25 septembre 2007

Les États-Unis lancent un deuxième système de détection de tsunamis dans l'océan Indien

Les accords entre les États-Unis et l'Indonésie sont axés sur les sciences climatiques et océaniques.

 
Accords entre les É.-U. et l'Indonésie
Conclusion des accords entre les dirigeants de la NOAA et des représentants indonésiens le 18 septembre. (Photo NOAA)

Washington - Un deuxième système de détection de tsunamis dans l'océan Indien a été inauguré à Djakarta en Indonésie le 19 septembre 2007, dans le cadre du programme de reconstruction et d'aide technique de 1 milliard de dollars entrepris par les États-Unis à la suite du séisme de magnitude 9,1 qui causa un tsunami dévastateur dans la région à la fin de 2004.

Le premier engin de détection de tsunami en eaux profondes, appelé « DART » en anglais, fut déployé de Phuket en Thaïlande en décembre 2005. Posé sur les fonds océaniques à 9 degrés de latitude nord et à 89 degrés de longitude est, il se situe à mi-chemin entre la Thaïlande et le Sri Lanka.

Des représentants de l'Administration nationale des études océaniques et atmosphériques (NOAA) se sont rendus en Indonésie pour signer un mémorandum d'accord avec leurs homologues indonésiens du ministère des affaires maritimes et halieutiques.

L'accord, conclu le 18 septembre (heure locale), encourage la coopération entre les deux pays relative à l'observation des océans et des côtes, à la mise au point des systèmes d'observation, à l'atténuation des dangers océaniques et côtiers, et à la recherche climatique liée aux océans.

« L'Indonésie est une économie naissante », a déclaré M. Richard Spinrad, directeur général adjoint de la NOAA chargé des recherches océaniques et atmosphériques. « Il est avantageux en ce moment pour les États-Unis de s'engager dans des échanges technologiques et scientifiques avec l'Indonésie, et ce protocole nous donne l'occasion de le faire. »

La coopération scientifique

Le navire indonésien qui transporte l'engin DART déploiera également quatre bouées ATLAS qui seront amarrées au fond de l'océan Indien.

« Depuis plusieurs années, la NOAA se sert des bouées ATLAS pour observer les processus atmosphériques et océaniques dans d'autres océans » a dit M. Spinrad. « Nous sommes très heureux de pouvoir aujourd'hui obtenir des données de ce genre pour l'océan Indien ».

Selon M. Spinrad, un des principaux défis, dans l'étude de la relation entre les océans et le climat, est de comprendre le mouvement de l'eau dans l'océan. Parmi les régions les plus difficiles à étudier est celle qui est touchée par le courant d'eaux tièdes et de basse salinité qui provient de l'océan Pacifique et circule parmi les îles de l'archipel indonésien pour aboutir sur les limites orientales de l'océan Indien.

« Afin de mieux comprendre des phénomènes comme, par exemple, El Niño » a-t-il expliqué, « il est très important de savoir comment ces courants se développent, quels sont les volumes d'eau en question ; à quel moment s'écoulent-ils, et quels en sont les températures et les mouvements. »

Engin DART
Les engins DART détectent les tsunamis en temps réel tandis que les vagues se propagent à la surface de l'océan. (Photo NOAA)

Le protocole créera également des occasions de collaboration entre les pêcheurs traditionnels et des groupes encourageant les pratiques de l'aquaculture. Il établira aussi une relation entre le Programme national de bourses universitaires pour les études maritimes des États-Unis et le Programme de partenariats maritimes d'Indonésie.

Le Programme national de bourses universitaires pour les études maritimes représente le principal programme universitaire de la NOAA en matière d'intendance de l'environnement, de développement économique à long terme et d'exploitation responsable des ressources côtières, océaniques et lacustres.

Le Programme des bourses universitaires pour les études maritimes d'Indonésie a été fondé par M. Widi Pratikto, le directeur général du service des petites îles et des littoraux du ministère indonésien des affaires maritimes et halieutiques. M. Pratikto a fait la connaissance de l'homologue américain de ce programme tandis qu'il préparait son doctorat à l'Université de la Caroline du Nord.

Suite à son retour en Indonésie, il a établi ce qui s'appelle aujourd'hui le Programme de partenariats maritimes d'Indonésie, qui se compose actuellement d'un réseau de dix-neuf centres régionaux. M. Spinrad compte accueillir des étudiants indonésiens dans des universités en Floride dans les mois à venir.

La détection des tsunamis

Dans des accords séparés, la NOAA s'est engagée à fournir un engin DART conçu par les chercheurs du Laboratoire de l'environnement marin du Pacifique de la NOAA à Seattle, dans l'État de Washington. Celui-ci sera positionné à 0 degré de latitude nord, 72 degrés de longitude est, entre 700 et 800 kilomètres de distance de Djakarta. Cette fois, c'est l'Indonésie qui se chargera du transport et du maintien de l'engin.

Les engins DART détectent les tsunamis en temps réel tandis que les vagues se propagent à la surface de l'océan. Chaque station est reliée à un satellite afin de transmettre les données en temps réel sur des réseaux mondiaux.

Au cours des deux prochaines années, les scientifiques de la NOAA et d'autres océanologues en Indonésie et en Thaïlande essaieront également une nouvelle génération d'engins DART. Appelés les « DART à déploiement facile », ces engins ont la même fonction que ceux d'aujourd'hui, mais peuvent être transportés et déployés à bord de simples bateaux de pêche et ne nécessitent donc pas l'appui de grands navires.

Les engins DART indonésiens et thaïlandais ne sont qu'une petite partie du système naissant de détection de tsunamis de l'océan Indien. Une fois terminé, le système comprendra au total les appareils de détection de tsunamis et d'autres dangers océaniques, des prévisions météorologiques des océans par des experts qui pourront évaluer le danger en question et diffuser des avis, un système d'alertes qui se manifestera aussi bien par des sirènes que par des messages sur téléphones mobiles, et la formation des collectivités pour les préparer à de telles alertes et leur donner les moyens d'y réagir à temps afin de minimiser les pertes humaines et matérielles.

La formation et la sensibilisation des collectivités représentent un élément essentiel de la création d'un tel système. La NOAA et d'autres services du gouvernement américain tels que l'Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID), le Service d'études géologiques (USGS), le Service des eaux et forêts et l'Agence pour le commerce et le développement (USTDA), ont apporté des contributions importantes à ces efforts.

La Commission intergouvernementale océanique de l'ONU dirige le développement des programmes régionaux dans les océans Indien et Pacifique et dans les mers Caraïbe et Méditerranée. Mais grâce à la Loi sur la détection et l'information en matière de tsunamis adoptée en décembre 2006, des agences américaines telles que la NOAA sont officiellement autorisées à contribuer à la création des systèmes d'alerte aux dangers océaniques, a expliqué M. Spinrad.

« Ici à la NOAA, nous avons toujours été actifs dans le développement technologique et dans le soutien technique à la détection des tsunamis, et nous le resterons », a-t-il ajouté.

Une animation illustrant le fonctionnement des engins DART se trouve sur le site d'Internet du Laboratoire de l'environnement marin du Pacifique de la NOAA.

(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)

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