19 octobre 2007
Mme Johnson Sirleaf est l'invitée d'honneur à un dîner donné par Africare.
Mme Laura Bush, l'épouse du président Bush, a fait l'éloge de la présidente de la République du Liberia, Mme Ellen Johnson Sirleaf, lors d'un dîner donné par l'association Africare en son honneur le 18 octobre.
Africare avait organisé cette soirée pour saluer la première femme à accéder à la présidence d'un État africain, et d'une façon générale pour célébrer « l'émancipation des femmes dans toute l'Afrique ». Mme Johnson Sirleaf a reçu de cette organisation le « Prix de l'évêque John T. Walker pour services humanitaires distingués ».
« La présidente Johnson Sirleaf est la première femme à accéder à la présidence d'un État africain, et toutes les femmes du monde sont fières d'elle », a affirmé Mme Bush, qui a représenté les États-Unis lors de l'entrée en fonction de Mme Johnson Sirleaf en 2006.
La qualifiant de « l'une des dirigeantes les plus distinguées » du monde, Mme Bush a souligné notamment les efforts déployés par la présidente en vue de relever le Liberia des ravages causés par la guerre civile.
« Nous saluons les efforts que la présidente déploie en vue de rendre le gouvernement plus transparent et de renforcer les institutions démocratiques, a dit Mme Bush. En tant qu'ancienne enseignante, j'apprécie particulièrement l'engagement de la présidente Johnson Sirleaf en faveur d'une scolarité gratuite et obligatoire dans l'enseignement primaire. »
Le Liberia est l'un des six pays désignés pour la « voie rapide » qui leur permettra de bénéficier de la nouvelle « Initiative d'enseignement de base », dotée de 425 millions de dollars et qui est axée sur la formation des enseignants et sur l'alphabétisation. Depuis la fin de la guerre civile libérienne, l'aide humanitaire et en matière de développement et de sécurité des États-Unis au Liberia a dépassé 650 millions de dollars.
Evoquant la « relation spéciale et étroite » qui existe entre le Liberia et les États-Unis, Mme Bush a déclaré que « le peuple des États-Unis se tient encore aux côtés de la présidente Johnson Sirleaf et du peuple libérien à mesure qu'ils reconstruisent leur nation.
Organisation sans but lucratif, Africare se voue depuis plus de trente-cinq ans à l'aide au développement en Afrique (voir son site d'Internet www.africare.org).
On trouvera ci-après le texte de l'allocution de Mme Bush.
(Début du texte)
Allocution de Mme Laura Bush en hommage à son Excellence Mme Ellen Johnson Sirleaf à l'occasion du dîner donné par Africare
18 octobre 2007
Votre Excellence, Mme Ellen Johnson Sirleaf, présidente de la République du Liberia, c'est pour nous une occasion merveilleuse de vous accueillir parmi nous ce soir. Je suis ravie de vous voir et je voudrais vous souhaiter, à vous et aux membres de votre famille, qui sont tous ici, une bienvenue chaleureuse à Washington.
Je tiens aussi à noter la présence du président d'Africare Julius Coles, de l'administratrice par intérim de l'USAID Henrietta Fore, de l'ambassadeur Mark Dybul, notre coordonnateur mondial pour la lutte contre le sida, et de l'ambassadrice Jendayi Frazer, la secrétaire d'État adjointe aux affaires africaines.
Membres du corps diplomatique, membres du Congrès et invités distingués, depuis 25 ans, Africare s'est employé à améliorer les conditions de vie de millions de personnes à travers le continent africain. Les programmes d'Africare procurent des secours d'urgence et de l'eau potable. Ils nourrissent les affamés. Ils nettoient le milieu ambiant. Ils appuient l'alphabétisation, le développement des institutions civiles et la bonne gouvernance. Depuis 1970, Africare a apporté à trente-six pays d'Afrique une aide qui dépasse 675 millions de dollars.
Africare est l'une de plusieurs organisations d'aide d'urgence qui composent le consortium RAPIDS. RAPIDS s'attaque à l'une des crises humanitaires les plus terribles de tous les temps, l'épidémie de sida. J'ai observé de mes propres yeux les bienfaits de son travail en Zambie, à la Mututa Memorial Clinic. Grâce à l'appui de RAPIDS et du Plan présidentiel d'aide d'urgence à la lutte contre le sida (PEPFAR), cette clinique aide les Zambiens séropositifs à mener une vie normale.
De plus, Africare s'emploie à promouvoir la condition des femmes et des filles. Ce soir, cette organisation fait avancer cet objectif en honorant une Africaine exceptionnelle, un exemple pour toutes les filles du monde : la présidente Ellen Johnson Sirleaf.
