07 mai 2007

Le monde se préoccupe chaque jour de la liberté de la presse, affirme Karen Hughes

Discours du 1er mai sur les menaces du XXIe siècle à la liberté de la presse

 

On trouvera ci-après le texte de l'allocution prononcée par la sous-secrétaire d'État à la diplomatie et aux affaires publiques, Mme Karen Hughes, le 1er mai 2007, lors d'une conférence sur la liberté de la presse organisée par l'association Freedom House en collaboration avec le Conseil des gouverneurs de l'audiovisuel des États-Unis.

(Début du texte)

Département d'État américain
Karen Hughes, sous-secrétaire d'État à la diplomatie et aux affaires publiques
Freedom House et Conseil des gouverneurs de l'audiovisuel
1er mai 2007

Les menaces du XXIe siècle à la liberté de la presse

Merci, Madame la députée Ros-Lehtinen. C'est pour moi un honneur d'être ici aujourd'hui avec Freedom House et le Conseil des gouverneurs de l'audiovisuel pour parler de l'importante question de la liberté de la presse. Certains d'entre vous savent peut-être que j'ai commencé ma carrière en tant que journaliste. J'ai en effet travaillé pendant sept ans comme reporter pour une station de télévision de Dallas-Fort Worth.

En tant que journaliste, je couvrais tout, des tornades aux débats de la législature du Texas - et il était parfois difficile de faire la distinction entre les deux. Quand je couvrais le processus politique, je m'y sentais attirée parce que je voyais l'influence qu'il avait sur la vie des gens - qu'il s'agisse des impôts ou des heures d'ouverture des parcs. J'ai suivi les campagnes politiques, notamment la course de 1980 à la présidence et, alors que certains journalistes deviennent cyniques à l'égard de la politique, j'ai fait l'expérience inverse - j'étais inspirée par les gens courageux des deux partis politiques que je rencontrais et qui étaient disposés à prendre des risques, à subir les critiques et les commentaires défavorables qui surgissent inévitablement, et à s'engager pour tenter d'améliorer leur communauté et leur pays. J'ai alors décidé de m'engager à mon tour, si bien qu'en 1984, j'ai abandonné le journalisme pour devenir coordinatrice pour la presse texane au sein de la campagne Reagan-Bush. Par la suite, j'ai travaillé pour des campagnes locales, d'État et nationales et dans le bureau du gouverneur du Texas, puis à la Maison-Blanche et maintenant au département d'État. Si bien que, durant mes trente années de carrière, j'ai eu l'occasion de voir la presse et le gouvernement sous les deux angles.

Et, bien que ceux d'entre nous qui font partie du gouvernement se plaignent parfois des dernières manchettes ou de la façon dont une nouvelle est relatée, nous n'en reconnaissons pas moins l'importance vitale d'une presse libre dans une société libre. Comme l'a récemment déclaré la secrétaire d'État, Mme Rice, et je cite, « il n'existe pas de pilier plus important de la démocratie qu'une presse libre et dynamique ».

La liberté de la presse est souvent appelée la première liberté et pour une bonne raison - en fait, elle protège la liberté de pensée et la liberté d'expression. Une presse libre est indispensable à un débat vigoureux et à un électorat informé. Les journalistes demandent des comptes aux responsables gouvernementaux - et je pense que l'un des meilleurs tests d'éthique est la question suivante : cela vous plairait-il de voir telle décision ou telle mesure figurer en première page du journal de demain ? Les journalistes exposent la corruption et les actes criminels et font la lumière sur les violations des droits de l'homme. C'est peut-être précisément pour ces raisons que nous vivons à une époque de grave danger pour les journalistes de par le monde - ils courent plus que jamais le risque d'être menacés, emprisonnés ou tués - et les menaces proviennent de diverses sources - le crime organisé, les terroristes, les trafiquants de drogue et parfois même les gouvernements eux-mêmes.

Cette tendance inquiétante devrait sonner l'alarme et déclencher des protestations internationales beaucoup plus vives. Selon Reporters sans frontières et l'Association mondiale des journaux (World Association of Newspapers), un nombre record de journalistes et d'employés des médias - plus de 110 - ont été tués l'an dernier, faisant de 2006 « l'année la plus sanglante que l'on ait connue à ce jour pour le journalisme ». Au cours des dix dernières années, plus de 500 journalistes ont été tués.

L'un des cas qui ont le plus défrayé la chronique l'an dernier a été le meurtre d'Anna Politkovskaya, la courageuse journaliste russe, qui a été abattue en octobre dernier. On a découvert son cadavre percé de quatre balles dans l'ascenseur de l'immeuble de son appartement moscovite. Selon les rapports de presse, une arme avait été laissée à ses pieds, la carte de visite d'un tueur à gages.

