10 octobre 2007
Résumé des propos d'un imam
Washington - L'image que l'on se fait à l'étranger de la vie américaine diffère de l'expérience vécue par les musulmans aux États-Unis, affirme l'imam Mohamad Bashar Arafat.
Les visiteurs étrangers qui entrent en contact avec des Américains constatent en effet qu'il existe un grand respect pour l'islam et les pratiques musulmanes, a affirmé M. Arafat lors d'une discussion en ligne organisée le 5 octobre par l'USINFO.
C'est particulièrement vrai durant le ramadan, le saint mois de jeûne et de réflexion, durant lequel de nombreuses communautés musulmanes des États-Unis ouvrent les portes de leurs foyers et de leurs mosquées à des voisins qu'ils invitent à participer à des dîners de rupture du jeûne quotidien (iftar), pendant que des centres œcuméniques, des églises et des synagogues coparrainent des œuvres caritatives avec des organisations musulmanes. Le président Bush lui-même organise des dîners de rupture du jeûne auxquels sont invités d'éminents musulmans et de simples citoyens américains.
Durant le mois de ramadan, qui cette année s'achèvera le 12 ou le 13 octobre, en fonction de la lune, les musulmans s'abstiennent de manger et de boire durant la journée et rompent le jeûne après le coucher du soleil.
Aux États-Unis, a affirmé M. Arafat, les mosquées et les centres islamiques profitent du ramadan pour tendre la main à leurs concitoyens américains et tisser des liens avec l'ensemble de la société.
« Il est merveilleux de voir la force des liens sociaux et familiaux, ainsi que la générosité et la détermination qui poussent les gens, durant le ramadan, à collecter des vivres, à faire des dons, à parrainer des orphelins et à intensifier leur participation à l'action caritative collective. »
Dans les pays à majorité musulmane, les restaurants sont fermés durant le ramadan et les gens évitent de manger dans la rue, a précisé M. Arafat.
Mais aux États-Unis, la vie continue normalement. S'il est parfois difficile de faire le ramadan dans un pays comptant 300 millions d'habitants dont seulement quelques millions sont musulmans, il n'existe aucune loi empêchant les gens de pratiquer leur religion.
« Les musulmans sont libres de pratiquer leur religion en Amérique », a dit M. Arafat. Certains musulmans rencontrent des difficultés du fait de leurs horaires ou de leur profession, mais la plupart des employeurs sont accommodants. De nombreuses entreprises ajustent les horaires et les heures de déjeuner, et permettent aux employés de prendre des vacances, tout particulièrement durant les dix derniers jours du ramadan.
Les jeunes enfants ne sont pas tenus de jeûner durant le ramadan, mais « en Amérique, les jeunes musulmans sont fiers de le faire ».
Parfois, les élèves des écoles publiques apportent des dattes pour offrir à leurs camarades. Les dattes sont en effet traditionnellement la première nourriture que les musulmans absorbent lorsqu'ils rompent le jeûne en fin de journée. Les enfants musulmans font souvent des exposés sur le ramadan dans leur classe, et certains parents musulmans autorisent leurs enfants à inviter des copains musulmans et non musulmans à des dîners de rupture du jeûne.
De nombreuses écoles américaines autorisent les élèves qui font le ramadan à passer l'heure du déjeuner à la bibliothèque ou dans une salle d'étude, et certains établissements autorisent les élèves à prendre une journée de congé lors de la fête marquant la fin du ramadan (Eid al-Fitr).
Dans les universités, les étudiants qui font le ramadan loin de leur famille pour la première fois reçoivent souvent un appui d'associations d'étudiants musulmans et d'imams du campus universitaire.
Ainsi, M. Arafat a été pendant dix ans l'imam pour l'association des étudiants musulmans de l'université Johns Hopkins à Baltimore, où il a constaté chaque année une augmentation des activités œcuméniques durant le ramadan.
Il a précisé qu'aux États-Unis, les femmes étaient libres de porter le voile islamique, la liberté d'expression étant garantie par la Constitution. En outre, en tant qu'enseignantes, docteurs, ingénieurs, chefs d'entreprises et mères, les musulmanes sont libres d'exploiter les talents qu'elles ont reçus d'Allah, a-t-il précisé.
« L'Amérique a une société dans laquelle les femmes ne sont pas réprimées. »
M. Arafat est président du Conseil des affaires islamiques du Maryland et fondateur et président de la Fondation pour les échanges et la coopération entre les civilisations.
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)