30 mai 2007

Des vélos pour les pauvres grâce à des dons d'ONG américaines

Ce mode de locomotion élargit le champ des possibilités, en Afrique notamment.

 
À San José du Costa-Rica, Marco Vinicio se rend partout à vélo pour vendre ses glaces et beignets
À San José du Costa-Rica, Marco Vinicio se rend partout à vélo pour vendre ses glaces et beignets. (Photo offerte par BfW)

Washington - Dans les pays où les plus pauvres n'ont aucun moyen de transport autre que leurs jambes, une bicyclette peut changer la vie.

Au cours des deux dernières années, l'organisation non gouvernementale américaine « Bicycles for the World » (BfW, Des vélos pour le monde) a fait parvenir plus de 14.000 bicyclettes à des organisations partenaires sans but lucratif situées à Barbade, au Costa Rica, en Gambie, au Ghana, au Guatemala, au Honduras, en Namibie et au Panama. C'est à la Fondation « Shape Lives » de Bolgatanga (Ghana) que BfW a envoyé sa cargaison la plus récente de vélos. Un conteneur rempli de bicyclettes et de machines à coudre va bientôt être expédié à l'organisation Goodwill du Panama, qui offre formation et emploi aux personnes handicapées.

BfW n'est que l'une des nombreuses organisations non gouvernementales (ONG) qui font don de bicyclettes et d'autres articles à des associations locales de pays en développement où l'amélioration des moyens de transport - pour aller à l'école, au travail, au dispensaire ou au marché - peut aider les gens à mener une vie plus productive.

« Notre stratégie est de faire du vélo un outil de développement et d'émancipation personnelle », a expliqué à l'USINFO M. Keith Oberg, directeur de BfW.

BfW cherche à former des partenariats avec d'autres ONG qualifiées, notamment en Afrique, a-t-il souligné.

Une bicyclette peut améliorer la productivité, a dit M. Oberg, C'est ainsi que Marco Vinicio, un marchand ambulant de San José (Costa Rica) a pu acheter une bicyclette de bonne qualité remise à neuf pour 10 dollars. Pouvant déplacer plus facilement sa glacière, Marco Vinicio se rend maintenant dans divers endroits pour vendre ses glaces et ses beignets. « Son chiffre d'affaires a tellement augmenté qu'il a été en mesure de rembourser le prix du vélo en seulement deux semaines. Désormais, toutes ses recettes servent à assurer les besoins de sa famille », a souligné M. Oberg.

Le vélo qu'a acheté Marco Vinicio était l'un des quelque 900 vélos neufs et usagés offerts par BfW à la Fundación Integral Campesina (FINCA), un organisme de microcrédit costaricain sans but lucratif. Plusieurs associations rurales ont acheté des vélos à la FINCA pour les remettre en état et les vendre.

L'une d'elles, l'association féminine Superación Femenina (Avancement des femmes), par exemple, qui a son siège dans le nord du Costa Rica et qui se spécialise dans l'octroi de prêts d'un faible montant pour financer des activités génératrices de revenus, a réinvesti les bénéfices tirés de la vente de vélos pour accroître le nombre de ses prêts.

À la suite du tsunami de décembre 2004, Bicycles for the World et Working Bikes Cooperative, une ONG de Chicago, ont collaboré avec l'Association sri-lankaise de la région de Washington pour faire parvenir plus de 1.300 bicyclettes au Sri-Lanka. Les vélos ont été distribués par le biais de réseaux locaux de bienfaisance catholiques, musulmans et bouddhistes.

Des centaines de bénévoles aident BfW à rassembler les vélos, à les préparer à l'expédition et à charger les conteneurs, a expliqué M. Oberg. Des écoles, des organisations religieuses, des associations locales, des magasins de vélos, des familles et des particuliers ont mis sur pied des campagnes pour encourager le don de bicyclettes.

Récemment, un scout, dans le cadre d'un projet au service de la collectivité destiné à lui obtenir un nouveau galon, a obtenu l'aide d'un marchand local et recueilli 125 vélos.

« Tout le monde y gagne. Pour les bénévoles, c'est un projet tangible auquel ils peuvent prendre part personnellement. Ceux qui donnent les vélos tirent satisfaction du fait que ces derniers vont servir à quelqu'un d'autre. Et, au final, le don se concrétise par un moyen de transport », a fait valoir M. Oberg, ajoutant que l'organisme BfW privilégiait le don de vélos tout terrain de bonne qualité, le genre de vélos qui peuvent être utilisés sur des chemins difficiles. Les dons proviennent surtout de particuliers, mais des magasins de détail et des distributeurs y prennent aussi part.

Pour payer les frais de transport, BfW demande 10 dollars par vélo à chaque donateur. Le complément des frais de transport est pris en charge par les organes partenaires de BfW et une assistance supplémentaire est fournie dans certains cas. L'organisme encourage les associations locales à mettre sur pied des ateliers indépendants de réparation de vélos qui peuvent donner une formation et des emplois à la population locale et, grâce à leurs recettes, aider à payer les frais de transport.

« Ce que nous recherchons, ce sont des organisations qui envisagent un rôle pour ces vélos, pour lesquelles les vélos pourraient renforcer leur mission. Nous voulons travailler avec des associations aptes à devenir des partenaires à long terme » et qui pourront un jour être en mesure de payer leur part des frais de transport, a-t-il précisé.

Une bicyclette n'est qu'un article parmi beaucoup d'autres pouvant avoir une « deuxième chance » dans un autre pays. Des ONG américaines font parvenir aux pays en développement tout un éventail d'objets usagés, notamment lunettes, ordinateurs, appareils électroménagers, chaussures, vêtements et voitures. « La question est de savoir quels articles peuvent être réutilisés. Il faut qu'ils soient utiles », a fait remarquer M. Oberg.

Selon lui, les dons de bicyclettes augmentent aux États-Unis et dans d'autres pays occidentaux car, lorsque les gens achètent de nouveaux vélos ou débarrassent leur garage, ils ne tiennent pas à ce que leurs vieux vélos (qui sont encore en relativement bon état) aillent à la décharge.

« Les gens attachent une valeur sentimentale à leurs vélos, et lorsqu'ils en font don, pour eux ce n'est pas seulement un objet inanimé qu'ils donnent », a fait observer M. Oberg, se souvenant d'un certain couple qui avait apporté le vélo de leur fils lors d'une campagne de collecte de vélos organisée par une église locale. Ces personnes avaient gardé le vélo pendant huit ans après la mort de leur fils, puis décidé que le mieux était d'en faire don pour rendre hommage à sa mémoire.

L'organisation Bicycle for the World est membre de Bicycles for Humanity, une coalition d'ONG ayant leur siège aux États-Unis, au Canada et en Angleterre.

(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)

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