Anna Politkovskaya avait vivement critiqué la guerre en Tchétchénie et le gouvernement russe. Elle avait fait l'objet de nombreuses menaces de mort mais n'en persistait pas moins, coupant à travers bois dans la neige et des ruisseaux gelés pour échapper aux gardes-frontières et pénétrant même dans une région en montant dans une charrette à foin avec des travailleurs agricoles. Le jour de sa mort, elle se préparait à faire publier un long article sur les tortures qu'utiliseraient les autorités tchétchènes. Sa dernière interview avant sa mort avait été accordée à Radio Europe libre/Radio liberté (RFE/RL) et revêtait pour moi un caractère poignant. Dans le cadre de mes fonctions, je représentais la secrétaire d'État au Conseil des gouverneurs de l'audiovisuel qui supervise ces radios. Or Anna Politkovskaya participait régulièrement aux émissions du service russe de RFE/RL - l'un des rares médias électroniques qui diffusaient sur les ondes en Russie ses reportages courageux. Le matin de sa mort, elle avait déclaré à un ami qu'elle s'était réveillée avec le sentiment qu'elle allait mourir ce jour-là. Son instinct de journaliste ne l'avait malheureusement pas trompée.

Je mentionne son histoire d'abord parce qu'elle est devenue symbolique de la nouvelle brutalité dirigée contre les journalistes. Anna Politkovskaya avait récemment été choisie par l'Unesco comme lauréate, cette année, du prix mondial Guillermo Cano de la liberté de la presse. Au département d'État, nous avons renouvelé notre appel au gouvernement russe en faveur d'une enquête immédiate et approfondie sur son meurtre. Les responsables doivent être identifiés et traduits en justice.

Les journalistes tels qu'Anna Politkovskaya sont aux premières lignes de la lutte pour la liberté humaine. Et, bien que son histoire soit probablement la plus connue, elle n'est malheureusement pas la seule.

Dans toutes les régions du monde, des journalistes sont harcelés. En Amérique latine - cinq journalistes ont été tués au Venezuela en cinq ans tandis que la liberté de la presse était limitée et que d'autres membres de la presse étaient tués en Colombie, au Guatemala et en Guyana. Au Mexique - une demi-douzaine de journalistes ont été tués en représailles directes contre leurs reportages. En novembre dernier, le directeur d'un journal de ce pays a été trouvé mort dans une chambre d'hôtel, les mains liées dans le dos, le lendemain de la publication dans son journal d'un article sur le crime organisé et sur la corruption du gouvernement local.

Dans le Sud-Est asiatique - neuf journalistes ont été tués en 2002, rien qu'au Pakistan, y compris Daniel Pearl et, dernièrement, Mohammed Ismail, chef du bureau de Pakistan Press International à Islamabad. On a découvert ce dernier le crâne fracassé par une barre de fer.

Au Moyen-Orient - deux journalistes libanais de premier plan, Samir Kassir et Gebran Tueni, ont été assassinés en 2005. Tous les deux critiquaient vivement l'ingérence syrienne dans les affaires libanaises et étaient les champions de la souveraineté et de la liberté du Liban. May Chidiac, journalistes de la télévision libanaise qui avait critiqué l'ingérence de la Syrie au Liban, a été blessée par une bombe placée sous le siège du conducteur de sa voiture. Elle a perdu la main et la jambe gauches, a passé neuf mois à l'hôpital et subi vingt-six opérations mais, avec le courage qui la caractérise, elle déclare : « J'ai donné à mon pays une main pour combattre ses ennemis et une jambe pour les chasser et ces ennemis ne manquent pas ! » Elle a repris ses émissions l'été dernier, bien qu'elle continue à recevoir des menaces.

Nous nous inquiétons sérieusement des menaces dirigées contre les journalistes qui travaillent pour des services d'information tels que RFE/RL et la Voix de l'Amérique (VOA) , qui sont la seule source de nouvelles et d'information crédibles pour les gens dans certaines parties du monde. Des correspondants de la VOA ont été tués en Irak, pris pour cible au Zimbabwe, attaqués en Serbie, arrêtés en Angola, contraints à se cacher au Rwanda, chassés du Burundi, détenus au Nigeria.

Il y a quelques mois, Khamail Muhsin, journaliste de talent de Radio Free Irak, a été kidnappée et abattue à Bagdad. Cette mère de trois enfants était une courageuse championne de la liberté d'expression.

Un correspondant du service turkmène de RFE/RL a été emprisonné l'an dernier par le gouvernement et a trouvé la mort dans des circonstances suspectes. Un correspondant du service ouzbek de RFE/RL a été condamné à six mois de prison pour avoir prétendument insulté un employé des services de sécurité alors qu'il couvrait les violences de 2005 contre des civils à Andijan. Des bureaux de presse ont été fermés à Tachkent et des correspondants du service russe ont été emprisonnés.

