25 mai 2007
La recherche sur les maladies dues aux moustiques et sur les vaccins sert à tous les pays.

Deuxième d'une série d'articles ayant trait au rôle des États-Unis dans la surveillance de l'évolution des flambées épidémiques à l'échelle mondiale
Washington - Depuis longtemps, le ministère américain de la défense concentre ses recherches sur les maladies infectieuses qui touchent les hommes et les femmes en uniforme et sur les traitements et les vaccins qui leur sont destinés, mais son programme de plus en plus important de surveillance des maladies, son réseau de laboratoires établis à l'étranger et les initiatives qu'il mène de concert avec ses partenaires internationaux, ont ajouté un volet à sa mission : la santé publique.
Le « Global Emerging Infections Surveillance and Response System » (GEIS, système mondial de surveillance des maladies émergentes et de réaction) du ministère américain de la défense a été créé en 1996 en vertu d'un décret présidentiel élargissant le rôle des organes du gouvernement fédéral afin d'améliorer la surveillance des maladies infectieuses, tant au niveau national qu'international, ainsi que leur prévention et les mesures visant à y faire face.
Mais les activités du ministère de la défense à l'étranger, en matière de santé publique, datent de bien avant 1996, a expliqué le 21 mai, à l'occasion d'une interview à l'USINFO, le docteur Joseph Malone, directeur du GEIS de 2003 à 2006.
« Le gouvernement fédéral s'intéresse aux maladies tropicales et à la surveillance des maladies à l'échelle internationale depuis de nombreuses années, mais un effort particulier a été fait en 1996 pour créer un mécanisme de surveillance cohérent, élaborer des activités auxquelles les divers organes du gouvernement peuvent prendre part et collaborer avec l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et autres systèmes sanitaires », a-t-il expliqué.
Des antennes scientifiques
Étant donné les préoccupations que suscite la propagation des maladies infectieuses dans un monde de plus en plus mobile, la recherche et le renforcement des moyens et de la formation scientifiques sont des activités cruciales des laboratoires du ministère de la défense à l'étranger.
« Chacun des cinq laboratoires établis à l'étranger est une entreprise reposant sur la collaboration avec le pays hôte, et nous sommes très fiers que la santé publique, la recherche, et les domaines qui présentent un intérêt commun transcendent les questions politiques », a expliqué, le 17 mai, le colonel Loren Erickson à l'occasion d'une interview à l'USINFO.
Ces laboratoires sont le « U.S. Naval Medical Research Unit No. 3 », au Caire (Égypte) ; le « U.S. Naval Medical Research Unit No. 2 », à Jakarta (Indonésie) ; le « U.S. Army Medical Research Unit », à Nairobi (Kenya) ; le « U.S. Naval Medical Research Center », à Lima (Pérou) ; et le « Armed Forces Research Insitute of Medical Sciences », à Bangkok (Thaïlande).
Au Caire, la marine nationale américaine travaille depuis 1946 avec les pays voisins de l'Égypte en Afrique du Nord, ainsi qu'avec des pays du Moyen-Orient et d'Asie du Sud-Est. Elle avait alors mis sur pied le « Naval Medical and Research Unit No. 3 (NAMRU-3) afin d'étudier, de prévenir et de maîtriser les maladies épidémiques et endémiques dans les régions subtropicales où le personnel de la marine américaine était basé.
Aujourd'hui, comme ils le font depuis plus de 60 ans, et même durant la rupture des relations diplomatiques entre l'Égypte et les États-Unis, entre 1967-1974, la marine et l'armée nationales des États-Unis, les scientifiques égyptiens et le personnel du NAMRU-3 étudient les virus, les vecteurs de maladies tels que tiques et moustiques, et les maladies intestinales et mettent sur pied des réseaux de surveillance afin d'observer l'évolution des menaces épidémiques les plus dangereuses auxquelles la région est exposée.
Les laboratoires établis à l'étranger « sont le fondement d'une grande partie du travail auquel nous procédons. Les chercheurs qui y sont associés travaillent dans le pays hôte et au niveau régional pour aider les pays de la région à renforcer leurs propres moyens en veillant à la formation du personnel de laboratoire et de ceux qui procèdent aux enquêtes épidémiologiques et à la recherche », a fait observer le colonel Erickson.
Travailler avec des partenaires
Depuis l'adoption du décret présidentiel, il y a 11 ans, d'autres organes du gouvernement des États-Unis, notamment le Centre fédéral épidémiologique (CDC), qui est chapeauté par le ministère de la santé et des services sociaux, ont étendu leur champ d'activités aux autres pays du monde.
« Depuis 2004, le CDC a peaufiné et systématisé sa stratégie en matière de réaction aux maladies par le truchement du Programme de détection des maladies à l'échelle mondiale (...) qui repose sur un réseau de centres internationaux spécialisés dans la détection des flambées de maladies infectieuses, leur identification, leur suivi et leur prise en charge », précise le site web du CDC.
La stratégie internationale du CDC comprend un vaste programme relatif aux maladies émergentes, un programme de formation destiné aux épidémiologistes et laborantins déployés sur le terrain, et une équipe d'épidémiologistes dont les travaux se concentrent sur la détection et la surveillance de la grippe. Le CDC collabore également avec les laboratoires du GEIS à l'étranger et a détaché un épidémiologiste à plein temps au NAMRU-3.
« Étant donné que la surveillance des maladies à l'étranger et le renforcement des moyens font aussi partie de la tâche du CDC, il est important de travailler ensemble de façon à ne pas faire deux fois la même chose, à ne pas gaspiller l'argent du contribuable », a souligné le colonel Erickson.
L'OMS, à Genève, est un autre partenaire des États-Unis où le GEIS a détaché un spécialiste à plein temps : un capitaine de la marine spécialisé dans les maladies infectieuses qui travaille sur les maladies hémorragiques. Il fait fonction de liaison entre le GEIS et l'OMS par le biais du Réseau mondial d'alerte et d'action en cas d'épidémie, auquel collaborent divers réseaux et institutions afin de rapidement identifier, confirmer et réagir aux flambées de maladies à l'échelle internationale.
Les laboratoires du GEIS sont considérés comme des centres collaborateurs de l'OMS et le département de la recherche en virologie du NAMRU-3 est un laboratoire régional de référence pour l'Office régional de l'OMS pour l'est de la Méditerranée.
Les chercheurs qui y sont attachés confirment l'identité des virus de la grippe isolés par les laboratoires nationaux, offrent une formation aux laborantins, apportent leur collaboration pour l'examen des données en matière de surveillance et font des recherches pour améliorer les méthodes de surveillance de la grippe.
« C'est un moment passionnant que d'être engagé dans cette sorte de travail. La grippe aviaire n'en est qu'un des éléments. Étant donné la réapparition de la fièvre de la vallée du Rift et du chikungunya (une fièvre virale propagée par les moustiques), la tuberculose résistante aux médicaments et, plus généralement, la résistance des microbes aux antibiotiques, ce n'est pas le travail qui va nous manquer », a souligné le colonel Erickson.
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)