20 novembre 2007

Les étudiants profitent de l'internationalisation des campus américains

L'exemple de deux universités au Delaware et en Virginie

 
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La Semaine internationale à l'université George Mason
Défilé de drapeaux lors de la Semaine internationale à l'université George Mason en Virginie. (Photo © université George Mason)

Washington - De plus en plus les universités américaines cherchent à internationaliser leur campus en accueillant un plus grand nombre d'étudiants étrangers et en collaborant avec des universités d'autres pays pour l'organisation de programmes d'études à l'étranger.

La secrétaire d'État adjointe à la diplomatie publique, Mme Karen Hughes, a déclaré récemment au sujet d'un rapport sur les étudiants étrangers et sur les Américains qui étudient à l'étranger : « Les États-Unis font bon accueil aux étudiants étrangers, et nous tenons à ce que les étudiants américains regardent au-delà de leur horizon familier (…) Ces échanges de talents et de connaissances sont bons aussi bien pour les étudiants que pour les relations entre les pays. »

Cette année, les services consulaires du département d'État ont délivré plus de 600.000 visas à des étudiants et à des universitaires, ce qui constitue un chiffre record.

Il n'existe pas de plan unique d'internationalisation, étant donné la taille et la diversité des quelque 4.200 établissements publics et privés d'enseignement supérieur des États-Unis qui accueillent près de 14 millions d'étudiants. Toutefois, des thèmes communs apparaissent lorsqu'on considère les deux universités, l'université George Mason et l'université du Delaware, qui ont remporté, l'une en 2006 et l'autre en 2007, le prix Andrew Heiskell pour l'innovation en matière d'éducation internationale. L'Institut international de l'éducation (IIE) leur a décerné ce prix dans la catégorie de l'internationalisation des campus.

« Nous considérons que la sensibilisation au monde constitue une condition fondamentale de la qualité de l'enseignement au XXIe siècle et nous faisons tout notre possible pour améliorer nos résultats dans ce domaine », a déclaré à l'USINFO le vice-président de l'université George Mason, M. Peter Stearns.

Cette université a quatre campus en Virginie et un à l'étranger, à Ras Al-Khaimah dans les Émirats arabes unis. Elle compte 30.000 étudiants, dont quelque 18.000 étudiants de premier cycle et 12.000 des deuxième et troisième cycles. Les étudiants étrangers constituent environ 6 % de l'ensemble des étudiants et sont originaires de 127 pays.

« Tout le monde profite de ces initiatives internationales, et en particulier nos étudiants », a dit la directrice du Centre des études internationales de l'université du Delaware, Mme Lesa Griffiths. Cette université compte plus de 1.400 étudiants étrangers parmi ses quelque 16.000 étudiants de premier cycle. Elle cherche à faire comprendre aux étudiants les mutations qui touchent notre monde dans les domaines économique, politique et culturel afin qu'ils puissent « participer activement à la société mondiale et y contribuer », a-t-elle indiqué

L'internationalisation des campus attire les étudiants

Selon M. Stearns, l'internationalisation est mutuellement avantageuse, et la réciprocité est importante. « Nous ne tenons pas à paraître vouloir exporter nos connaissances à l'étranger comme si nous voulions sauver le monde en quelque sorte. Nous sommes désireux d'entrer en rapport avec des étudiants étrangers et de collaborer avec des établissements étrangers de sorte que les avantages soient mutuels. »

Dima Qassim et Lukman Arsalan
Les étudiants jordaniens Dima Qassim et Lukman Arsalan à l'université du Delaware à Newark. (Photo © université du Delaware)

Le corps des étudiants de l'université George Mason, a-t-il dit, est devenu plus divers depuis qu'elle a commencé en 2000 à faire des efforts concertés pour attirer des étudiants étrangers. Cette diversité et la qualité des études offertes sont devenues des raisons pour lesquelles des étudiants choisissent de s'inscrire à cette université. Selon divers sondages, ses étudiants sont bien plus conscients des questions internationales que la moyenne des autres étudiants et ils s'intéressent aux affaires mondiales.

