02 novembre 2007

WorldTeach aide les enseignants du monde entier

Cette organisation sans but lucratif envoie des bénévoles dans les écoles qui en ont besoin.

 
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Des écoliers équatoriens
Des écoliers équatoriens à la sortie d'un cours offert par WorldTeach à Tena. (Photo offerte par Joe Busa)

Washington - En Chine, certaines écoles élémentaires accueillent de jeunes Américains dans leurs salles de classe afin d'aider les élèves à maîtriser la prononciation de l'anglais. En Namibie, des bénévoles américains aident à intégrer l'ordinateur au cursus scolaire, enseignent l'anglais, les mathématiques et les sciences, et sensibilisent les élèves aux dangers du VIH/sida.

Ces pays, et une dizaine d'autres dans le monde, font appel à l'organisation américaine sans but lucratif WorldTeach lorsqu'ils ont besoin d'enseignants pour leurs écoles en difficulté ou lorsqu'ils veulent des locuteurs dont l'anglais est la langue maternelle. En 2007, WorldTeach a envoyé plus de 350 Américains détenteurs d'une maîtrise ou d'une licence enseigner dans des pays en développement pendant un an ou durant des programmes d'été.

« Nous collaborons avec le ministère de l'éducation des pays concernés afin de répondre aux besoins qu'ils définissent eux-mêmes », a déclaré Helen Claire Sievers, directrice exécutive de WorldTeach, lors d'un entretien accordé à l'USINFO.

Depuis sa création en 1986, WorldTeach, qui est affiliée au Centre pour le développement international de l'université Harvard, a envoyé près de 3.800 bénévoles dans les pays en développement du monde entier. La plupart des bénévoles sont américains, mais certains viennent d'Angleterre, du Canada ou d'ailleurs. L'anglais doit être leur langue maternelle, et ils doivent avoir au moins une licence. Ceux qui n'ont pas encore leur diplôme peuvent toutefois proposer leurs services pour des programmes d'été. Si certains pays les défraient d'une partie de leurs frais de transport et de séjour, et leur offrent une petite compensation, de nombreux bénévoles couvrent toutes leurs dépenses en organisant des collectes de fonds dans leur ville.

WorldTeach a des programmes au Bangladesh, au Chili, au Costa Rica, en Équateur, en Guyana, aux îles Marshall, en Mongolie, en Namibie, à Pohnpei (Micronésie), en Pologne, en Afrique du Sud et au Venezuela. Elle a également l'intention d'étendre ses activités aux Samoa américaines, à Kosrae (Micronésie) et au Rwanda. « L'information circule. Je pense que nous commençons à nous gagner la réputation d'une bonne organisation qui envoie de jeunes Américains qui sont intelligents et dévoués aider le système éducatif des pays dans le besoin. »

La Chine reçoit le plus grand nombre de bénévoles, soit entre 50 et 60 par an. L'une de ces bénévoles, Ellen Stanley, a enseigné l'anglais oral durant l'année scolaire 2005-2006 dans une école élémentaire de Changsha (Chine), s'attachant particulièrement à améliorer la prononciation des étudiants. (La grammaire et le vocabulaire anglais sont enseignés par des maîtres chinois.)

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Des collégiens à Changsa en Chine.
Des collégiens dans un cours d'anglais à Changsa en Chine. (Photo avec l'aimable autorisation d'Ellen Stanley)

Mme Stanley a parlé aux élèves des fêtes américaines comme Halloween et la Journée d'action de grâce et, à leur tour, ils ont célébré la Journée des enseignants et d'autres fêtes chinoises avec elle. « Cela a été l'occasion d'avoir de réels échanges culturels », a-t-elle dit à l'USINFO. Mme Stanley a essayé de donner aux étudiants une « réelle perspective occidentale » différente de ce qu'ils voient à la télévision.

Tous les bénévoles de WorldTeach reçoivent une orientation d'un mois axée sur les techniques d'enseignement et sur la langue et la culture de leur pays d'accueil. « On vous enseigne les valeurs culturelles du pays dans lequel vous allez résider, on vous apprend à les respecter et on vous prépare au fait qu'il y aura des différences considérables avec ce à quoi vous êtes habitué. Certaines personnes ne sont pas à l'aise avec les changements culturels. Moi, j'adore ça. » Comme tous les autres bénévoles, Mme Stanley a appris à parler couramment la langue locale, dans son cas, le mandarin.

Cynthia Berning, qui a également été envoyée à Changsha, a déclaré qu'elle avait considéré une partie de sa mission comme un travail « d'ambassadrice ». Elle a enseigné aux élèves comment organiser un débat et une élection, leur demandant souvent de se prononcer sur des questions telles que celle de savoir quel étudiant avait écrit l'histoire la plus drôle, ce qu'elle devait voir en Chine, et si la protection des droits de la propriété intellectuelle était bonne ou mauvaise pour la Chine.« Chaque fois que je pouvais trouver une excuse pour les faire voter, je le faisais. »

« Vous représentez votre pays », a dit Ellen Boomer, qui a enseigné l'anglais dans une école secondaire thaïlandaise. « Cela vous amène à tirer des conclusions sur les Américains. Vous êtes obligée d'être attentive à ce que vous faites. Par exemple, j'ai souvent été frustrée par la bureaucratie de l'école, mais j'ai évité de me plaindre à mes hôtes thaïlandais. Ils doivent faire avec, alors j'ai fait pareil. »

Mme Boomer, qui enseigne maintenant l'anglais dans une école près de Washington, a déclaré que les enseignants thaïlandais « avaient été très accueillants et amicaux », et qu'enseignants et étudiants l'avaient souvent invitée à dîner chez eux.

« Les élèves voulaient vraiment apprendre l'anglais. Ils étaient respectueux - ils se lèvent lorsqu'on entre et sort de la salle de classe. Cela me manque un peu. »

WorldTeach encourage les bénévoles à consacrer du temps en dehors de la classe à des projets d'aide à la collectivité. Mme Sievers a par exemple évoqué un bénévole qui a collecté 7.000 dollars par le truchement de ses connaissances aux États-Unis afin d'acheter 1.400 moustiquaires pour prévenir le paludisme en Namibie. D'autres ont construit des terrains de jeu et de basket-ball (grâce à des appels de fonds et à la participation à la construction sur le terrain), ainsi que des bibliothèques. Un bénévole à Vilcabamba (Équateur) a rassemblé près de 10.000 dollars pour offrir des bourses aux gens qui désiraient suivre des cours d'anglais dans les écoles locales. D'autres bénévoles ont organisé des productions musicales et théâtrales, des clubs de débat, des opérations de nettoyage de l'environnement et des groupes d'artisanat féminin.

« Nous essayons de faire des choses utiles dans ces pays, a dit Mme Sievers. Nous ne voulons pas être une charge pour les collectivités qui nous accueillent. J'ai toujours peur d'imposer un fardeau supplémentaire avec des bénévoles à court terme, et c'est la raison pour laquelle nous n'avons que quelques programmes d'été. »

« Nous devons tous réfléchir à cela et nous assurer que notre présence est vraiment souhaitée et que nous fournissons réellement un service valable. »

(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)

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