Mme Frazer joue un rôle de grande ampleur à cet égard.
Pour ce qui est de l'avenir, Mme Whitaker a exprimé l'espoir que le prochain président des États-Unis consacrera une attention encore plus grande à l'Afrique, car il reste beaucoup à faire en dépit des réalisations du président Bush.
Le nombre d'Américains qui s'intéressent à l'Afrique est plus fort que jamais, et il ne s'agit pas que de célébrités, mais de simples particuliers, ce qui est très important, a-t-elle dit.
Par ailleurs, elle a déclaré que les Africains devraient tirer parti de l'occasion exceptionnelle que représentait le voyage de M. Bush en Afrique. « Les présidents sortants (comme M. Bush) ont la possibilité d'agir avec audace. Les Africains devraient donc faire aussi preuve d'audace en informant le président des problèmes qui restent et de la façon il serait possible d'améliorer certaines des initiatives des États-Unis. Qu'il s'agisse du PEPFAR, de l'AGOA, de la prévention du paludisme et des programmes de l'USAID, il convient d'avoir des discussions sérieuses et non pas simplement des gestes symboliques et des occasions de prise de photos, même s'ils ont aussi leur importance. »
Les Africains, a-t-elle dit, devraient notamment demander l'élargissement de l'AGOA « car tout le monde est d'accord pour dire que les échanges commerciaux et les investissements constituent les meilleurs moyens de réduire la pauvreté ».
« J'ose espérer, a-t-elle ajouté, qu'ils encourageront le président à faire adopter pendant la dernière partie de son mandat un texte de loi relatif à l'AGOA » qui rendra permanente cette loi et qui comprendra des avantages fiscaux et des mesures importantes en matière de renforcement des capacités commerciales.
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)