10 mai 2007
L'univers virtuel Second Life sur l'internet

Washington - Depuis le début de 2007, plus de 6 millions de résidents de l'univers virtuel dénommé Second Life (seconde vie) ont de nouveaux voisins : un petit nombre d'organismes fédéraux des États-Unis qui cherchent à tirer parti des possibilités de ce nouvel univers en matière d'éducation, de collaboration et de vulgarisation.
Les organismes qui ont créé des structures de complexité diverse et des moyens d'interaction dans Second Life comprennent l'Administration nationale des études océaniques et atmosphériques (NOAA), l'Administration nationale de l'aéronautique et de l'espace (NASA), l'Institut national de la santé et sa Bibliothèque nationale de la médecine, le Centre d'épidémiologie des États-Unis (CDC) et la Chambre des représentants des États-Unis.
Le ministère de la sécurité intérieure, la Fondation nationale des sciences et de nombreux autres organismes fédéraux ont aussi dans ce monde virtuel des représentants qui assistent à des réunions périodiques en ligne de représentants des pouvoirs publics pour discuter de Second Life et des meilleurs moyens de tirer parti de ses possibilités.
Second Life, dont les résidents virtuels sont originaires d'une centaine de pays réels, est un lieu idéal pour atteindre ces résidents au moyen de toute une gamme de messages relatifs à la santé, aux sciences, à la prévention de catastrophes, à l'enseignement, à l'actualité, etc.
« Second Life offre un nouveau moyen de communiquer avec les citoyens et avec les clients. Les gens ont la possibilité de communiquer directement avec la NOAA dans le cadre d'une conversation bidirectionnelle (…) derrière le mur coupe-feu de notre organisme », a déclaré un spécialiste de l'information de la NOAA, M. Eric Hackathorn, lors de l'interview qu'il a accordée à l'USINFO le 4 mai, dans l'installation de la NOAA sur Second Life.
Vivre une seconde vie
Les débuts de Second Life remontent à 2003. C'est la société Linden Lab, de San Francisco, qui a créé ce logiciel pour offrir une nouvelle forme d'expérience commune.
Les résidents de Second Life construisent et possèdent l'infrastructure numérique du monde, notamment des maisons, des véhicules, des boîtes de nuit, des magasins, des paysages, des vêtements, des jeux, des îles, des écoles, des entreprises, des organismes publics et des bibliothèques.
Toute personne peut devenir membre à titre gratuit en s'inscrivant auprès de Second Life et en créant un avatar, c'est-à-dire une représentation virtuelle de sa personne. Selon Linden Lab, cet univers virtuel fourmille de personnes, de distractions, d'expériences et de possibilités.
Il a même une économie reposant sur le dollar linden (265 lindens égalent un dollar des États-Unis). Des millions de lindens changent de mains tous les mois et servent à l'achat de biens et de services créés par les résidents et à leur vente sur Linde X, le bureau officiel de change de Second Life.
Le gouvernement virtuel
De tous les organismes fédéraux membres de Second Life, la NOAA a jusqu'ici l'installation la plus complexe. Sur sa propre île, dénommée Meteora, les visiteurs peuvent ressentir les effets d'un cyclone sur l'aile d'un avion de recherche, s'élever dans l'atmosphère en s'accrochant à un ballon-sonde météorologique, se trouver sur une plage pendant un tsunami ou aller sous les océans dans un submersible de la NOAA.
C'est le Laboratoire de recherche sur le système terrestre de la NOAA qui a créé ce site en organisant un concours entre des bureaux d'études membres de Second Life et en laissant les résidents de Second Life l'aider à choisir le gagnant.
« À l'heure actuelle, a dit M. Hackathorn, nous avons une île qui présente un petit nombre des travaux de recherche de la NOAA, mais cette dernière fait bien plus que cela. L'incorporation de toutes ses activités exigera beaucoup plus de superficie. J'aimerais voir un continent de la NOAA. »
Non loin de Meteora se trouve l'île d'information sur la santé, une bibliothèque médicale et un hôpital virtuel créés grâce à l'aide financière (40.000 dollars) que la Bibliothèque nationale de la médecine (NLM) a accordée à un groupe dénommé Library Alliance ,en Illinois, au titre de la fourniture de services d'information sur la santé dans l'univers virtuel.
Cette île comprend trois bâtiments : une bibliothèque d'œuvres sur la santé pour les consommateurs, une bibliothèque médicale et un centre de santé, a indiqué une spécialiste de l'information de la NLM, Mme Laura Bartlett. Par la suite, ce projet offrira des programmes de formation, de la vulgarisation à l'intention des milieux médicaux virtuels, des ressources en matière de santé pour les consommateurs et un soutien individualisé pour les résidents de Second Life.
L'enseignement et la vulgarisation
Un autre service de la NLM étudie la possibilité de se servir de Second Life pour améliorer l'accès à des informations de grande qualité et de grande exactitude en matière de santé chez les catégories désavantagées de la population.
Un informaticien de ce service, M. Victor Cid, a déclaré à ce propos : « Second Life et de nombreux autres logiciels semblables jouissent d'une popularité croissante, et nous estimons qu'il est très important de commencer à envisager de s'en servir pour diffuser de l'information, pour atteindre diverses personnes et pour collaborer. »
Des organismes fédéraux, tels que le CDC, ont pour le moment des installations rudimentaires qui offrent des informations en 2D, sans grande interactivité. D'autres, comme le ministère de la sécurité intérieure, n'ont pas encore d'espace permanent sur Second Life, mais ont cependant recours au monde numérique.
Contractuel de la société SRA International Inc., qui s'occupe de plusieurs projets sur Second Life pour le compte d'organismes fédéraux, M. Jean-Paul Boucher a créé un avatar vêtu d'une chemise où figure le logo du ministère de la sécurité intérieure. Ce ministère, a-t-il dit, va organiser une conférence virtuelle pendant la première semaine de juin, dans l'auditorium de l'île de la NOAA, à l'intention de premiers intervenants et d'universitaires des quatre coins des États-Unis. Une telle collaboration est, selon lui, l'une des grandes qualités de Second Life.
« C'est, a-t-il expliqué, un ensemble d'outils extrêmement puissants qui supprime les limitations en matière de temps et d'espace qui empêchent en temps normal les personnes de collaborer les unes avec les autres. »
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)