26 mars 2007
Le vote unanime du Conseil de sécurité isole Téhéran.
Nations unies - Le 24 mars, le Conseil de sécurité des Nations unies a décidé, dans une résolution adoptée à l'unanimité, de renforcer les sanctions imposées à l'Iran qui refuse toujours de suspendre ses activités d'enrichissement de l'uranium. Ainsi le gouvernement iranien se trouve-t-il de plus en plus isolé en raison de ce défi lancé à la communauté internationale.
Les nouvelles sanctions, venant alourdir celles adoptées en décembre 2006, visent à imposer un embargo total sur toutes les exportations d'armes iraniennes. La résolution engage notamment « tous les États à faire preuve de vigilance et de retenue concernant la fourniture, la vente ou le transfert, directs ou indirects, à l'Iran (...) de chars de combat, véhicules blindés de combat, systèmes d'artillerie de gros calibre, avions de combat, hélicoptères d'attaque, navires de guerre, missiles et lanceurs de missiles », et elle prie les États de « ne pas souscrire de nouveaux engagements aux fins de l'octroi de subventions, d'une assistance financière et de prêts assortis de conditions libérales à la République islamique d'Iran, si ce n'est à des fins humanitaires et de développement ».
Elle demande également aux États membres de « faire preuve de vigilance et de retenue concernant l'entrée ou le passage en transit sur leur territoire de personnes qui participent, sont directement associées ou apportent un appui aux activités nucléaires de l'Iran posant un risque de prolifération ou à la mise au point de vecteurs d'armes nucléaires ».
Le Conseil a en outre décidé que ces sanctions seraient suspendues si l'Iran prenait, dans les 60 jours, des mesures en vue de se conformer aux exigences de la communauté internationale.
Dans sa déclaration, le représentant permanent des États-Unis auprès de l'ONU, M. Alejandro Wolff, a déclaré que cette résolution constituait « un message clair et sans la moindre ambiguïté à l'Iran » qui doit désormais répondre en respectant ses obligations juridiques internationales. Il a souligné que les États-Unis souhaitaient engager « une nouvelle dynamique avec l'Iran ».
« Les mesures que nous adoptons aujourd'hui ne cherchent en aucune façon à punir la population civile de l'Iran, a-t-il dit. Cette résolution est dirigée contre les institutions et les responsables iraniens qui appuient les programmes nucléaires et de missiles de l'Iran. »
« Le monde a énormément profité de la culture riche et dynamique du peuple iranien. Mon pays héberge lui-même des centaines de milliers de citoyens et de résidents d'origine iranienne, et nous avons la chance de bénéficier de leurs contributions à notre société », a déclaré M. Wolff.
La résolution, numérotée 1747, était parrainée par la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni et rédigée par ces trois pays ainsi que par la Chine, la Russie et les États-Unis.
À l'issue du vote, le représentant permanent du Royaume-Uni a lu une déclaration reflétant le point de vue des cinq membres permanents du Conseil de sécurité avec le soutien de l'Union européenne. Selon lui, « l'adoption à l'unanimité de la présente résolution reflète la préoccupation profonde de la communauté internationale face au programme nucléaire iranien ». Il a dit que l'Iran devait honorer toutes ses obligations internationales et il s'est dit favorable à une solution négociée, pour parvenir à un accord global avec l'Iran fondé sur le respect mutuel. Les propositions faites à l'Iran, en juin 2006, sont toujours valables, a-t-il déclaré, proposant de poursuivre les discussions avec l'Iran pour voir si une solution mutuellement acceptable pouvait s'ouvrir.
« Nous exhortons l'Iran à saisir cette occasion d'engager le dialogue et de s'orienter vers une solution négociée. Nos propositions apporteraient des avantages considérables à l'Iran et à la région, et offriraient un moyen de répondre aux préoccupations de la communauté internationale tout en tenant compte des intérêts légitimes de l'Iran. »
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)