Mme Johnson Sirleaf est l'une des dirigeantes les plus distinguées de notre époque. Économiste respectée, responsable accomplie au service de son pays, c'est aussi une femme remarquable. Que ce soit en sa qualité de ministre au sein du cabinet libérien dans les années 1970, de haute administratrice à l'ONU dans les années 1990 ou, à présent, de présidente de son pays, Ellen Johnson Sirleaf a toujours manifesté un dévouement profond à sa nation.
Son dévouement n'a d'ailleurs jamais diminué, même face à la persécution. Lorsqu'elle s'est élevée contre le régime militaire de Samuel Doe, Mme Johnson Sirleaf a été emprisonnée et elle a finalement dû s'enfuir de son pays. Pendant toutes ses années d'exil, elle n'a jamais perdu son amour pour la liberté, ni sa détermination à rétablir la démocratie au Liberia.
Je viens tout juste d'assister à l'inauguration de l'exposition au Musée national de l'histoire et de la culture afro-américaines intitulée « Que votre mot d'ordre soit la résistance ». Le titre de cette exposition photographique vient d'un discours que prononça un pasteur abolitionniste qui se nommait Henry Highland Garnet, dont le portrait fait partie de l'exposition. C'est lui qui milita en faveur de l'idée du Liberia : d'une nation africaine où les anciens esclaves pourraient vivre en liberté. Il fut par la suite nommé « ministre résident » auprès de la République du Liberia.
Avant de quitter les États-Unis, Garnet fit une prière : « Plaise à Dieu que je puisse seulement traverser l'océan sans encombre, débarquer sur la côte d'Afrique, contempler ses champs verdoyants, fouler le sol de mes ancêtres, y vivre ne serait-ce que quelques semaines ; alors, je serai heureux d'y reposer en paix, et d'être enterré sous sa verdure. » Peu après son arrivée à Monrovia, Garnet mourut. Le gouvernement libérien lui accorda des funérailles nationales.
L'histoire de Henry Highland Garnet illustre la relation tout à fait spéciale et étroite qui existe entre le Liberia et les États-Unis. Le Liberia connut une longue période d'épanouissement qui en fit l'un des modèles de l'Afrique, avant sa guerre civile longue et dévastatrice. Pendant cette guerre, les États-Unis furent l'un des rares pays à y maintenir une présence diplomatique, car ils désiraient aider les Libériens à renouer avec leurs idéaux démocratiques.
Aujourd'hui le peuple des États-Unis se tient encore aux côtés de la présidente Johnson Sirleaf et du peuple libérien à mesure qu'ils reconstruisent leur nation. Nous saluons les efforts que la présidente déploie en vue de rendre le gouvernement plus transparent et de renforcer les institutions démocratiques. En tant qu'ancienne enseignante, j'apprécie particulièrement l'engagement de la présidente Johnson Sirleaf en faveur d'une scolarité gratuite et obligatoire dans l'enseignement primaire. Il en a résulté une augmentation extraordinaire du taux de scolarité, en particulier chez les filles.
La présidente Johnson Sirleaf a travaillé à obtenir l'approbation de son plan éducatif par le programme Education For All Fast Track (Voie rapide à l'éducation universelle). Dans le cadre de ce plan, davantage d'élèves recevront des fournitures scolaires de base telles qu'un pupitre, une chaise et des manuels. Les enseignants apprendront à se servir des outils pédagogiques les plus modernes. À l'heure actuelle, 26 % des écoles du Liberia ont accès à de l'eau potable, et la présidente Johnson Sirleaf veut que ce chiffre atteigne 60 % d'ici à 2010.
Ce sont des objectifs ambitieux, et les États-Unis sont fiers de seconder la présidente Johnson Sirleaf dans ses efforts. Le mois dernier, j'ai annoncé que les États-Unis allaient collaborer avec le Liberia dans le cadre de la nouvelle Initiative d'enseignement de base de notre gouvernement. Le Liberia est l'un des six pays désignés pour la « Voie rapide » qui recevront 425 millions de dollars pour former les enseignants et améliorer l'alphabétisation. L'objectif de cette initiative est de toucher quatre millions d'enfants au cours des cinq prochaines années et de soutenir les pays qui ont fait de l'éducation l'une de leurs priorités : des pays comme le Liberia.
