14 mai 2007
Les réunions de Pittsburgh sur la séquestration du carbone
Pittsburgh - Le piégeage du gaz carbonique (CO2) et son stockage constituent le moyen le meilleur de réduire considérablement les émissions de ce gaz tout en permettant d'utiliser davantage le charbon pour faire face aux besoins pressants du monde en matière d'énergie, estime M. Howard Herzog, principal ingénieur de recherche du Laboratoire de l'énergie et de l'environnement, qui relève du Massachusetts Institute of Technology (MIT).
M. Herzog faisait partie des 55 délégués de 6 pays qui ont assisté à un atelier organisé par le ministère de l'énergie des États-Unis et par son Laboratoire national des technologies de l'énergie, qui est situé à Pittsburgh. Cet atelier a eu lieu sous l'égide du Carbon Sequestration Leadership Forum (Forum sur le leadership en matière de séquestration du carbone ou CSLF), dont les 21 États membres cherchent à faire face aux changements climatiques.
Des délégués de l'Afrique du Sud, du Brésil, de la Chine, de la Colombie, de l'Inde et du Mexique ont assisté à cet atelier qui s'est tenu pendant la Sixième Conférence annuelle sur le piégeage du carbone et son stockage. Cette conférence a réuni 650 spécialistes d'États étrangers, d'organismes fédéraux et d'organismes des États fédérés des États-Unis, d'instituts de recherche, de sociétés productrices d'électricité et de gaz naturel, du secteur pétrolier et gazier, etc.
Les deux réunions ont porté sur les émissions de gaz carbonique et sur la mise au point de procédés de séquestration de ce gaz aux États-Unis et dans divers autres pays.
Selon un haut responsable du ministère de l'énergie des États-Unis, M. Justin Swift, qui est à la tête du groupe de travail du CSLF sur le renforcement des capacités, l'atelier était destiné à aider les pays en développement à croissance rapide à acquérir les connaissances, le savoir-faire et les institutions nécessaires en matière de séquestration du carbone.
Les procédés de séquestration comprennent le piégeage du gaz carbonique qui se dégage des centrales et des usines utilisant des combustibles fossiles, son transport et son stockage de longue durée notamment dans des formations géologiques proches du lieu du piégeage.
Le renforcement des capacités
En septembre 2005, le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC) a rendu public un rapport spécial sur le piégeage du carbone et sur son stockage, qui portait sur les sources de gaz carbonique et sur les moyens techniques de piéger ce gaz, de le transporter et de le stocker dans des formations géologiques, dans les océans ou dans des minerais, ainsi que sur l'utilisation de ce gaz dans l'industrie.
Selon ce rapport, le piégeage du gaz carbonique et son stockage sont susceptibles de réduire l'ensemble des coûts d'atténuation et d'augmenter la souplesse nécessaire pour réussir à réduire les émissions de gaz à effet de serre. La généralisation de cette technique dépend cependant de la maturité technique, des coûts, de l'ensemble des possibilités, de la diffusion des procédés en la matière et de leur transfert aux pays en développement, de la capacité de ces derniers à les appliquer, des aspects réglementaires, de questions écologiques et de l'opinion publique.
Professeur de l'université catholique pontificale du Rio Grande do Sul, M. Joao Marcelo Ketzer, a indiqué que le Brésil avait un programme ambitieux dans ce domaine. « Les difficultés sont très grandes, et nous avons besoin de renforcer nos capacités pour poursuivre cette voie. »
Ce programme a le soutien de la société pétrolière mixte Petroleo Brasileiro, dont le siège est à Rio de Janeiro et qui joue un rôle primordial dans le piégeage et le stockage du gaz carbonique au Brésil, ainsi que d'associations professionnelles et d'organisations non gouvernementales. Les responsables de ce programme espèrent obtenir le soutien de l'État brésilien et prévoient aussi de créer un centre de recherche sur la technologie du charbon épuré.
L'Inde s'emploie aussi à accroître ses capacités en matière de piégeage du carbone et de son stockage, à établir un cadre juridique, à effectuer des travaux de recherche et développement et à faire face aux problèmes, a déclaré Mme Malti Goel, conseillère du ministère indien des sciences et des technologies qui est aussi la vice-présidente du groupe technique du CSLF.
« Il nous faut, a-t-elle dit, augmenter nos capacités en matière d'énergie pour faire face aux besoins essentiels de la population. Il n'y a pas d'autre choix que d'accélérer la mise au point de nouvelles technologies pour réduire les émissions de gaz carbonique. »
Un responsable de la société charbonnière sud-africaine Anglo Coal, M. Y.S. Pillay, a déclaré pour sa part que le transfert des techniques était très important pour permettre à son pays de développer ses capacités de piégeage et de stockage du gaz carbonique. Il s'agit à l'heure actuelle, a-t-il dit, de mettre en œuvre des projets, car sans cela on ne peut pas créer des capacités dans ce domaine.
Quant à M. Abdulmuhsen Al-Sunaid, conseiller en écologie du ministère saoudien du pétrole et des ressources minières, il a félicité le ministère de l'énergie des États-Unis pour le rôle qu'il jouait en faveur de cette technologie.
M. Al-Sunaid était membre de la délégation saoudienne à la septième session de la Conférence des parties de 2001 qui avait demandé au GIEC de préparer le rapport spécial sur le piégeage du carbone et sur son stockage.
« À l'époque, a-t-il dit, le soutien des pays était faible, voire presque inexistant. Ce n'est que lorsque le ministère de l'énergie (des États-Unis) a élargi son programme de gestion du carbone et préconisé la séquestration du carbone au niveau international que les procédés dans ce domaine ont commencé d'être de plus en plus acceptés. À l'heure actuelle, la plupart des grands pays s'intéressent fortement au piégeage du carbone et à son stockage. »
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)