Au moment où nous nous rencontrons aujourd'hui, le gouvernement iranien refuse de permettre à la journaliste de RFE/RL Parnaz Azima de quitter l'Iran où elle était allée rendre visite à sa mère malade et hospitalisée. Les autorités iraniennes avaient saisi son passeport à son arrivée et refusent jusqu'à maintenant de le lui rendre, déclarant à son avocat qu'il ne lui serait rendu que dans deux ou trois ans ! Nous protestons vivement contre le fait que les autorités iraniennes forcent Parnaz Azima à rester en Iran contre son gré et demandons au gouvernement de la laisser quitter le pays afin qu'elle puisse reprendre son travail et surtout rejoindre ses enfants et petits-enfants.

Une enquête faite l'an dernier à l'échelle mondiale a révélé qu'un nombre record de 134 journalistes étaient emprisonnés. En Birmanie, deux hommes ont été condamnés à 19 ans de prison simplement pour avoir publié un recueil de poèmes pro-démocratiques. Le 12 mars, le journaliste birman U Win Tin, emprisonné depuis près de 18 ans par la junte militaire et en mauvaise santé, a observé derrière les barreaux son 77e anniversaire.

C'est en Chine que sont emprisonnés plus de journalistes que nulle part ailleurs - plus de trente. Quelque cinquante journalistes de l'internet sont également derrière les barreaux dans ce pays. En dépit des progrès réalisés sur certains fronts, la Chine ne peut être fière de son bilan en matière de liberté de la presse. Elle a pris une mesure opportune en annonçant un assouplissement temporaire de sa réglementation concernant les journalistes étrangers pour leur permettre de travailler plus librement en prévision des Jeux olympiques de 2008 à Pékin et, lors de ma visite en Chine, j'ai fait part aux autorités gouvernementales de notre espoir de voir cette mesure devenir permanente de façon à rapprocher la Chine des normes internationales.

Le flot régulier de rapports qui me parviennent confirme le fait que les journalistes doivent faire face aujourd'hui à des dangers plus graves que jamais - la semaine dernière un journaliste cubain dissident a été condamné à cinq ans de prison. Au Turkménistan, au moins sept correspondants de RFE/RL ont vu leurs téléphones fixes et portables bloqués ces dernières semaines. Les journalistes déclarent que des agents des services de sécurité les filent quotidiennement. Et la semaine dernière, en Biélorussie, un auditeur de RFE/RLa été arrêté par le KGB pour avoir distribué des annonces publicitaires pour les programmes de radio de cette station. La Biélorussie est devenue l'un des pays du monde où la censure est la plus prononcée.

Les États-Unis s'inquiètent du fait que de nombreux gouvernements non seulement prennent des mesures pour imposer le silence aux particuliers mais suppriment les médias indépendants, comme c'est le cas en Birmanie et en Corée du Nord où il n'y a pas de journalistes indépendants ; la Syrie n'accorde pratiquement aucune liberté à la presse locale ; et en Tunisie, en Érythrée, au Zimbabwe, en Ouzbékistan, à Cuba et en Guinée équatoriale, le gouvernement restreint considérablement la presse ou la contrôle. Des amendements controversés à la législation sur les médias ont renforcé le contrôle du gouvernement sur la presse au Kazakhstan tandis qu'en Égypte, la loi d'urgence a limité partiellement la liberté d'expression et la liberté de la presse.

Ces menaces mondiales posées à la liberté de la presse devraient gravement inquiéter la famille des nations. Elles visent non seulement les journalistes mais la société civile elle-même.

Imposer le silence aux journalistes, qu'ils travaillent dans des cybercafés, dans des revues littéraires ou dans les journaux, a un effet décourageant. L'information est supprimée au moment où, à l'ère de la mondialisation, l'information revêt une importance vitale. Supprimer les articles sur les cas de grippe aviaire accroît le risque non seulement pour les habitants d'un pays mais pour ceux de tous les pays. Tuer les journalistes qui enquêtent sur le trafic de la drogue a des conséquences au-delà des frontières, encourageant l'expansion du crime organisé. Assassiner des journalistes qui démasquent les malversations du gouvernement permet à la corruption de se développer et de gagner un cercle croissant d'entreprises et de particuliers.

Que devons-nous tous faire ? L'une des mesures les plus importantes que nous puissions prendre est de faire la lumière sur ce problème - faire prendre conscience des menaces qui pèsent sur les journalistes et sur la nécessité vitale d'une presse libre et dynamique.

Des associations de journalistes comme l'Association mondiale des journaux, le Committee to Protect Journalists et Reporters sans frontières prennent la parole et protestent auprès des gouvernements avec une persistance admirable.

Le lien qui existe entre une presse libre d'une part et la démocratie et le développement d'autre part reçoit une attention croissante dans les organismes internationaux tels que l'Unesco, l'OMC et la Banque mondiale. Une attention encore plus grande est nécessaire.

