18 avril 2008
Les États peuvent donner l'exemple en réduisant les émissions de gaz et en favorisant le recours aux sources d'énergie renouvelables.

Washington - Tout juste après avoir participé à la réunion de l'Association nationale des gouverneurs (NGA) où il a encouragé les participants à « sécuriser un avenir énergétique vert », thème de la conférence, Tim Pawlenty, président de la NGA et gouverneur du Minnesota, s'apprête à partir pour Washington afin de participer à la Conférence internationale de Washington sur l'énergie renouvelable (Washington International Renewable Energy Conference - WIREC) où il est le conférencier principal.
Selon lui, l'énergie et son incidence sur l'environnement « sont parmi les problèmes les plus importants auxquels notre pays et le monde entier doivent faire face ». Dans une interview accordée à America.gov (le service d'information du département d'État), il favorise l'adoption de combustibles plus renouvelables et plus propres pour préserver l'environnement et rendre l'Amérique « moins dépendante vis-à-vis du pétrole étranger. »
Le projet d'énergie propre, qu'il a présenté lors de la conférence de la NGA, est une approche à quatre étapes, la conservation de l'énergie étant la première.
« L'énergie la moins chère et la plus propre est celle que nous n'utilisons pas, » a-t-il déclaré.
Les autres étapes consistent à mettre en valeur et à utiliser des combustibles renouvelables plus propres ; à réduire l'émission de gaz à effet de serre ; et à partager la recherche et la commercialisation de technologies vertes.
« Nous pouvons créer des avantages économiques, des emplois supplémentaires et redynamiser l'économie avec des emplois dans l'industrie verte (...) résultant d'une nouvelle industrie qui se développe et s'accélère aux États-Unis, » a déclaré M. Pawlenty.
Les États fédérés, dit-il, sont « en quelque sorte les laboratoires de la démocratie, où l'on peut essayer de nouvelles choses avant de les adopter à l'échelle nationale. Et c'est certainement le cas dans le domaine de l'énergie propre et de l'émission de gaz à effet de serre. » Différents États ont des stratégies différentes en fonction de leurs propres besoins et de leurs ressources, mais M. Pawlenty constate une unanimité sur un point, à savoir « faire des progrès » en vue d'une efficacité énergétique.
« Cela variera d'une région du pays ou du monde à une autre, en fonction de la tradition politique de cet État ou de cette région, de sa culture, de ses ressources naturelles, de son économie et de son désir pour ce type de changement, » a-t-il dit. L'État du Minnesota, par exemple, est un gros producteur d'énergie éolienne.
M. Pawlenty est persuadé que les véhicules électriques seront les voitures de l'avenir. « Si nous pouvons obtenir des voitures électriques que l'on branche et qui roulent de 80 à 250 kilomètres sur la même charge, cela va faire une grande différence pour ce qui est de nos émissions de gaz à effet de serre et sur la façon dont nous utilisons l'énergie aux États-Unis.
Une révolution imminente dans la technologie verte
Le Gouverneur du Minnesota estime que la technologie verte a le même potentiel que la révolution de la technologie de l'information de la Silicon Valley. Le milieu des affaires, qui s'intéresse de plus en plus à ce secteur naissant, attend seulement « le bon signe de la part des décideurs et des responsables de la politique gouvernementale pour qu'il puisse planifier son avenir, » a-t-il déclaré.
Lors de la séance de clôture de la NGA le 25 février, M. Pawlenty a dit : « D'après les discussions que nous avons eues ces trois derniers jours, il est clair que les gouverneurs sont en train de donner l'exemple afin 'd'américaniser' l'avenir énergétique du pays », dans le but d'améliorer notre sécurité énergétique et la qualité de la vie.
Le développement de l'énergie verte aux États-Unis est possible grâce à l'appui de partenaires internationaux. Dans des États tels que la Californie, le Nevada et le Minnesota, de grands projets d'énergie renouvelable ont été réalisés grâce en partie à l'expertise d'entreprises étrangères.
« Nous avons des investissements étrangers dans l'industrie de l'énergie verte de notre État, »a déclaré M. Pawlenty, citant l'exemple de Suzlon Energy, une entreprise indienne, qui a construit une centrale électrique éolienne dans le Minnesota et qui a créé de nombreux emplois dont l'État avait besoin. « Ils envisagent maintenant de doubler ou même plus la taille de cette centrale et le nombre d'employés. » Cinquième producteur mondial de turbines éoliennes, Suzlon a des projets dans 15 pays différents.
Mais l'effort visant à préserver l'environnement commence chez soi, a-t-il déclaré. « Ça commence avec nous en tant qu'individus. Tout le monde peut faire quelque chose individuellement pour préserver l'énergie, » de l'adoption d'ampoules électriques et d'appareils électroménagers qui sont plus efficaces sur le plan énergétique à utiliser tout simplement moins d'énergie. Les communautés commencent elles aussi à participer à cet effort et à définir des objectifs d'énergie propre.
« Et cela ne s'appelle pas le réchauffement de l'Amérique, mais le réchauffement de la planète, » a-t-il déclaré en ajoutant que ce qui se produit dans un endroit est ressenti dans le monde entier ; c'est un défi que tous les pays doivent relever. « Une vraie solution devra inclure la participation de l'Inde, et elle devra aussi inclure la participation de la Chine, » a dit M. Pawlenty. « Aucun pays ne pourra le faire à lui tout seul. »
Le but du gouvernement américain lors la réunion de la WIREC organisé sous ses auspices du 4 au 6 mars est d'inciter un nombre plus grand de pays à adopter des buts d'énergie renouvelable faisables. Des séances plénières et un immense salon commercial présentant les technologies de pointe offriront des idées aux délégués internationaux qui cherchent à trouver des solutions.
Quant à M. Pawlenty, son engagement envers l'environnement émane de son respect de longue date à l'égard de la beauté son État natal, « le pays aux 10.000 lacs. » Et de déclarer, « je suis personnellement convaincu que cette planète nous a été donnée par un créateur et nous avons une obligation en tant que ses gardiens, d'en prendre soin et de la remettre (aux autres générations) dans le même bon état, sinon meilleur, que celui dans lequel nous l'avons trouvé. Il faut y appliquer cette vieille règle de camping - laissez-la dans un meilleur état que vous l'avez trouvée… la nature est une si grande source de joie. »
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)