28 mars 2007

L'Indonésie va de nouveau partager ses échantillons de virus de la grippe aviaire

L'Égypte déclare un 27e cas d'infection chez l'homme par le virus H5N1

 
Un agent sanitaire indonésien fait un test de dépistage du virus de la grippe aviaire.
Un agent sanitaire indonésien fait un test de dépistage du virus de la grippe aviaire.

Washington - À la suite d'une conférence de deux jours qui s'est tenue à Jakarta, Indonésie, et qui a rassemblé des responsables de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et de 18 pays ayant connu des flambées d'infections par le virus hautement pathogène de la grippe aviaire, le gouvernement indonésien a consenti à de nouveau partager ses échantillons du virus H5N1, partage auquel il avait mis fin en janvier.

Depuis quelques mois, la ministre indonésienne de la santé, Mme Siti Fadilah Supari, attirait l'attention du monde sur le fait que les pays en développement remettaient des échantillons du virus H5N1 aux centres collaborateurs de l'OMS aux fins d'analyse et de mise au point de vaccins, mais que les pays pauvres n'auraient vraisemblablement pas accès à ces vaccins.

« Auparavant, l'OMS avait recours à un mécanisme qui n'était pas équitable pour les pays en développement », a expliqué Mme Supari à l'occasion d'une conférence de presse tenue le 27 mars à Jakarta, ajoutant : « Ce mécanisme n'était ni juste ni transparent par rapport aux attentes des pays en développement. Pour nous, ce mécanisme était plus dangereux que la menace même d'une pandémie d'infections par le H5N1. »

Et c'est pour répondre à ces préoccupations et assurer la communication des échantillons afin de continuer à évaluer les risques que l'OMS a organisé la conférence de Jakarta.

Parmi les participants à la conférence se trouvaient, antre autres, d'éminents scientifiques, dont quatre directeurs de centres collaborateurs de l'OMS, et des représentants de la Banque asiatique de développement et de la Fondation Gates, deux sources potentielles de financement.

Cet accord s'est fait alors que le ministre égyptien de la santé et de la population vient d'annoncer un nouveau cas d'infection humaine par le virus H5N1 de la grippe aviaire chez une petite fille de 3 ans habitant le gouvernorat d'Assouan. Elle s'était trouvée à proximité de volailles de basse-cour et les symptômes de la maladie avaient débuté le 22 mars. Hospitalisée le 24 mars, son état est aujourd'hui stable.

« À l'heure actuelle, la capacité à l'échelle mondiale de production d'un vaccin pour endiguer une pandémie de grippe est insuffisante pour répondre à tous les besoins, notamment dans les pays en développement », souligne le ministre américain de la santé et des services sociaux, M. Michael Leavitt, dans un communiqué publié le 23 mars. « L'OMS mérite un appui soutenu et ses responsables des félicitations lorsqu'il s'agit de guider les initiatives mondiales visant à se préparer et à réagir à une éventuelle pandémie de grippe humaine. »

Le partage des échantillons

Lorsque les échantillons n'étaient plus partagés avec l'OMS, la sécurité sanitaire mondiale était compromise de même que le suivi des risques auquel procèdent les laboratoires collaborateurs de l'OMS.

Ces centres ont d'importantes activités liées à la grippe. Ils vérifient notamment si des gènes humains se sont insérés dans le virus ou si des changements notables sont survenus dans celui-ci ; ils identifient les diverses souches de virus, procèdent à des tests pour voir si les antiviraux recommandés ont une action sur le virus, suivent l'évolution du virus et sa propagation géographique et adaptent les tests de diagnostic aux changements constatés dans les virus de la grippe, des virus qui sont en constante mutation.

Après la réunion de Jakarta, Mme Supari a fait le point des recommandations des participants et autorisé la reprise du partage des échantillons indonésiens avec l'OMS. Les participants à la réunion sont convenus que les centres collaborateurs de l'OMS continueraient à examiner les échantillons de virus H5NI pour évaluer les risques, à produire des souches de virus en vue de la fabrication de vaccins, et à réviser les termes de référence pour les laboratoires de l'OMS.

Ces termes préciseront exactement ce que peuvent faire les centres collaborateurs avec les virus qu'ils reçoivent dans le cadre des mesures de surveillance instituées, a précisé le docteur David Heymann, directeur général adjoint de l'OMS pour les maladies contagieuses. C'est l'OMS qui élaborera le document de base avec l'aide de ses pays membres.

Les vaccins et les pays en développement

La réunion de Jakarta a appuyé les efforts de l'OMS visant à mettre les fabricants de vaccins des pays industriels en contact avec ceux des pays en développement afin d'accélérer le transfert des techniques de production de vaccins contre le grippe.

« Nous sommes parvenus à un équilibre entre la nécessité de continuer le partage des virus de la grippe aux fins d'évaluation des risques et de mise au point de vaccins et la nécessité d'essayer de garantir que les pays en développement bénéficient de ce partage sans que soit compromise la sécurité sanitaire publique à l'échelle mondiale », a dit M. Heymann.

Ce sont les pays qui négocieront individuellement les modalités d'obtention des vaccins.

« L'OMS n'est pas impliquée dans les négociations financières, qu'il s'agisse de la vente de virus ou de l'achat de vaccins. Les pays négocieront directement avec les fabricants de vaccins. Il est évident que nous faciliterons les négociations si on nous le demande, mais ce ne sera pas automatique », a-t-il expliqué.

En ce qui concerne le partage des virus de la grippe, les meilleures pratiques de l'OMS ont été élaborées pour les vaccins contre la grippe saisonnière, pour lesquels un marché existe dans les pays industriels, mais seulement dans quelques-uns des pays en développement.

« Pour ce qui est des vaccins contre le virus H5N1, c'est différent. Nous allons modifier nos meilleures pratiques pour garantir qu'elles sont transparentes pour les pays en développement qui fournissent les échantillons et qui ont demandé qu'une partie des bénéfices découlant de ces virus leur revienne », a précisé M. Heymann.

Il a ajouté que le directeur général de l'OMS tenait à collaborer avec les laboratoires pharmaceutiques et les donateurs pour éventuellement constituer une réserve de vaccins à l'intention des pays en développement au cas où ils en auraient besoin, faisant cependant valoir que ce concept n'en était qu'au premier stade d'une étude de faisabilité.

(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)

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