25 octobre 2007

Le profile du terroriste suicidaire défie les stéréotypes classiques

De nombreux attaquants viennent de milieux éduqués de la classe moyenne.

 

(Nous donnons ci-dessous le second d'une série d'articles que nous consacrons au terrorisme suicidaire.)

Washington - Les candidats à l'attentat-suicide défient les stéréotypes. Ils sont jeunes ou d'âge moyen, (parfois même des enfants), mariés ou célibataires, hommes ou femmes, éduqués, et pas forcément religieux.

Selon une étude réalisée par le Dr Marc Sageman du cabinet d'experts-conseils Sageman Consulting du Maryland, les terroristes comme ceux qui ont attaqué les États-Unis en 2001 proviennent de la classe moyenne, et non des milieux pauvres comme on le pense souvent. « C'est vrai de la plupart des mouvements politiques, y compris des mouvances terroristes, et Al-Qaïda n'échappe pas à la règle », a-t-il écrit dans un article publié dans un récent numéro d'« eJournalUSA ».

M. Sageman, psychiatre-légiste et spécialiste du terrorisme, cite une étude dans laquelle il a examiné plus de 400 terroristes du Moyen-Orient, de l'Asie du Sud-Est, de l'Afrique du Nord et de l'Europe affiliés à Al-Qaïda. L'étude a révélé que seulement 13 % d'entre eux avaient fréquenté des madrassas, ces écoles coraniques souvent considérées comme des berceaux du terrorisme. M. Sageman affirme que la vaste majorité des terroristes qu'il a étudiés, soit près de 84 %, avaient été radicalisés en Occident et non dans leur pays d'origine.

Les recherches montrent également que pour nombre d'individus, la décision de devenir terroriste et de se radicaliser est personnelle. Ils suivent tout simplement des membres de leur famille ou des amis dans une organisation terroriste afin de perpétrer des attaques-suicides.

Des études réalisées à Harvard par la chercheuse Jessica Stern indiquent que de nombreux jeunes terroristes qui ont choisi de devenir des kamikazes se sont radicalisés à la suite d'un événement perçu comme humiliant, une thèse que soutient Scott Atran, directeur de recherches anthropologiques au Centre national de la recherche scientifique (CNRS, France), récemment invité à donner des cours à l'université du Michigan.

Dans un article publié dans le Washington Quarterly, M. Atran affirme qu'interpréter le thème de l'humiliation comme signifiant la façon dont les islamistes ont été traités par des forces étrangères était important pour comprendre leur rage. Les individus qui décident de commettre des attaques-suicides sont plus souvent influencés par des valeurs et un sentiment d'identification à un groupe terroriste que par des considérations de bien-être personnel.

« Les motivations des kamikazes ne sont pas très différentes de celles des autres types de terroristes. Parmi ces motivations on peut citer l'attachement à une cause, la recherche de notoriété, la colère et le désir de vengeance contre ce qui est ressenti comme une injustice », affirme Audrey Kurth Cronin, ancienne spécialiste du terrorisme au Service de recherche parlementaire de la Bibliothèque du Congrès des États-Unis.

Pour les terroristes suicidaires, l'acte de « martyre » offre une chance d'impressionner les autres et de laisser sa trace dans l'histoire. « Les attaquants suicidaires sont parfois des veuves ou des membres endeuillés d'une famille désireux de venger la mort violente d'un être cher. »

« L'attentat-suicide peut donner l'apparence d'un acte désespéré commis par un individu isolé, mais il n'est jamais entrepris seul », a affirmé Bruce Hoffman, professeur à l'école Edmund Walsh du service diplomatique de l'université de Georgetown, dans un article intitulé « The Logic of Suicide Terrorism » (La Logique du terrorisme suicidaire) publié dans le magazine Atlantic Monthly.

(Diffusé par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)

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