Depuis la fin de la guerre civile au Liberia, les États-Unis ont affecté plus de 650 millions de dollars à l'aide humanitaire, au développement et en matière de sécurité. Nous aidons à recruter, à former et à équiper les forces de sécurité libériennes. Nous œuvrons de concert avec les pouvoirs publics libériens pour créer un appareil judiciaire qui dispense le droit et la justice. Les exploitations agricoles et les forêts du Liberia font vivre 70 % de la population ; c'est pourquoi les États-Unis soutiennent l'objectif de la présidente Johnson Sirleaf visant à promouvoir une gestion réfléchie des ressources naturelles du pays et à élargir l'accès de ses agriculteurs aux marchés mondiaux.
La présidente Johnson Sirleaf travaille aussi à reconstruire une infrastructure médicale qui a subi des années de négligence. Les États-Unis se sont associés à son gouvernement afin d'améliorer les établissements sanitaires et d'assurer des soins préventifs dans les collectivités rurales. L'année prochaine, le Liberia recevra 1 million de dollars du Plan d'aide d'urgence à la lutte contre le sida. Le Liberia est également un pays désigné comme devant bénéficier de l'Initiative présidentielle de lutte contre le paludisme, un programme de 1,2 milliard de dollars visant à réduire de plus de moitié les décès dus au paludisme dans 15 pays au cours des 5 prochaines années.
Beaucoup d'Américains veulent, eux aussi, aider le Liberia par leurs œuvres caritatives et au sein de leurs congrégations et organisations confessionnelles. Les Libériens ont besoin de livres et de fournitures scolaires, d'équipement médical, de vêtements, de vivres et de produits agricoles de base. Les Américains peuvent leur fournir toutes ces ressources par le biais des œuvres qui travaillent au Liberia dans le cadre de l'éducation, de l'aide médicale et de l'agriculture. Les citoyens intéressés peuvent appuyer le travail humanitaire de leur congrégation confessionnelle en leur apportant des dons, en travaillant bénévolement ou en partant en mission au Liberia.
L'an dernier, j'ai fait la connaissance d'une jeune institutrice de l'Indiana qui s'appelle Carrie Cannon. Lorsque Carrie et son mari ont appris qu'ils ne pourraient pas avoir d'enfants, ils ont décidé d'en adopter. Trois beaux enfants ont répondu à leurs prières : Abraham âgé de 5 ans, Alexa qui a 3 ans, et la petite Addison, tous venus de la même famille libérienne.
Pendant que Carrie et Adam attendaient que le processus d'adoption suive son cours, ils ont pu faire connaissance avec leurs enfants, au moyen de photographies et de lettres. Par ces lettres et photos, ils ont également pris conscience des besoins profonds du peuple libérien. Carrie voulait rendre quelque chose au pays qui lui offrait une famille. En tant qu'enseignante, elle savait que la construction de la première bibliothèque du Liberia constituerait un excellent point de départ.
À son école, Carrie a organisé une collecte de livres visant à obtenir 10.000 livres. Cette campagne s'est vite propagée à deux autres écoles. Les élèves sont passés dans leur quartier pour inviter leurs voisins à participer à ces dons. Des associations et des entreprises locales ont donné un coup de main, si bien qu'à la fin, le projet de Carrie avait abouti à la collecte de plus de 65.000 livres pour le peuple libérien.
Carrie espère que d'autres collectivités lanceront des projets semblables, mais il y en a un dont elle rêve particulièrement. Un jour, lorsque Abraham, Alexa et Addison seront plus grands, Carrie voudrait qu'ils rencontrent l'une de ses héroïnes personnelles : la présidente Johnson Sirleaf.
J'ai eu le privilège de représenter les États-Unis à la cérémonie de prise de fonctions de la présidente Johnson Sirleaf. Durant cette cérémonie à Monrovia, la présidente a prononcé un discours émouvant qui s'adressait directement aux femmes du Liberia, de l'Afrique et du monde. La présidente Johnson Sirleaf est la première femme à accéder à la présidence d'un État africain, et toutes les femmes du monde sont fières d'elle.
Nous aussi, nous avons des raisons d'être fiers d'elle : elle se trouve dans la situation qui est la sienne aujourd'hui en raison de son dur labeur, de sa croyance en la démocratie et de sa foi dans le pouvoir de l'éducation. Elle est un modèle pour toute personne qui croit en une société libre. Madame la Présidente, toutes nos félicitations pour ce prix bien mérité.
Et j'adresse des remerciements spéciaux à Africare pour cet hommage rendu à la présidente Johnson Sirleaf ainsi qu'au travail admirable que fait cette organisation pour améliorer les conditions de vie des hommes, des femmes et des enfants du continent africain tout entier.
Je vous remercie.
(Fin du texte)
(Diffusé par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)