14 mai 2008
Déclarations de deux hauts responsables du département d'État.

Washington - Le gouvernement Bush a demandé aux États limitrophes du Zimbabwé d'user dans toute la mesure du possible de leur influence pour aider le peuple zimbabwéen à éviter une crise de grande ampleur. Il a fait état à cet égard d'informations selon lesquelles les forces loyales au président Robert Mugabe se prépareraient à sévir contre les partisans de l'opposition.
Le porte-parole du département, M. Sean McCormack, a déclaré à la presse, le 15 avril, que le gouvernement zimbabwéen avait déjà eu recours à la force et qu'il s'agissait là d'un comportement qui rappelait ce qui s'était passé dans ce pays ces dernières années.
« Il incombe aux États limitrophes du Zimbabwé et à tout intéressé d'exercer au maximum des pressions de façon à ce qu'on puisse éviter ce qui pourrait être une situation terrible pour le Zimbabwé », a-t-il dit.
Quelques heures auparavant, les services de l'ordre zimbabwéens ont perquisitionné le siège du principal parti de l'opposition, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), et des témoins ont déclaré avoir observé l'arrestation d'au moins une centaine de partisans du MDC ainsi que la saisie d'ordinateurs et de documents.
Les services de l'ordre ont également perquisitionné le siège du groupe le plus important d'observateurs indépendants des élections du 29 mars (ZESN), selon lequel le chef du MDC, M. Morgan Tsvangirai, avait obtenu la majorité des suffrages et battu le président Mugabe.
Alors que les élections ont eu lieu il y a près d'un mois, la commission électorale composée de membres nommés par le gouvernement n'en a pas encore annoncé les résultats et procède à un nouveau décompte des suffrages exprimés pour les législatives dans 23 des 210 circonscriptions électorales. Elle avait indiqué auparavant que le parti du président Mugabe, le ZANU-PF, n'était plus majoritaire au Parlement pour la première fois depuis l'accession de ce pays à l'indépendance en 1980.
La secrétaire d'État adjointe aux affaires africaines, Mme Jendayi Frazer, a dit, en citant les déclarations d'observateurs indépendants selon lesquelles M. Tsvangirai serait le vainqueur de l'élection présidentielle, que ce dernier avait remporté l'élection, « peut-être haut la main » et elle a demandé au gouvernement Mugabe « d'accepter ces résultats ».
À l'occasion de sa visite en Afrique du Sud, elle a déclaré, le 24 avril, que le gouvernement zimbabwéen ne respectait pas la volonté du peuple. « Si celui-ci avait voté en faveur du président Mugabe, a-t-elle fait remarquer, les résultats auraient déjà été annoncés. »
Mme Frazer s'est prononcée en faveur d'une solution négociée, tout en ajoutant que la gravité des violations des droits de l'homme en ce qui concerne les partisans de l'opposition était telle qu'il serait peut-être nécessaire que la communauté internationale intervienne davantage. « Nous ne pouvons pas baisser les bras et attendre que la situation s'aggrave encore plus », a-t-elle dit.
Par ailleurs, elle s'est aussi déclarée en faveur de l'idée avancée par le premier ministre britannique, M. Gordon Brown, selon lequel il convient de décréter un embargo sur les livraisons d'armes à destination du Zimbabwé. Les États-Unis, a-t-elle dit, vont étudier de près cette idée.