30 mars 2007

Le Congrès rend hommage aux « Tuskegee Airmen »

Une cérémonie met l'accent sur l'héroïsme de ce corps d'élite d'aviateurs afro-américains de la Deuxième Guerre mondiale

 
M. Bush et la présidente de la Chambre Nancy Pelosi saluent les aviateurs de Tuskegee
M. Bush et la présidente de la Chambre Nancy Pelosi saluent les aviateurs de Tuskegee. (© AP Images)

Washington - Le 29 mars, le Congrès a conféré l'honneur le plus élevé qu'il puisse accorder à des civils - la Médaille d'or du Congrès - aux membres d'un corps d'élite de pilotes militaires afro-américains, les « Tuskegee Airmen », qui se sont distingués par leur courage durant la Deuxième Guerre mondiale.

Lors d'une cérémonie organisée au Capitole, hommage a finalement été rendu à ces aviateurs qui, il y a plus de soixante ans, s'étaient battus pour être reconnus à leur juste valeur au sein d'un appareil militaire marqué par la ségrégation.

Selon les historiens, les exploits de ces pilotes ont joué un rôle prépondérant dans la décision prise par le président Harry Truman d'abolir la ségrégation dans les services armés en 1948.

Entre 1942 et 1946, près d'un millier de pilotes d'avions de chasse et de bombardiers de race noire reçurent un entraînement à la base aérienne de Tuskegee (Alabama) réservée au personnel de race noire et 450 d'entre eux furent déployés à l'étranger.

« Ces aviateurs se sont battus dans deux guerres : l'une contre une force militaire à l'étranger et l'autre contre le racisme dans leur pays et à l'étranger », souligne le site Internet qui leur est consacré.

Durant la Deuxième Guerre mondiale, les « Tuskegee Airmen » ont effectué plus de 150.000 sorties au-dessus de l'Afrique du Nord et de l'Europe. Ils ont escorté des bombardiers alliés, abattus en vol quelque 250 avions ennemis et en ont détruit 150 à terre. Nombre de documents attestent leur bravoure et aucune perte d'avion ne peut leur être attribuée.

Et si seulement 385 de ces « Tuskegee Airmen » sur les 994 que comptait leur groupe à l'origine sont encore vivants aujourd'hui, beaucoup ont fait le déplacement à Washington pour assister à une cérémonie où le président Bush et l'ancien secrétaire d'État et général à la retraite, M. Colin Powell, étaient les principaux orateurs.

« Lorsque je suis entré dans la rotonde, j'ai été impressionné par le fait que je me trouvais non pas parmi les statues de héros, mais parmi des héros en chair et en os », a dit le président faisant le parallèle entre les exploits de ces aviateurs aujourd'hui âgés au service de la nation et ceux de personnalités historiques dont les statues sont alignées le long des murs de la salle.

M. Bush a salué l'altruisme des pilotes qui ont servi leur pays à une époque où on leur faisait subir d'innombrables affronts du fait de leur race. Malgré les impressionnants résultats qu'ils obtenaient, l'accès aux clubs des officiers réservés aux Blancs, par exemple, leur était refusé et certains furent même officiellement réprimandés pour avoir exigé d'être admis dans ces clubs. En outre, les possibilités d'avancement que leurs homologues blancs considéraient tout à fait normales leur étaient refusées.

« Même les nazis demandaient pourquoi des Afro-Américians se battaient pour un pays qui les traitait aussi injustement », a dit M. Bush, ajoutant : « Il n'empêche que les "Tuskegee Airmen" tenaient à s'engager. »

Le service exemplaire des pilotes et du personnel noir sur le terrain qui les aidait finit par ouvrir les portes à d'autres Afro-Américains, aussi bien dans les forces armées que dans d'autres domaines.

« Un sentiment d'urgence animait ces hommes qui sont avec nous aujourd'hui. Ils se battaient sur deux fronts : l'une des guerres se passait en Europe, l'autre se passait dans les cœurs et les esprits de nos compatriotes (...) Et peu à peu, toute victoire remportée dans la guerre s'est traduite en une victoire ici-même aux États-Unis », a déclaré M. Bush, rendant hommage aux sacrifices des aviateurs et à la détermination dont ils ont fait preuve pour instituer de nouvelles normes d'équité au sein de la société américaine.

Peu de gens connaissaient l'histoire de ces pilotes, que l'on considère aujourd'hui comme des pionniers dont les actions ont préparé le terrain au mouvement en faveur des droits civiques des années 1950 et 1960, avant le film de 1995 « The Tuskegee Airmen » mettant en vedette Laurence Fishburne, un acteur d'Hollywood.

Les remerciant, le président Bush leur a dit : « Les Tuskegee Airmen » ont aidé à gagner une guerre et vous avez personnellement changé notre pays pour le mieux. En vous remettant cette médaille aujourd'hui, nous faisons quelque peu en sorte que votre histoire puisse être racontée et honorée pendant longtemps. »

C'est l'hôtel de la Monnaie qui a frappé la Médaille d'or du Congrès décernée aux « Tuskegee Airmen ». La Smithsonian Institution lui accordera une exposition permanente à Washington et une copie sera remise aux aviateurs.

« Il y a des gars qui s'inquiétaient qu'ils ne verraient jamais ce jour, qu'ils seraient morts avant. Mais, je n'étais pas de ceux-là. Je ne doutais pas que ce jour viendrait de mon vivant », a affirmé l'un des aviateurs, M. Bill Wheeler, 83 ans, à l'occasion d'une interview accordée à Newsday.

(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)

Créer un signet avec :    Qu'est-ce que c'est ?