31 octobre 2007
Le plan d'aide d'urgence du président Bush en matière de lutte contre le sida dans les pays les plus touchés

Washington - Lorsque Daniel Chipeleka apprit en 2005 que sa femme Miriam attendait leur cinquième enfant, il l'accompagna au centre médical de Chembe situé près de la frontière congolaise pour subir avec elle un test de dépistage du sida.
Ce test leur a permis de savoir s'ils étaient ou non porteurs du virus de l'immunodéficience humaine (HIV) qui cause le sida et d'envisager leur avenir ensemble. Dans ce centre médical qui est financé par les États-Unis, quelque 70 femmes font l'objet d'un test de dépistage et reçoivent des conseils tous les mois, et les trois quarts d'entre elles viennent avec leur conjoint. Avant le lancement en 2003 du plan d'aide d'urgence du président Bush à la lutte contre le sida à l'étranger (PEPFAR), Chembe ne comptait aucun centre médical de ce genre. Il en était de même dans les 12 autres pays d'Afrique subsaharienne qui bénéficient de ce plan.
Le PEPFAR, qui constitue le plus grand programme international de santé publique, a enregistré des résultats remarquables dans trois domaines, à savoir la prévention, le traitement et la prise en charge.
Grâce à son soutien, on a pu donner des médicaments antirétroviraux à quelque 500.000 femmes enceintes, ce qui a permis d'empêcher que quelque 100.000 nouveau-nés contractent le VIH, qui détruit le système immunitaire de l'organisme. Les États-Unis ont fourni près de 1,7 milliard de préservatifs, soit plus que tous les autres pays industriels réunis. Par ailleurs, a indiqué le coordinateur de l'action des États-Unis en matière de lutte contre le sida, M. Mark Dybul, à la commission sénatoriale des affaires étrangères en octobre, ils financent une campagne d'information sur la sexualité et sur la procréation qui cible aussi bien les femmes que les hommes.
En septembre, deux acteurs américains célèbres, Matt Damon et Ben Affleck, se sont rendus en Tanzanie en vue de contribuer à la sensibilisation de la population au problème du VIH/sida. Ils se sont entretenus avec des patients de l'hôpital régional Sékou Touré soignés par médicaments antirétroviraux qui leur ont parlé de l'amélioration de leur état de santé, mais aussi de leurs problèmes.
Une patiente, Mwamvua Rajabu, qui obtient gratuitement des médicaments antirétroviraux, a indiqué comment les membres de sa famille s'étaient détournés d'elle lorsqu'elle leur avait fait part de sa séropositivité. Elle a dû aller vivre avec une amie et a maintenant des difficultés à subvenir à ses besoins et à ceux de son enfant.
Grâce à l'aide du PEPFAR, 54 bénévoles ont suivi une formation de manière à pouvoir venir en aide aux séropositifs et à ceux qui subissent les conséquences du sida. Ces bénévoles se rendent au domicile de séropositifs pour s'assurer qu'ils vont bien et qu'ils prennent les médicaments antirétroviraux prescrits et également pour leur apporter un soutien sur le plan psychologique en leur offrant leur amitié et des conseils.
L'acteur Ben Affleck a déclaré avoir constaté des résultats très réels en Tanzanie, où les projets financés par le PEPFAR sont exécutés en étroite collaboration avec le gouvernement tanzanien et l'organisme Catholic Relief Services.
Selon M. Dybul, les partenariats constituent un élément essentiel de la lutte contre le sida menée dans le cadre du PEPFAR. La réussite du PEPFAR, a-t-il dit, tient à ces partenariats, au fait que les Américains apportent un soutien à la population des pays bénéficiaires, aux pouvoirs publics, aux organisations non gouvernementales, y compris les associations confessionnelles et locales, et au secteur privé, afin de leur permettre de mettre en place les moyens nécessaires pour s'attaquer au VIH et au sida.
Avant le lancement du PEPFAR, seulement 50.000 habitants de l'Afrique subsaharienne recevaient des médicaments antirétroviraux, et la plupart des gens estimaient chimérique l'idée que l'on puisse réduire l'épidémie de sida.
Toutefois, comme l'a dit M. Dybul, on est bien sur la voie de la réalisation des objectifs quinquennaux ambitieux du PEPFAR qui consistent à fournir un traitement à 2 millions de personnes, à prévenir 7 millions de nouveaux cas de contamination et à prendre en charge 10 millions de séropositifs, de personnes atteintes du sida et d'orphelins du sida.
Pour donner une nouvelle ampleur à ces résultats, le gouvernement Bush a préconisé le doublement des crédits budgétaires de manière à les porter à 30 milliards de dollars, ainsi que de nouveaux objectifs plus ambitieux afin de prévenir 12 millions de nouveaux cas, de soigner 2,5 millions de personnes et de prendre en charge 12 millions de personnes, dont 5 millions d'orphelins et d'enfants en situation vulnérable.
C'est la prévention qui est le plus difficile dans la lutte contre le sida, car le VIH est surtout transmis lors de rapports sexuels, a indiqué M. Dybul. « Il est bien plus difficile, a-t-il dit, de changer le comportement d'une personne que de formuler la prescription idoine de médicaments antirétroviraux, de mettre en place un réseau médical ou de créer une vie meilleure pour les orphelins et les enfants en situation vulnérable. »
En Afrique du Sud, le PEPFAR a adopté les clubs Soul Buddyz que l'on a créés dans 2.400 écoles d'enseignement primaire afin d'informer les enfants au sujet de la santé et de leurs droits. On estime en effet qu'il est plus facile d'apprendre aux enfants à avoir un comportement sans risque que de changer le comportement dangereux des adultes.
Cette campagne d'information met en avant trois grands principes : s'abstenir d'avoir des rapports sexuels, être fidèle et employer correctement et régulièrement des préservatifs. En Ouganda, elle a permis de réduire fortement le taux de prévalence du VIH en le faisant passer de 18 % dans les années 1980 à 6,5 % à l'heure actuelle, a indiqué le docteur Alex Coutinho, qui est à la tête de TASO, le plus grand organisme d'Afrique en matière de traitement et de soins contre le VIH.
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)