01 novembre 2007
L'aide américaine cherche à favoriser la paix et la mise en place de deux États vivant en paix et en sécurité.
Washington - Lorsque la guerre arabo-israélienne a causé le déplacement de plus de 700.000 Palestiniens dans les années 1948 et 1949, les États-Unis ont été parmi les premiers pays à leur apporter une aide en matière d'alimentation et d'hébergement et ils ont ainsi entamé avec eux un voyage qui a abouti après une cinquantaine d'années à la feuille de route pour la paix au Proche-Orient.
À l'heure actuelle, « les États-Unis continuent de collaborer étroitement avec les Israéliens et avec les Palestiniens afin de réaliser la solution de deux États vivant côte à côte en paix et en sécurité telle que l'a conçue le président Bush », a déclaré à l'USINFO une porte-parole du consulat des États-Unis à Jérusalem, Mme Micaela Schweitzer-Bluhm.
Malgré les divergences de vues qui remontent à longtemps entre les États-Unis et l'Organisation de libération de la Palestine et malgré les préoccupations des États-Unis relatives au Hamas, le gouvernement américain apporte plus d'aide aux 4,3 millions de Palestiniens que tout autre pays. Selon le service de recherche du Congrès et l'Institut de la paix des États-Unis, ce sont les Palestiniens qui reçoivent par tête d'habitant l'aide extérieure la plus importante du monde, toutes sources réunies. Actuellement, les Palestiniens habitent en Cisjordanie, dans la bande de Gaza, en Jordanie, au Liban et en Syrie.
Les États-Unis demeurent le pays qui contribue le plus à l'Office de secours et des travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), que l'on a créé en 1950 pour faire face aux difficultés des Palestiniens. De 1950 à 2007, les États-Unis ont fourni plus de 3 milliards de dollars à l'UNRWA et répondu en apportant des millions supplémentaires aux appels d'urgence de cet organisme au fil des ans. Ils sont aussi le pays qui contribue le plus au Programme alimentaire mondial des Nations unies ; ils ont fourni des millions de tonnes d'aide alimentaire destinées à être distribuées par des organisations non gouvernementales aux milliers de Palestiniens habitant dans des zones qui ne relèvent pas de l'UNRWA.
Dans le cadre de l'élargissement de leur engagement diplomatique en faveur du processus de paix au Proche-Orient, les États-Unis ont accru leur aide aux Palestiniens en finançant de nouveaux projets d'aide humanitaire et d'infrastructure, notamment la construction de centres médicaux spécialisés dans la médecine infantile, de routes, d'écoles et de réseaux d'alimentation en eau. Ces mesures font partie de ce que, en 1974, M. Henry Kissinger, qui était alors secrétaire d'État des États-Unis, a appelé les « investissements dans la paix » qui ont favorisé la conclusion en 1979 des accords de Camp David entre Israël et l'Égypte.
« Dans une certaine mesure, l'aide des États-Unis aux Palestiniens a incité ces derniers à envisager d'entamer des négociations avec Israël », a déclaré à l'USINFO M. Haïm Malka, du Centre des études stratégiques et internationales situé à Washington. « L'aide, a-t-il ajouté, a toujours été un élément important qui rapproche les parties à un conflit. »
Pour sa part, Mme Schweitzer-Bluhm s'est déclarée d'avis que ces programmes d'aide qui avaient garanti pendant plus de trente ans une paix relative avaient donné d'excellents résultats.
À la suite de la création de l'Autorité palestinienne, qui a reconnu Israël et renoncé à la violence en 1993 dans les accords d'Oslo, les États-Unis ont accéléré leur soutien au peuple palestinien en fournissant une aide qui se monte à ce jour à 1,9 milliard de dollars. Il s'agit là de l'aide la plus importante en provenance d'un seul pays et de la deuxième après celle de l'Union européenne.
Toutefois, la persistance de la violence et la fermeture des frontières par Israël face à cette violence ont perturbé la circulation des travailleurs palestiniens et les échanges commerciaux dans cette partie du monde, ce qui a causé une forte aggravation des conditions de vie de nombreux ménages dans les territoires palestiniens.
Il s'ensuit qu'à l'heure actuelle près de la moitié des Palestiniens vivent dans la pauvreté et qu'un quart de la population palestinienne est sans emploi, ce qui rend plus essentiels que jamais les programmes d'aide des États-Unis.
