02 avril 2008

Les exportations des É.-U. vers les pays arabes ont atteint de nouveaux sommets en 2007

Les investisseurs arabes hésitent toujours à se risquer sur le marché américain.

 

Washington - Selon la National U.S-Arab Chamber of Commerce (NUSACC), les exportations américaines vers les pays arabes atteignent de nouveaux sommets du fait de la politique commerciale américaine, de la faiblesse du dollar et des liquidités accrues de la région causées par la flambée des prix du pétrole.

« En matière de ventes au Moyen-Orient, les exportations américaines battent tous les records », a déclaré David Hamod, président et directeur général de la NUSACC. « Une partie de ce succès s'explique par le soutien que le gouvernement Bush accorde aux biens et aux services américains sur les marchés étrangers. » En 2007, les exportations américaines vers les pays arabes ont dépassé les 42 milliards de dollars, contre 35 milliards en 2006, et il prévoit qu'elles devraient passer à plus de 50 milliards en 2008.

Un autre legs important de ce gouvernement réside, suggère M. Hamod, dans la détermination du président Bush de garder ouvertes les portes de l'investissement étranger aux États-Unis. Elle s'est notamment manifestée lors de l'imbroglio de l'affaire DP World, où le gouvernement avait raison de promouvoir les investissements étrangers dans des entreprises américaines.

DP World, société entièrement contrôlée par le gouvernement de Dubaï (Émirats arabes unis), possède, exploite et gère des terminaux de conteneurs et d'autres installations portuaires partout dans le monde. Elle avait obtenu le soutien du gouvernement Bush pour administrer six ports américains mais l'opposition du Congrès en 2006 a fait annuler le marché.

Le gouvernement Bush a fait tout son possible pour atténuer les séquelles de l'incident et promouvoir les échanges entre les États-Unis et le monde arabe. Ses efforts ont aidé les exportateurs américains à bien se positionner et à battre des records de vente dans les pays arabes. M. Hamod ajoute que la sous-évaluation du dollar a contribué à rendre les exportations américaines plus compétitives partout dans le monde, même si l'inflation a rogné une partie des bénéfices et du budget des consommateurs.

Malgré l'excellence des chiffres à l'exportation, l'image des relations commerciales entre les pays arabes et les États-Unis s'est trouvée assombrie par les événements du 11 septembre 2001.

« La pire chose qui soit arrivée depuis [le 11 septembre 2001] est que les négociants et les investisseurs arabes ne se sentent plus les bienvenus aux États-Unis. Les promoteurs commerciaux arabes regardent maintenant vers l'est, vers la Chine, l'Inde, le Vietnam et d'autres marchés » note M. Hamod. « Cela va être une perte pour les travailleurs américains et pour l'économie américaine. »

Le secteur du tourisme a vu une baisse des recettes des visiteurs arabes du fait des mesures prises après le 11 septembre, et notamment des difficultés à obtenir des visas pour venir aux États-Unis. Les données du ministère du commerce montrent que les voyageurs arrivant aux États-Unis en provenance des pays arabes ne sont plus qu'une petite fraction de ce qu'ils étaient avant le 11 septembre. Par opposition, le secteur du tourisme dans les pays arabes est en pleine expansion, les Arabes se rendant les uns chez les autres « en nombre sans précédent », selon M. Hamod.

« Ils construisent des hôtels à tour de bras. L'expansion des établissements de loisirs est massive », ajoute-t-il. L'Égypte, le Liban, le Maroc, la Tunisie et les Émirats arabes unis sont parmi les premiers à créer des destinations attirantes pour l'afflux de touristes arabes.

Une retombée du boom du tourisme arabe et de la flambée des revenus dans les États producteurs de pétrole est l'apparition de nombreuses nouvelles compagnies aériennes à bas coûts tirées par le secteur privé. On peut citer par exemple Jazeera Airways au Koweït, Bahreïn Air, Air Arabie à Sharjah (Émirats arabes unis), NasAir en Arabie saoudite et Menajet au Liban.

« Les recettes pétrolières et le boom économique de la région ont contribué à rendre cela possible. Les consommateurs veulent se déplacer et ils ont le revenu disponible pour le faire. De plus, pour les compagnies nationales, les gouvernements ont les fonds pour acheter les meilleurs avions pour leur flotte et certains peuvent même subventionner le carburant », souligne M. Hamod.

La NUSACC est tout-à-fait en faveur des accords de libre-échange (ALE) et elle est la seule entité commerciale à avoir été invitée par le Congrès à témoigner lors des trois derniers ALE avec le monde arabe (Maroc, Bahreïn et Oman). Les ALE accordent un large accès aux marchés des signataires et des protections en matière de droits de propriété intellectuelle, de travail et d'environnement.

M. Hamod souligne que les ALE peuvent produire des emplois, renforcer les économies et créer de la richesse pour les citoyens des pays participants. Il appelle cela l'« effet ALE ».

« Lorsqu'un pays signe un ALE avec les États-Unis, cela pousse l'enveloppe. Cela signifie qu'il est à la hauteur et les autres pays prennent note. Ce n'est pas simplement fonction du volume des échanges avec les États-Unis : un ELA renforce sa capacité d'attirer des investissements de notre pays et d'autres », précise M. Hamod. « Et c'est en partie ce que nous voyons dans le monde arabe aujourd'hui. Il y a plus d'investissements au sein du monde arabe, d'un pays à l'autre, que l'on a jamais vu. À notre avis, c'est une situation où tout le monde est gagnant. »

(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)

Créer un signet avec :    Qu'est-ce que c'est ?