02 avril 2008

Le système des délégués vise à confier le pouvoir d'investiture au peuple

Les règles de sélection des délégués varient d'un État à l'autre.

 
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La Convention républicaine nationale de 2004
Les délégués de l'Arkansas lors de la Convention républicaine nationale en 2004. (© AP Images)

Washington - Les électeurs américains peuvent voter pour un candidat présidentiel désigné lors d'une primaire ou d'un rassemblement électoral mais ils ne choisissent pas directement le candidat de leur parti : ce pouvoir appartient aux délégués - représentants nommés par le parti - qui votent lors des conventions nationales pendant l'été précédant l'élection.

Le système d'investiture par lequel les délégués choisissent le candidat du parti est complexe et il a été modifié au cours des années pour le rendre plus juste.

« Tous les pays démocratiques, tous les pays ayant un gouvernement représentatif ont des difficultés à choisir un dirigeant », a déclaré Michael Barone, rédacteur en chef de l'hebdomadaire U.S. News and World Report, à des journalistes du Foreign Press Center de Washington en février. « Personne n'a découvert une manière vraiment satisfaisante de le faire ».

L'histoire des primaires

Les premières conventions américaines nationales se sont tenues en 1830 mais, pendant longtemps, l'Américain moyen n'a guère eu d'influence sur elles. Il y avait certes des délégués mais les candidatures étaient décidées par les patrons politiques lors de transactions en coulisse.

Le gouverneur Robert La Follette, furieux contre un système qui l'avait empêché de participer avec la délégation du Wisconsin à la convention républicaine de 1904, a persuadé le corps législatif de son État de voter une loi permettant aux électeurs, pas aux chefs de parti, de choisir les délégués à la convention.

En 1910, l'Oregon a été le premier État à demander aux délégués de promettre de voter pour le candidat qui aurait gagné les primaires. En 1916, 26 États avaient de primaires.

Au cours des décennies suivantes, l'influence des primaires est restée limitée et les patrons politiques ont conservé un pouvoir considérable : les Américains se sont peu à peu détournés des primaires et les candidats des élections dans les États qui en organisaient. En 1935, 8 États avaient éliminé les primaires.

Les primaires sont redevenues populaires avec l'émergence de la télévision, véhicule qui permettait à des candidats relativement peu connus de se faire une réputation en gagnant les premières primaires. La victoire du sénateur du Tennessee Estes Kefauver sur le président Harry Truman dans la primaire du New Hampshire en 1952 a poussé ce dernier à annoncer qu'il ne chercherait pas à se faire réélire. Bien qu'il ait gagné 12 des 15 primaires, Kefauver n'a pas obtenu l'investiture.

En 1968, les démocrates ont désigné le vice-président Hubert Humphrey - qui n'avait gagné aucune primaire - comme leur candidat à la présidence, choix qui a irrité de nombreux membres de leur parti.

Par la suite, les démocrates ont constitué un comité chargé d'examiner le processus d'investiture : un nouveau système est sorti de leurs délibérations. Mis en application par les deux partis, il était conçu pour donner plus de pouvoir aux électeurs et encourageait les États à obliger leurs délégués à voter pour le candidat préféré de leurs concitoyens. En conséquence, le nombre des États à organiser des élections primaires a augmenté, comme le nombre des Américains à voter.

Le système des délégués aujourd'hui

Chaque parti répartit les délégués entre les divers candidats de manière différente, parce qu'ils « ont chacun une idée différente de ce qui est juste » dit M. Barone.

Les démocrates répartissent leurs délégués à la proportionnelle, c'est-à-dire, explique M. Barone, que « si un candidat recueille 60 % des voix d'un État, il peut compter sur 60 % des délégués », bien que cela ne soit pas tout à fait aussi simple car un candidat doit recevoir au moins 15 % des suffrages pour avoir des délégués.

Le système républicain autorise les États à attribuer tous leurs délégués au candidat ayant reçu le plus de voix. Cela permet au candidat arrivé en second de rattraper le premier en gagnant dans un État ayant un grand nombre de délégués. Le système permet aussi de désigner le candidat du parti plus rapidement que le système proportionnel.

Les délégués, les individus qui se rendent aux conventions et votent pour le candidat sélectionné par leur électorat, sont choisis de diverses manières selon les directives élaborées par les États.

Les personnes qui souhaitent être des délégués doivent d'abord remplir des formulaires indiquant leur intérêt, tout comme le font les candidats, pour être inscrits sur un bulletin de vote. La liste des candidats est ensuite limitée de diverses manières :

• Quelquefois, les délégués sont sélectionnés lors d'une convention au niveau de l'État parmi ceux choisis ou élus au niveau local ; les conventions locales ont quelquefois lieu avant les primaires ou les comités électoraux (caucus).

• Quelquefois, les délégués sont choisis après la primaire lorsque l'on sait combien de délégués doivent représenter tel candidat. Par exemple, la convention démocratique de la 8e circonscription du Congrès de Virginie élira 7 délégués et remplaçants (hommes et femmes en nombre plus ou moins égal) : 4 pour Barak Omaba et 3 pour Hillary Clinton.

• Quelquefois, les délégués sont choisis au moment de la primaire. Par exemple, dans la primaire du Montgomery County (Maryland), si un électeur ou une électrice veut voter pour Hillary Clinton, il ou elle ne votera pas seulement pour Mme Clinton mais aussi pour Nancy M. Floreen, ou Mary Boergers ou Shu-Ping Chang (qui ont promis de voter pour Mme Clinton).

Dans les deux conventions, il y a des délégués non engagés (les superdélégués), en général des dirigeants du parti, qui peuvent voter comme ils le veulent. Les démocrates en ont un grand nombre et, en cas de scrutin serré, ils peuvent avoir une influence déterminante sur l'investiture.

Le rôle des superdélégués est souvent mis en question. Certains Américains s'élèvent contre le pouvoir des superdélégués qui peuvent nommer un candidat qui n'a pas reçu le plus de votes dans les primaires ou comités électoraux. D'un autre côté, ils connaissent personnellement les candidats et, selon M. Barone, « ils les connaissent mieux que les électeurs. Nous avons donc besoin de leurs conseils. »

Pour plus d'information, voir « Les "super-délégués" décideront peut-être l'investiture démocrate ».

(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)

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