Le gouvernement américain est pleinement décidé à renforcer le rôle important des médias libres. L'accès à l'information et la transparence revêtent tant d'importance pour les pays en voie de développement que nous considérons la liberté de la presse comme un élément clé de notre rapport annuel sur les droits de l'homme - signalant et dénonçant les violations. Nous nous employons à poser des bases plus solides de liberté pour la presse internationale en fournissant de l'aide pour la réalisation de programmes de radio et de télévision indépendants des médias contrôlés par l'État et en finançant des programmes d'accès et de formation à l'internet.

La liberté s'accompagne évidemment de responsabilités et les journalistes ont le devoir de se montrer impartiaux et exacts. Le gouvernement américain soutient de nombreuses organisations non gouvernementales qui assurent une formation en matière de normes d'équité et d'objectivité aux journalistes, directeurs de journaux et médias de pays du monde entier. En association avec l'Aspen Institute et un certain nombre d'écoles de journalisme, nous avons lancé un nouveau programme, le programme Edward R. Murrow de journalisme, pour assurer une formation poussée à des journalistes étrangers.

Près de 200 d'entre eux viennent de terminer une visite de trois semaines aux États-Unis, au cours de laquelle ils se sont entretenus avec des responsables politiques, ont reçu une formation en matière de normes professionnelles de reportage objectif et se sont renseignés sur notre pays.

Et je suis heureuse de signaler qu'à l'avenir, nous ferons place, dans notre programme de journalisme Edward R. Murrow, aux membres de la famille de journalistes assassinés qui ont décidé d'étudier le journalisme ou de devenir journalistes eux-mêmes. Leur travail maintiendra vivace l'esprit de liberté d'expression.

Je suis heureuse également que la sous-secrétaire d'État Paula Dubriansky ait pu être parmi nous aujourd'hui pour parler des menaces à la liberté de l'internet. En février dernier, la secrétaire d'État a lancé le Groupe de travail sur la liberté mondiale de l'internet (GIFT), reconnaissant que la liberté de l'internet est un élément clé de la liberté de la presse. Les États-Unis se sont engagés à soutenir des solutions novatrices pour combattre la censure de l'internet, notamment en mettant en place un site internet sûr à l'intention des journalistes et des défenseurs des droits de l'homme dans les pays fermés.

L'un de nos rôles les plus importants, au département d'État. consiste à défendre les défenseurs de la liberté. Lorsque les gouvernements prennent des mesures pour restreindre la liberté de la presse, nous ne mâchons pas nos mots. Le président Bush a personnellement demandé au gouvernement chinois de libérer le chercheur du New York Times Zhao Yan. La secrétaire d'État a rencontré les collègues et le fils d'Anna Politkovskaya pour leur exprimer ses condoléances durant sa visite à Moscou et elle a été la première personne à accorder une interview à May Chidiac quand celle-ci a repris ses activités. Lorsque le gouvernement d'Azerbaïdjan a fermé la principale station radio et télévision de ce pays, ANS, à l'automne dernier, nos responsables gouvernementaux, dont je faisais partie, ont protesté à de nombreux niveaux. Aujourd'hui, ANS a repris ses émissions.

Le 3 mai, le monde observera la Journée mondiale de la liberté de la presse pour rendre hommage aux courageux journalistes qui, de la Biélorussie à Cuba et à l'Iran, luttent vaillamment pour le droit de s'exprimer et d'informer les habitants de leur pays.

Le message selon lequel le monde se préoccupe de la liberté de la presse doit être diffusé, pas seulement durant la Journée mondiale de la liberté de la presse mais tous les jours, pour montrer que les gens sont vigilants et font pression sur leur gouvernement pour qu'il rende pleinement compte des attaques contre les journalistes et contre la liberté de la presse.

Juste avant son assassinat, en janvier dernier, le journaliste turco-arménien Hrant Dink avait apparemment compris qu'il était en danger et avait consacré son dernier article aux menaces de mort dont il était l'objet. Lorsqu'il a été abattu, la semaine suivante, devant le bureau de son journal, des milliers de personnes sont descendues dans la rue et le premier ministre turc a condamné ce meurtre comme une atteinte à la paix et à la stabilité du pays. Comme il l'a déclaré, « la balle qui l'a tué visait la liberté de pensée et la démocratie ».

C'est pourquoi nous voulons que tous les courageux journalistes - rédacteurs, directeurs de journaux et photographes - qui risquent chaque jour leur vie dans de nombreux pays, sachent que les États-Unis sont à leurs côtés pour soutenir la liberté de pensée et la démocratie. Nous voulons être vos partenaires et vous soutenir pour préserver la liberté de la presse et par conséquent la liberté de pensée et d'expression.

Je vous remercie.

(Fin du texte)

(Diffusé par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)

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