07 septembre 2007
L'organisation Doc to Dock cherche à améliorer les soins médicaux dans le monde en développement.
Washington - En 2007, un jeune patient de l'hôpital Hubert Maga de Cotonou (Bénin), qui était atteint d'une forme grave de paludisme, a reçu une thérapie intraveineuse grâce à Doc to Dock, une organisation non gouvernementale (ONG) qui collecte des fournitures médicales inutilisées aux États-Unis pour les envoyer à des hôpitaux africains.
Le Dr Bruce Charash, fondateur de l'ONG, a déclaré au sujet du jeune malade béninois : « Il ne réagissait pas à la thérapie orale. Les médecins voulaient lui administrer une thérapie intraveineuse mais, à leur grand désespoir, ils ne disposaient pas du matériel nécessaire. Je suis arrivé le même jour que le conteneur (de fournitures médicales) dont nous avons pu extraire rapidement une ligne intraveineuse et le médicament adéquat. Je suis passé voir le malade avant de partir, il allait bien. »
Aux États-Unis, la réglementation fédérale oblige les hôpitaux à jeter tout matériel médical inutilisé dont l'emballage externe a été ouvert, même si les articles restants sont enveloppés individuellement et stériles. De plus, des milliers de tonnes de fournitures médicales sont jetées chaque jour pour cause de surproduction et de procédures excessivement compliquées. M. Charash, un cardiologue de New York, a décidé en 2005 qu'il fallait faire quelque chose pour transmettre ces fournitures aux hôpitaux du monde en développement, qui en ont désespérément besoin.
Aujourd'hui, les hôpitaux qui participent au programme Doc to Dock placent des boîtes dans leurs salles d'opération. Les fournitures non utilisées sont ainsi collectées et livrées à des entrepôts aux fins de tri et d'inventaire par des bénévoles. Ensuite, des centres médicaux africains peuvent utiliser cet inventaire pour choisir et commander des fournitures. Dix-sept hôpitaux participent directement à Doc to Dock, et la Greater New York Hospital Association, qui regroupe près de 300 établissements hospitaliers, en est partenaire.
Les fournitures en question comprennent des lits d'hôpital, des civières, des chaises roulantes, des déambulateurs, des moniteurs cardiaques et des appareils de radiographie, tous en bon état. « Aux États-Unis, a expliqué M. Charash, on rénove constamment les hôpitaux. En ces occasions, les hôpitaux nous donnent accès au matériel dont ils se débarrassent, et nous pouvons prendre tout ce qui marche. Nous installons ensuite le matériel dans les pays bénéficiaires. »
Doc to Dock fournit également des manuels pour les équipements en question dans la langue du pays bénéficiaire. « La raison pour laquelle nous nous débarrassons de matériel en bonne condition de marche est que nous voulons toujours avoir le dernier modèle », a expliqué le Dr Charash. Doc to Docks collecte également des fournitures stériles telles que des gants de chirurgie, des seringues et des lignes intraveineuses.
« Aux États-Unis, lorsqu'on s'apprête par exemple à faire une opération du poumon, les infirmières préparent la salle d'opération en ouvrant un kit qui contient 180 objets stériles emballés individuellement. » La réglementation exige que tout ce qui n'est pas utilisé durant l'opération soit jeté. Or ces kits contiennent généralement de 30 à 40 % de matériel excédentaire. « Tant que ces choses seront gaspillées, nous les collecterons et les redistribuerons gratuitement aux pays qui en ont besoin », a affirmé M. Charash.
Ce dernier et ses collaborateurs ont rapidement réalisé que Doc to Docks pouvait renforcer les efforts déployés par la communauté internationale pour lutter contre le sida, la tuberculose, le paludisme, la méningite et autres maladies. « Nous ne nous contentons pas d'expédier des fournitures. Nous investissons, avec les gouvernements des pays concernés, (…) dans une démarche plus vaste d'amélioration du système médical. »
Doc to Docks est par ailleurs en train d'organiser des échanges de courriels entre les hôpitaux bénéficiaires en Afrique et des hôpitaux universitaires aux États-Unis. « Ainsi nous aurons des professeurs spécialistes des maladies infectieuses correspondant avec des médecins suivant une formation dans ce domaine. » Doc to Dock organise également des échanges de missions médicales avec des hôpitaux africains et se consacre à divers projets annexes dans les domaines de la santé, de la sécurité du personnel médical et de l'hygiène.
Doc to Docks coopère avec d'autres organisations philanthropiques. Le conteneur destiné au Bénin, par exemple, a été expédié par Medshare International, une ONG d'Atlanta qui offre aussi des fournitures médicales excédentaires aux pays dans le besoin. Doc to Dock a sélectionné l'hôpital bénéficiaire et payé Medshare pour expédier les fournitures.
« Ce type de collaboration est essentiel », a dit M. Charash, du point de vue de l'efficacité. Le prochain conteneur destiné au Bénin proviendra des entrepôts de Doc to Docks, a-t-il précisé.
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)