23 mai 2007

La lutte contre le sida, toujours une grande priorité des États-Unis

L'Assemblée générale de l'ONU fait le point des mesures internationales prises contre la pandémie.

 
Examen médical d'un patient
Examen médical d'un patient au Hope Center de Nairobi (Kenya). Ce traitement est financé par le PEPFAR. (© AP Images)

Nations unies - De l'avis de M. Alec Mally, conseiller affecté à la mission des États-Unis auprès de l'ONU, le Plan d'urgence du président Bush en matière de lutte contre le VIH/sida (PEPFAR) a déjà fait ses preuves.

Lancé il y a quatre ans, ce projet financé à hauteur de 15 milliards de dollars appuie les initiatives visant la prévention et le traitement du VIH/sida dans les quinze pays les plus durement touchés par cette maladie.

Au 30 septembre 2006, 822.000 personnes avaient reçu un traitement antirétroviral et 4,5 millions de personnes avaient reçu une aide, notamment 2 millions d'orphelins et d'enfants vulnérables, en vertu de ce programme qui a vu son financement passer de 840 millions de dollars en 2002, à 2,4 milliards de dollars en 2004, et atteindre 3,2 milliards de dollars en 2006.

Prenant la parole à l'occasion d'une réunion de suivi de l'Assemblée générale de l'ONU en vue de faire le point des progrès enregistrés dans le monde vers un accès universel aux soins contre le VIH/sida, organisée un an après une réunion de haut niveau qui avait fixé les objectifs à atteindre dans ce domaine d'ici à 2010, M. Mally a expliqué que le PEPFAR avait soutenu des messages prônant les changements de comportement s'adressant à des millions de personnes de tout âge et de toute condition sociale ainsi que la mise sur pied de mesures visant à rendre sûres les réserves de sang destinées aux transfusions. Le PEPFAR, a-t-il indiqué, a également appuyé des projets visant à empêcher la transmission du VIH de la mère à l'enfant qui ont touché quelque 6 millions de femmes, évitant ainsi l'infection d'environ 101.000 bébés.

Pour M. Mally, il devrait être possible de se rapprocher d'un accès universel aux traitements du VIH/sida en renforçant les rangs du personnel médical par le truchement d'une formation donnée dans le cadre même de ces programmes et en mettant sur pied des projets destinés à mettre fin à la discrimination et à l'opprobre dont font l'objet les malades du VIH/sida, de façon à encourager davantage de gens à subir un test de dépistage et à obtenir un soutien psychologique.

« Ce dont le monde en développement a besoin maintenant, c'est que nous respections les engagements que nous avons pris. Les États-Unis se réjouissent d'avance de travailler avec d'autres pays et partenaires pour que les déclarations se traduisent par une vie meilleure pour des dizaines de millions de personnes affectées par le sida », a déclaré M. Mally.

Selon un rapport du secrétaire général de l'ONU, M. Ban Ki-moon, les initiatives ayant trait à la généralisation des traitements ont enregistré un véritable élan et quelque 2 millions de personnes habitant des pays à faible et moyen revenus reçoivent désormais un traitement par antirétroviraux, soit 700.000 de plus par rapport à décembre 2005. Le pourcentage des femmes enceintes bénéficiant de services ayant pour objectif d'empêcher la transmission du VIH à leur enfant est passé de 9 % en 2005 à 11 % en 2006.

Cependant, si l'augmentation du nombre de personnes prises en charge et bénéficiant d'un traitement devait se poursuivre au même rythme, seulement 4,5 millions personnes recevraient un traitement par antirétroviraux en 2010, soit moins de la moitié de celles qui en auraient besoin.

Le rapport du secrétaire général de l'ONU souligne que pour chaque personne qui commence un traitement par antirétroviraux, six nouveaux cas d'infection sont décelés. Au cours des deux dernières années, le nombre de personnes séropositives par le VIH a augmenté dans toutes les régions du monde.

Il fait aussi observer que nombre de pays à faible ou moyen revenus ne pourront atteindre les objectifs fixés pour 2010 si la communauté internationale ne les aide pas à financer leurs projets en matière de santé publique et de développement, en particulier en ce qui concerne l'infrastructure sanitaire.

L'ONU estime que les besoins de ces pays, pour 2007, s'élèvent à 18 milliards de dollars. Malheureusement, seulement 10 milliards de dollars leur ont été alloués. Le Programme de l'ONU pour le sida (ONUSIDA) a fixé à 22 milliards de dollars les besoins pour 2008, la moitié pour la prévention, un quart pour les soins et les traitements des séropositifs et le reste pour l'assistance aux orphelins et enfants à risque.

Les spécialistes s'accordent à penser que l'accès universel par les personnes affectées par le VIH/sida aux traitements est un objectif réalisable d'ici 2010 si les financements et les services sont accrus et si les pays font preuve de la volonté politique nécessaire.

La stratégie, en matière de lutte contre le VIH/sida, repose sur quatre éléments essentiels et indissociables, à savoir la prévention, le traitement, les soins et le soutien, a fait valoir M. Ban Ki-moon, qui a rappelé que cette maladie touchait tout le monde et qu'il appartenait à chacun d'y chercher des solutions.

« Il nous faut comprendre les raisons qui sous-tendent l'intensification de l'épidémie dans les collectivités, les pays, les régions, et prévoir des stratégies appropriées en matière de prévention », a-t-il souligné.

(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)

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