07 novembre 2007
Les candidats à la présidence les plus populaires proposent des façons d'améliorer le dispositif en vigueur.
Washington - Lorsqu'on demande aux électeurs américains quelles sont les questions de politique intérieure auxquelles ils s'intéressent le plus, c'est la couverture médicale qui est le plus souvent mentionnée.
En 2007, les États-Unis auront consacré environ 2.300 milliards de dollars aux soins médicaux, soit près de 16 % de leur Produit intérieur brut et bien plus par habitant que n'importe quel autre pays. Ils sont le seul pays industriel à ne pas rendre obligatoire l'accès universel à l'assurance maladie.
La plupart des Américains ont une assurance maladie dont le coût est subventionné par leur employeur, et les sondages montrent qu'ils sont en général satisfaits de l'assurance obtenue de cette façon. Le gouvernement fédéral aide aussi les personnes âgées de plus de 65 ans (et les personnes invalides) à avoir une protection médicale par le truchement de son programme « Medicare » et celles ayant de très faibles revenus par celui de « Medicaid ».
« L'une des grandes préoccupations des Américains, c'est le coût des soins médicaux et de l'assurance maladie », explique M. Alwyn Cassil, responsable des affaires publiques pour le Center for Studying Health System Change, un organisme de recherche indépendant qui se penche sur les solutions de rechange possibles aux pratiques en vigueur.
Environ 47 millions d'Américains n'ont pas d'assurance maladie et la plupart d'entre eux sont pauvres. Nombreuses sont les petites entreprises qui n'offrent pas à leurs employés la possibilié d'obtenir une assurance maladie et le coût d'une telle assurance est bien plus élevé pour un particulier que pour une entreprise.
Les propositions des candidats
Pratiquement tous les candidats les mieux placés à l'élection présidentielle ont donné les grandes lignes de leur stratégie en vue de généraliser la couverture médicale et d'améliorer la qualité des soins aux États-Unis. Ils en donnent les détails lors des meetings organisés dans le cadre de leur campagne électorale et sur leur site Internet.
Traditionnellement, les électeurs démocrates s'intéressent de plus près à la protection médicale que les républicains. Les candidats démocrates abordent donc régulièrement le sujet lors de leurs déplacements dans le cadre de la campagne pour les élections primaires et ils donnent plus de précisions à propos de leurs plans que leurs adversaires républicains.
Cela étant, souligne M. Cassil, les questions de santé publique ne sont pas un sujet de divergence pour les candidats démocrates, du moins pour les élections primaires. Hillary Clinton, Barack Obama et John Edwards, qui sont en tête de liste, ont des projets à peu près semblables.
Ils proposent que tous les Américains bénéficient d'une protection médicale. Mme Clinton et M. Edwards souhaitent que tous les Américains aient une assurance maladie et recommandent qu'ils puissent choisir parmi des plans d'assurance maladie privés et des plans publics. M. Obama exigerait que tous les enfants aient une assurance maladie. Les trois candidats proposent de faire baisser les coûts par le biais de réductions d'impôts et d'adopter des mesures incitatives pour améliorer la qualité des soins médicaux.
Selon M. Cassil, leurs plans s'apparentent à celui actuellement en vigueur dans le Massachusetts, qui exige que tous les habitants aient une assurance maladie soit par le biais de compagnies privées, soit par le biais du gouvernement de l'État. C'est l'ancien gouverneur de cet État, M. Mitt Romney, un républicain, qui a été le fer de lance de ce programme.
Lui-même candidat à l'élection présidentielle, M. Mitt Romney ne prône pas une couverture maladie universelle. Pour lui, c'est à chacun des États de décider du meilleur usage à faire des fonds fédéraux pour donner une assurance aux habitants qui n'ont pas de protection médicale. MM. John McCain et Rudy Guliani préconisent pour leur part des réductions d'impôts qui permettraient à un plus grand nombre de gens d'acheter une police d'assurance privée s'ils ne peuvent ou ne veulent pas le faire par le biais de leur employeur.
De l'avis de MM. Romney, Giuliani et Thompson, la technologie est la clé de l'amélioration des soins médicaux. Pour M. McCain, une meilleure qualité en matière de soins médicaux repose sur une plus grande transparence en ce qui concerne les diverses possibilités de traitements, leurs coûts et leur efficacité.
Les défis de la réforme de la couverture médicale
Qu'ils soient républicains ou démocrates, les candidats à la présidence ont compris que l'un des meilleurs moyens de réduire le coût des soins médicaux était d'encourager les Américains à mener une vie plus saine, notamment à manger des aliments plus sains, à être moins sédentaires et à cesser de fumer.
Ils ont fait diverses recommandations à cette fin : offrir une nourriture plus équilibrée dans les réfectoires des écoles, encourager les entreprises à organiser des programmes pour cesser de fumer à l'intention de leurs employés et lancer des campagnes pour sensibiliser les Américains sur l'importance qu'il y a à faire de l'exercice physique et à manger sainement.
La question de la protection médicale, selon M. Cassil, ne devrait pas jouer un rôle important dans la campagne pour les élections primaires, mais elle prendra plus d'importance lorsque les partis auront nommé leurs candidats respectifs à la présidence, lesquels auront immanquablement une stratégie très différente.
Cependant, pour changer la façon dont les soins médicaux sont pris en charge aux États-Unis, fait-il valoir, il faut que le président collabore avec le Congrès et, rappelle-t-il, « ce n'est pas lors de l'élection de 2008, mais lorsque le Congrès reprendra ses travaux en 2009 que se jouera véritablement le débat concernant les soins médicaux dans ce pays », débat dont la forme sera influencée par ceux qui contrôlent le Congrès et la Maison-Blanche.
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)