01 octobre 2007

La Déclaration universelle de l'ONU appuie la cause des manifestants birmans

Adoptée en 1948, la Déclaration des droits de l'homme incarne des principes aujourd'hui reconnus dans le monde entier.

 
Bush à l'ONU
Le président Bush à la tribune de l'Assemblée générale des Nations unies le 25 septembre 2007. (© AP Images)

Washington - Lorsque, le 25 septembre 2007, le président Bush est monté à la tribune de l'Assemblée générale des Nations unies pour dénoncer la répression de la liberté d'expression, de réunion et de culte en Birmanie ainsi que la persécution de nombreux opposants à la junte militaire au pouvoir, il s'est appuyé très largement, pour justifier son indignation, sur la Déclaration universelle des droits de l'homme dont il s'agissait, selon lui, d'honorer et d'appliquer les dispositions en tout temps et en tout lieu.

Selon M. Bush, en effet, tout État membre des Nations unies se doit de défendre la Déclaration universelle des droits de l'homme en participant à la « mission de libération » visant à « affranchir les peuples de la tyrannie et de la violence, de la faim et de la maladie, de l'analphabétisme et de l'ignorance, de la pauvreté et du désespoir ».

Depuis qu'il a prononcé ces paroles, les autorités birmanes ont déclenché une lourde campagne de répression violente visant à mater le mouvement démocratique le plus vaste que le pays ait vu depuis vingt ans, à coups de gourdins et d'arrestations, et en coupant les liaisons téléphoniques et les communications par l'Internet.

M. Bush avait notamment cité, dans son allocution, l'Article premier de la Déclaration universelle, à savoir que « tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits » pour étayer son argument selon lequel « tout pays civilisé a aussi l'obligation de défendre les personnes qui subissent une dictature ».

Alors que les citoyens américains ont toujours pu invoquer les documents fondateurs des États-Unis, tels que la Déclaration d'indépendance de 1776 et la Déclaration des droits de 1791, pour exiger que leur gouvernement défende leurs droits, la Déclaration universelle de l'ONU est un document auquel tout peuple peut recourir lorsque l'autorité établie contrevient aux droits qui y sont énoncés.

Ce document affirme, dans son préambule, qu'il est « essentiel que les droits de l'homme soient protégés par un régime de droit pour que l'homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l'oppression », et que ses dispositions constituent « l'idéal commun à atteindre par tous les peuples et toutes les nations ».

À la différence du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (adopté par l'Assemblée générale en 1966 et entré en vigueur en 1976) et du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (adopté par l'Assemblée générale en 1966 et entré en vigueur en 1975), la Déclaration universelle des droits de l'homme n'est pas un traité et, par conséquent, n'a pas force exécutoire. Il n'en représente pas moins un ensemble de normes accepté par la communauté internationale, ainsi que l'explique le spécialiste australien des droits de l'homme Peter Bailey.

« Quand des États comme la Birmanie, l'Argentine, la Chine et l'ex-Yougoslavie se sentent obligés de se défendre lorsqu'on les accuse d'avoir enfreint la déclaration, on peut dire que cette dernière a acquis ses lettres de noblesse en tant que document politique et moral de la plus haute importance », a déclaré M. Bailey dans un article paru dans un site Internet.

Chaque année, on célèbre le 10 décembre, date anniversaire de l'adoption de la Déclaration universelle des droits de l'homme, en tant que Journée des droits de l'homme, à laquelle participent la communauté internationale, des associations civiques et des groupes d'opposants dans le monde entier.

Lorsqu'elle a observé secrètement cette journée en 2006, l'Association birmane des défendeurs et promoteurs des droits de l'homme a déclaré, dans un message diffusé à ses partisans à l'étranger, qu'elle « espérait le mieux et se préparait au pire ».

« Nous osons affronter les pires dangers pour la cause des droits de l'homme. C'est pourquoi nous avons besoin de la reconnaissance de la communauté internationale, et surtout de celle des Nations unies », a affirmé le groupe.

Cet appel à l'aide de l'opposition en Birmanie n'était pas le premier. En 1997, dans un discours qu'on a réussi à faire sortir secrètement du pays, Aung San Suu Kyi, lauréate du prix Nobel de la paix et chef du parti de la Ligue nationale pour la démocratie, a exhorté les peuples des sociétés libres et jouissant de la plénitude de leurs droits politiques à « mettre leur liberté au service de la nôtre », affirmant que « l'aspiration profonde de l'homme à donner un sens à son existence » était un sentiment que partageait « toute personne empreinte de raison et de sensibilité ».

Les nouvelles sanctions annoncées le 27 septembre par le gouvernement Bush contre la junte militaire au pouvoir en Birmanie visent à montrer que les États-Unis « ne resteront pas inactifs alors que ce régime tente d'étouffer la voix du peuple birman par la répression et l'intimidation », a déclaré un haut responsable américain.

(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)

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