04 février 2008
Les électeurs de 24 États vont participer à une élection primaire ou à un caucus le 5 février.

Washington - Près de 80 millions d'électeurs inscrits sur les listes électorales vont avoir, le 5 février, la possibilité d'exprimer leur préférence pour un candidat à la présidence des États-Unis. Il s'agit là du nombre le plus grand d'électeurs à la fois pour une seule journée d'élections primaires et de caucus.
On décrit habituellement ce jour-là comme le « super mardi » (Super Tuesday) car c'est le jour où un très grand nombre d'États organisent des primaires ou des caucus. Cette année, leur nombre sera encore plus grand : 24.
Les partis démocrate et républicain de chaque État décident de la date de leur primaire ou de leur caucus. Pour l'élection présidentielle de novembre 2008, certains d'entre eux ont tenu à organiser leur primaire ou leur caucus plus tôt que d'habitude afin d'avoir une plus grande influence sur le choix des candidats.
Les résultats de ces primaires ou caucus auront pour effet de désigner environ 42 % des délégués de chaque parti à sa convention nationale. Jusqu'ici, seulement 10 % des délégués républicains et 3 % des délégués démocrates ont été désignés. Un candidat doit obtenir la majorité des voix des délégués pour recevoir l'investiture de son parti.
Les candidats cherchent à obtenir les suffrages des électeurs dans des États très divers, notamment des États très peuplés comme la Californie et le New York et des États peu peuplés tels que l'Idaho et l'Alaska. Certains États comme l'Illinois et le New York comptent de nombreux Afro-Américains, d'autres tels que le Colorado et le Nouveau-Mexique de nombreux Hispaniques. En outre, les républicains ou les démocrates sont majoritaires dans certains États, mais dans d'autres il est difficile de dire pour quel parti les électeurs voteront.
Les candidats sillonnent le pays
Tout comme pendant la période avant l'élection nationale, les candidats vont auprès des électeurs aux quatre coins du pays. Côté démocrate, M. Barack Obama va se rendre au Nouveau-Mexique, en Idaho et au Minnesota, tandis que son adversaire, Mme Hillary Clinton, sera en Californie et dans l'État de New York. Côté républicain, M. Mitt Romney compte aller au Montana, au Colorado et au Missouri tandis que son adversaire, M. John McCain, doit se rendre au Tennessee, en Alabama et en Géorgie.
Par ailleurs, les candidats envoient leurs partisans les plus importants faire campagne pour leur compte dans les États où ils ne peuvent pas se rendre. Ils ont aussi beaucoup recours à des messages publicitaires à la télévision.
Bien qu'il soit possible qu'aucun candidat n'obtienne la majorité des délégués après les primaires et les caucus du 5 février, tous les candidats cherchent à remporter suffisamment de victoires pour être considérés comme celui qui est en tête et à gagner assez de terrain pour obtenir rapidement de nouveaux délégués lors de la prochaine série de primaires et de caucus.
Selon le politologue Norman Ornstein, de l'American Enterprise Institute (centre de réflexion de tendance conservatrice), il est très probable qu'on ne sache pas le 6 février qui seront les candidats le plus susceptibles de recevoir l'investiture de leur parti.
Une des raisons tient au fait que de nombreux États attribuent proportionnellement leurs délégués. Les démocrates attribuent tous leurs délégués proportionnellement, tandis que dans certains États les républicains donnent au vainqueur tous les délégués. Dans les États qui ont recours à une représentation proportionnelle, celui ou celle qui se place en deuxième position peut obtenir un nombre important de délégués.
La représentation proportionnelle, a dit M. Ornstein, rend beaucoup moins probable la possibilité qu'un candidat obtienne suffisamment de délégués pour que l'on puisse dire que c'est lui qui recevra l'investiture de son parti et que les autres primaires et caucus ne changeront rien à l'affaire.
Outre la représentation proportionnelle, le fait que la course est très serrée entre M. Obama et Mme Clinton depuis des semaines laisser à penser selon de nombreux politologues qu'elle va se poursuivre plus chez les démocrates que chez les républicains après le 5 février.
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)