En 2003, l'université George Mason a élevé les affaires mondiales en matière principale d'étude. Au début seulement 4 étudiants ont choisi cette matière, puis 250 en 2005 et quelque 470 cette année. « Nous en sommes très heureux (…) car cette matière exige l'apprentissage d'une langue étrangère (…) Elle attire de nombreux étudiants qui pourront ensuite poursuivre une carrière dans le domaine international, notamment dans des organisations non gouvernementales, dans la fonction publique ou dans des sociétés internationales. »

Par ailleurs, l'université a décidé d'exiger que tous les étudiants qui suivaient un programme de formation générale prennent au moins un cours dans la catégorie des affaires mondiales.

Le nombre de ses étudiants de premier cycle qui participent à des programmes d'études à l'étranger augmente assez régulièrement et est actuellement de 1.100, soit environ 5 % de tous les étudiants de premier cycle. Selon les estimations de l'IIE, le pourcentage national d'étudiants américains qui font des études à l'étranger atteint 1,4 %.

L'université George Washington s'emploie à faire participer ses étudiants étrangers à la vie du campus, en organisant notamment, tous les ans, un festival international d'une durée de sept jours pendant lequel des étudiants étrangers présentent des programmes à tous les étudiants. En outre, les étudiants étrangers logent dans des locaux où logent également des étudiants américains.

L'université du Delaware est à l'origine des programmes d'études à l'étranger

Quelque 41 % des 16.000 étudiants de premier cycle de l'université du Delaware font des études à l'étranger. C'est en 1921 que le professeur de français Raymond Kirkbride a proposé le premier programme américain d'études à l'étranger après avoir été soldat en France pendant la Première Guerre mondiale. Les huit premiers étudiants sont partis à bord du paquebot Rochambeau le 7 juillet 1923.

L'université du Delaware compte toute une variété de programmes d'études à l'étranger qui s'adressent aussi bien aux étudiants de première année qu'aux autres, et la participation à ces programmes a augmenté de 70 % au cours des cinq dernières années, a indiqué Mme Griffiths. Son diplôme de premier cycle en matière d'études internationales de gestion des entreprises exige que les étudiants suivent 5 cours d'un niveau avancé dans une langue étrangère et qu'ils fassent des études pendant un semestre dans un pays où l'on parle cette langue.

Sur son campus principal à Newark (Delaware), l'université invite des personnalités à donner des conférences sur les événements dans le monde et sur des questions d'ordre mondial. Près de 60 professeurs ont assisté à un atelier destiné à leur faire connaître de nouvelles méthodes pédagogiques en vue de l'incorporation de thèmes internationaux dans leurs cours et ils ont reçu une dotation à cet effet.

L'université du Delaware collabore avec près de 90 universités à travers le monde, a précisé Mme Griffiths. Un exemple de cette collaboration est le partenariat qu'elle a établi avec l'université Babes Bolyai en Roumanie et dans le cadre duquel elle fournit une assistance technique à des scientifiques et à de hauts fonctionnaires roumains relativement à la coordination de la lutte contre la grippe aviaire. Ce partenariat a permis l'échange de scientifiques, de vétérinaires et d'étudiants de deuxième cycle, a-t-elle dit en ajoutant : « Nous espérons poursuivre cette collaboration et apprendre mutuellement les uns des autres. »

Aussi bien à l'université George Mason qu'à l'université du Delaware, les étudiants s'intéressent de plus en plus aux langues non occidentales, ce qui a incité ces deux universités à commencer d'enseigner le chinois, le japonais et l'arabe ou d'accroître le nombre de professeurs enseignant ces langues. L'université George Mason a ajouté le coréen cette année et compte enseigner le persan en 2008. Par ailleurs, le nombre d'étudiants qui apprennent l'espagnol a fortement augmenté dans ces deux universités.

(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)

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