28 novembre 2007
Les pourparlers entre Israéliens et Palestiniens se poursuivront en décembre.

Washington - Le temps de la création d'un État palestinien et de l'instauration de la paix au Proche-Orient est venu, mais les Israéliens et les Palestiniens auront besoin de l'aide de la communauté internationale, a dit le président Bush aux représentants des quelque 50 pays et organisations internationales qui participaient à la conférence d'une journée organisée à Annapolis (Maryland), le 27 novembre.
« Le moment est bien choisi. La cause est juste. Et si nous ne ménageons pas nos efforts, je sais que nous pouvons réussir », a déclaré le président Bush à l'issue d'un entretien commun avec le président palestinien Mahmoud Abbas et le premier ministre israélien Ehoud Olmert.
À la suite de cet entretien, d'ailleurs, les deux hommes ont publié une déclaration commune dans laquelle ils promettent de discuter continuellement jusqu'à ce que les dossiers en suspens soient réglés, ce qui pourrait aboutir à la signature d'un traité de paix en 2008.
Aujourd'hui, les Palestiniens et les Israéliens comprennent qu'ils doivent s'entraider s'ils veulent réaliser leurs aspirations, a dit M. Bush, et le succès nécessitera la création d'une Palestine indépendante et démocratique, la pièce maîtresse de la « solution à deux États » préconisée par M. Bush.
Un comité directeur israélo-palestinien supervisant les négociations tiendra sa première réunion le 12 décembre. Ensuite, le 17 décembre, se tiendra à Paris une conférence des donateurs organisée par le Quatuor pour la paix au Proche-Orient, à savoir les Nations unies, l'Union européenne, la Russie et les États-Unis.
« Notre rôle est d'encourager les parties et de leur donner le soutien dont elles ont besoin », a dit M. Bush, appelant les participants à la conférence, notamment les 16 pays arabes présents, à soutenir M. Abbas et son premier ministre, Salam Fayyad, dans les démarches qu'ils entreprennent pour créer les institutions du futur État palestinien.
MM. Abbas et Olmert ont promis de tenir les engagements qu'ils ont pris en vertu de la « Feuille de route » énoncée par le Quatuor. Il s'agit d'un plan global visant à régler les questions politiques, économiques, sécuritaires et humanitaires qui sous-tendent le conflit israélo-palestinien, les États-Unis servant de modérateur et de juge au fur et à mesure de la mise en place de l'accord par les parties.
M. Bush a fait l'éloge des deux dirigeants, affirmant que c'était leur foi en la nécessité de la paix qui avait rendu possible la conférence d'Annapolis.
« Le président Abbas comprend qu'un État palestinien ne saurait naître de la terreur, et que le terrorisme est l'ennemi qui entrave la création de cet État », a dit le président Bush. « Le premier ministre Olmert a exprimé sa compréhension des souffrances et des outrages ressentis par le peuple palestinien. Il a dit clairement que l'établissement d'un État palestinien responsable et démocratique renforcerait la sécurité d'Israël. »
Selon lui, la participation de la communauté internationale à la conférence d'Annapolis montre que celle-ci non seulement soutient la paix, mais s'inquiète de la montée de l'extrémisme dans la région.
« Les extrémistes cherchent à imposer une sombre vision au peuple palestinien, une vision qui se nourrit du sentiment d'impuissance et du désespoir pour semer le chaos en Terre sainte. Si cette vision prévalait, l'avenir de la région serait marqué par un terrorisme incessant, une guerre sans fin et de perpétuelles souffrances. »
M. Bush a ensuite promis de soutenir les efforts israélo-palestiniens aussi longtemps qu'il serait à la Maison-Blanche, et exhorté les négociateurs à faire preuve de patience et de souplesse, appelant les dirigeants palestiniens à lutter contre la corruption et à démanteler les réseaux terroristes, et les Israéliens à rechercher un accord négocié, à éliminer les colonies sauvages, à mettre fin à l'expansion des colonies et à soutenir la croissance d'un État palestinien.
« L'issue des négociations qu'ils lancent aujourd'hui dépendra des Israéliens et des Palestiniens », a affirmé M. Bush.
MM. Abbas et Olmert s'engagent à œuvrer pour la paix
Lors d'une allocution à la conférence, M. Abbas a affirmé que la paix était possible, mais qu'elle nécessiterait des efforts concertés et intensifs pour régler les questions les plus épineuses au centre du conflit, notamment les frontières, le droit de retour de millions de réfugiés palestiniens, le statut de Jérusalem et les droits relatifs à l'eau.
M. Olmert a promis que malgré les déceptions diplomatiques passées et les menaces qui continuaient de peser sur sa sécurité, Israël était prêt.
« Les négociations permettront d'aborder tous les sujets que nous avons jusque-là évités. Nous discuterons directement, ouvertement et courageusement. Nous n'éviterons aucun sujet. »
M. Abbas a qualifié M. Olmert de partenaire de la paix et cité à l'intention des Israéliens les propos de l'ancien président John Kennedy : « Il ne faut jamais négocier parce qu'on a peur, mais il ne faut jamais avoir peur de négocier. »
« Je crois qu'il n'existe pas d'autre issue que celle de la paix, a dit M. Olmert. Je crois qu'il n'existe aucune solution juste en dehors de celle de deux États pour deux peuples. Je crois également qu'il n'existe aucune voie qui soit dépourvue de compromis douloureux. »
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)