C'est l'Agence des États-Unis pour le développpement international (USAID) qui achemine cette aide supplémentaire - environ 85 millions de dollars par an - par le truchement de sociétés privées et d'ONG œuvrant dans la région.
Pour ce qui de l'assistance destinée à la Bande de Gaza, il ne s'agit que d'une aide humanitaire acheminée par le biais d'ONG internationales, ce qui, de l'avis de M. Malka, suscite le sentiment que les États-Unis cherchent à diviser les Palestiniens plutôt qu'à les aider à bâtir un avenir meilleur.
« Il ne fait aucun doute que les États-Unis ne doivent pas financer une Autorité palestinienne dominée par le Hamas. Mais, d'un autre côté, il nous faut trouver le moyen de venir en aide à l'ensemble du peuple palestinien plutôt qu'à une partie restreinte de la population », a-t-il fait remarquer.
Mais de l'avis des responsables (américains), le départ du Hamas du gouvernement a créé de nouvelles possibilités en Cisjordanie où l'aide américaine ouvre des débouchés aux plans éducatif et économique. Cette assistance appuie aussi les projets liés à l'infrastructure et encourage l'élaboration d'une gouvernance démocratique, élément fondamental de la « solution reposant sur deux États ».
« La secrétaire d'État, Mme Condoleezza Rice, consulte régulièrement le président Mahmoud Abbas et le premier ministre Ehoud Olmert alors que les deux hommes participent à des pourparlers visant à accélérer l'établissement d'un État palestinien », a indiqué Mme Schweitzer-Bluhm.
Depuis le mois de mai 2006, l'USAID a collaboré avec les responsables palestiniens en vue d'acheminer vers des dispensaires et hôpitaux gérés par des ONG palestiniennes pour plus de 3,9 millions de dollars d'aide médicale d'urgence, notamment des médicaments de première nécessité, des génératrices et d'autres articles indispensables.
Dans le cadre du projet Hanan, projet parrainé par l'USAID qui porte sur la santé des femmes palestiniennes et de leurs enfants, 845 assistantes médicales ont reçu une formation et quatre maternités ont été équipées. En fournissant une source sûre d'eau potable à quelque 15.000 foyers palestiniens et le tout-à-l'égout à 8.000 autres, par le truchement, entre autres, du projet Bani Naïm d'adduction d'eau dans le sud de la Cisjordanie, le programme de l'USAID ayant trait à la fourniture d'urgence d'eau et à l'hygiène a empêché la survenue de nombreuses maladies.
L'USAID aide également l'Autorité palestinienne à construire de nouvelles routes et à sécuriser ses frontières afin de rétablir les échanges avec Israël, permettant ainsi de renforcer la confiance et solidifier l'économie. Les routes entre Qalandia et Ramallah et plusieurs autres réseaux de routes moins importantes de Cisjordanie ont déja bénéficié de cette aide.
« Je pense que l'ensemble de la population palestinienne a bénéficié des fonds fournis par le truchement de l'USAID qui ciblent des projets spécifiques d'infrastructure dans les territoires palestiniens », a fait remarquer M. Malka.
Grâce à des programmes d'octroi de prêts et d'aide technique, l'USAID appuie en outre les efforts que mène l'Autorité palestinienne en vue d'assurer la croissance économique en encourageant le développement de petites entreprises et de l'agriculture ainsi que l'augmentation des exportations palestiniennes.
Depuis 2006, quelque 10.000 entreprises palestiniennes agro-alimentaires, exploitants agricoles et pêcheurs ont reçu aide et formation par le biais du projet intitulé Palestinian Agribusiness Partnership Activity. En vertu du projet intitulé Palestinian Enterprise Development, des partenariats ont aussi été créés avec six sociétés palestiniennes afin d'accroître les exportations, de promouvoir les investissements et de créer de nouveaux emplois.
L'USAID collabore par ailleurs avec l'Initiative de partenariat pour le Moyen-Orient du département d'État ainsi qu'avec son Bureau chargé des questions liées à la démocratie, aux droits de l'homme et au travail et son Bureau des affaires éducatives et culturelles pour aider les Palestiniens à investir dans leur avenir en offrant des programmes de formation à l'intention des journalistes, des bourses d'études dans les universités américaines et une formation à l'intention des organismes souhaitant appuyer la société civile qui deviendront le fondement d'une société démocratique dynamique.
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)