29 novembre 2007

L'amélioration du Réseau mondial de surveillance de la grippe

Tel était l'objectif d'une réunion qui s'est récemment tenue à Genève.

 
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Zone de restriction à Suffolk
Rassemblement d'oies dans un pré aux alentours d'une zone de restriction à Suffolk (Royaume-Uni). (© AP Images)

Washington - Le renforcement des méthodes d'échange de prélèvements de virus potentiellement pandémiques et l'accroissement de l'accès des pays en développement aux vaccins qui en résultent étaient les sujets d'une réunion internationale convoquée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) du 20 au 23 novembre à Genève.

Cette réunion a attiré près de 300 participants, dont 100 délégations d'États membres, des représentants d'organisations internationales et des spécialistes. Ils se sont mis d'accord pour envoyer leurs prélèvements à l'OMS en attendant qu'un cadre détaillé d'échange de prélèvements et de compensation soit mis en place.

La question de la compensation des pays en développement a pris de l'importance en janvier dernier lorsque l'Indonésie a annoncé qu'elle cesserait d’envoyer des prélèvements du virus de la grippe aviaire à l'OMS parce qu'il était injuste que les pays riches se servent de ces prélèvements pour mettre au point des vaccins que les pays pauvres n’avaient pas les moyens d’acheter.

L'Indonésie a pourtant envoyé trois prélèvements au Centre de collaboration de l'OMS situé à Tokyo en mai dernier, et trois autres au Centre de collaboration de l'OMS situé au Centre d'épidémiologie des États-Unis en août dernier. La présence du H5N1 a été confirmée dans tous les prélèvements, et on a réussi à l'isoler dans au moins un d'entre eux.

Surveillance mondiale de la grippe

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L'hôpital Sanglah (Indonésie)
Le parenté d'un homme soupçonné d'être atteint de la grippe avaire à l'hôpital Sanglah (Indonésie). (© AP Images)

« Le monde a besoin que le Réseau mondial de surveillance de la grippe, mis en place par l'OMS, soit fiable et efficace pour échanger des prélèvements des virus de la grippe humaine saisonnière et pandémique, analyser et surveiller la menace, entreprendre des recherches supplémentaires et produire des vaccins », a déclaré M. John Lange, représentant spécial du département d'État pour la grippe aviaire et pandémique, lors d'un entretien accordé à l'USINFO durant la réunion.

Créé en 1952, ce réseau est un mécanisme mondial d'alerte à la grippe saisonnière et à la propagation de virus ayant un potentiel pandémique. Ses composants essentiels sont des centres nationaux contre la grippe, qui font des prélèvements sur des patients présentant des symptômes grippaux, prélèvements qui sont ensuite envoyés aux centres de coopération de l'OMS aux fins d'analyses génétiques.

Les vaccins contre la grippe doivent en effet être souvent modifiés parce que les virus de la grippe évoluent constamment. Seul un vaccin dont les souches de virus correspondent aux virus en circulation peut protéger efficacement les populations de la maladie et de la mort. Depuis 2003, quelque 335 personnes dans le monde ont été infectées par le virus H5N1 de la grippe aviaire, et 206 y ont succombé.

Le premier réseau de surveillance de la grippe a été établi en 1947, soit un an avant que l'OMS ne soit pleinement opérationnelle. À l'époque, la veille sanitaire se justifiait par trois impératifs de santé publique: le succès de la vaccination contre la grippe dépendait de la connaissance des virus en circulation, la vigilance continue était nécessaire afin de détecter le plus rapidement possible de nouvelles souches potentiellement dangereuses du virus, et les rapports épidémiologiques ne pouvaient être interprétés correctement que par des études en laboratoire.

Selon la directrice générale de l'OMS, Mme Margaret Chan, ces impératifs sont toujours aussi importants.

« La situation actuelle nous donne l'occasion d'étudier la façon dont un système de surveillance, établi en 1947, fonctionne. Certaines faiblesses ont été détectées. »

On ne peut pas permettre que ces faiblesses « compromettent la mise en œuvre de la Réglementation sanitaire internationale ou qu’elles diminuent l'importance des obligations ainsi contractées par les États membres au nom de la santé publique mondiale », a-t-elle dit le 20 novembre.

En mai dernier, l'Assemblée de l'OMS a en effet adopté la résolution 60.28 qui définit une série de mesures visant à s'assurer que les pays reçoivent les avantages qu'ils escomptent tirer de l'échange de prélèvements.

(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)

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