27 mars 2007
Les États-Unis augmentent les fonds alloués à cette fin.

Washington - Dans le cadre du Plan d'urgence du président en matière de lutte contre le VIH/sida (PEPFAR), les États-Unis ont accru les fonds qu'ils allouent à la lutte contre la tuberculose dans le monde afin d'enrayer cette maladie infectieuse particulièrement dangereuse pour les personnes dont le système immunitaire est affaibli par le VIH/sida.
Par rapport à l'année 2004, le rythme auquel les gens développent la tuberculose s'est stabilisé en 2005 et se serait même légèrement ralenti selon le Rapport mondial sur la lutte antituberculeuse rendu public le 22 mars par l'OMS. Cependant, du fait de la croissance démographique dans le monde, le nombre de cas de tuberculose a continué à augmenter lentement.
Le contrôle de la tuberculose dans le monde se heurte à un sérieux obstacle : l'apparition de cas de tuberculose fortement résistante aux traitements médicamenteux qui est parfois imputable au fait que les malades respectent mal les consignes en matière de traitement.
« Le PEPFAR prend très au sérieux la question de la tuberculose résistante aux médicaments », a expliqué le 21 mars le coordonnateur pour les questions mondiales liées au sida, M. Mark Dybul, à l'occasion d'une déposition devant la sous-commission de la Chambre des représentants chargée de l'Afrique et des questions liées à la santé mondiale, ajoutant : « Et c'est la raison pour laquelle nous avons accru de 50 million de dollars les fonds que nous réservons pour l'année budgétaire 2007 aux initiatives visant la lutte contre la tuberculose et le sida. »
« Près de 60 % des cas de tuberculose dans le monde sont désormais détectés et la grande majorité des malades en guérissent. Au cours des dix dernières années, grâce aux efforts des gouvernements et de partenaires divers, un traitement efficace a été administré à 26 millions de tuberculeux. Il n'en demeure pas moins que la maladie tue chaque jour 4.400 personnes », explique dans un communiqué publié le 22 mars le secrétaire général de l'ONU, M. Ban Ki-moon.
En 2005, plus de 8,7 millions de personnes étaient atteintes de la tuberculose. Selon les estimations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), 1,6 million de personnes sont mortes de la tuberculose en 2005 et 195.000 d'entre elles étaient également infectées par le VIH.
La maladie
Tel un rhume, la tuberculose se propage lorsque les gens toussent. Selon l'OMS, une personne sur trois est infectée par le bacille de la tuberculose à l'état latent, le Mycobacterium tuberculisis. Un affaiblissement du système immunitaire - grand âge ou maladies telles que la séropositivité par le VIH - favorise une réactivation du bacille.
Il est possible de soigner la tuberculose non pharmacorésistante en suivant un traitement de six à neuf mois reposant sur l'administration régulière de médicaments dont l'efficacité a été prouvée, tels l'isoniazide et la rifampicine. Ces traitements soignent plus de 95 % des malades, mais comme beaucoup de personnes dans les pays pauvres n'ont pas accès à de tels traitements, les tuberculeux propagent leur maladie et 9 millions de personnes la contractent chaque année.
« La tuberculose qui résiste à l'isoniazide et à la rifampicine est appelée tuberculose à bacilles multirésistants (TB-MR) et les malades qui en sont atteints doivent suivre pendant 18 à 24 mois un traitement avec des médicaments moins efficaces, qu'ils ont du mal à tolérer et qui coûtent bien plus cher », a expliqué la docteur Julie Gerberding, directrice du Centre fédéral épidémiologique (CDC), lors de sa déposition devant la sous-commission.
Nombreux sont les pays où le taux d'infection par la tuberculose est élevé qui ne peuvent soigner efficacement les malades affectés par une tuberculose à bacilles multirésistants en raison du coût des médicaments, de la nécessité d'avoir des laboratoires sophistiqués et du suivi intensif nécessaire pour ce genre de traitements.
La contribution des États-Unis
« Les États-Unis se trouvent sur la ligne de front de la bataille contre la tuberculose », a affirmé aux membres de la sous-commission M. Kent Hill, administrateur adjoint de l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), expliquant qu'entre 2000 et 2006, l'USAID a alloué environ 500 millions de dollars pour appuyer des projets ciblant la lutte contre la tuberculose de par le monde et que pour 2006, le financement de projets bilatéraux entrepris dans 37 pays s'était élevé à environ 90 millions de dollars.
Les initiatives de l'USAID en matière de lutte contre la tuberculose et aussi de recherche, a souligné M. Hill, sont étroitement coordonnées avec celles des autres organes du gouvernement, notamment le CDC et le Bureau du coordonnateur pour la lutte mondiale contre le sida.
Mme Gerberding a rappelé qu'en septembre 2006, le CDC, l'OMS et d'autres membres du Partenariat « Halte à la tuberculose », qui regroupe des représentants d'organisations internationales, de pays, de donateurs du secteur public et du secteur privé, d'organisations gouvernementales et non gouvernementales ainsi que des particuliers avaient mis sur pied un plan d'action concernant la tuberculose à bacilles multirésistants.
Dans les semaines à venir, la Maison-Blanche va organiser une conférence interministérielle afin de garantir que toutes les activités du gouvernement des États-Unis s'insèrent dans une stratégie unifiée.
« L'OMS apprécie beaucoup l'important appui financier offert annuellement depuis la fin des années 1990 par le gouvernement des États-Unis afin de juguler la tuberculose », a souligné le docteur Mario Raviglione, responsable du service de l'OMS chargé du programme « Halte à la tuberculose », précisant que l'Institut national de la santé (NIH) était à l'heure actuelle l'une des principales sources de financement de la recherche sur la tuberculose.
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)