19 mars 2007
Les États-Unis, entre autres, condamnent les violations de la liberté de la presse.

Washington - Les États-Unis et d'autres membres de la communauté internationale condamnent les actions menées contre des journalistes au Bangladesh, dans la bande de Gaza et en Égypte, ainsi que le nombre croissant d'actes violents perpétrés contre des femmes journalistes dans le monde entier.
Lors d'une conférence de presse tenue le 12 mars, le porte-parole adjoint du département d'État, M. Tom Casey, a déclaré : « Quand vous songez au nombre de journalistes qui ont souffert, soit parce qu'ils ont été enlevés, ont subit des violences physiques ou ont été tués dans des conflits, il est clair que c'est une profession difficile dans laquelle les gens se mettent souvent en danger. »
Il a ajouté que les États-Unis continuaient de s'inquiéter de la liberté de la presse dans le monde. « Nous essayons d'intervenir dans plusieurs pays pour soutenir la liberté de la presse. » Le département d'État, a-t-il ajouté, se concentre également sur la liberté d'expression sur Internet, notamment les cas de persécution de blogueurs en Chine et en Égypte.
Résolution de la Chambre sur un journaliste bangladais
Le 13 mars, la Chambre des représentants des États-Unis a adopté, par un vote de 409 voix contre une, une résolution exhortant le gouvernement du Bangladesh à retirer les accusations de sédition portées contre un journaliste bangladais. Dans sa résolution, la Chambre précise que les charges retenues contre le journaliste Salah Uddin Shoaib Choudhury sont passibles de la peine de mort.
Le parrain de la résolution, le député Mark Kirk de l'Illinois, a déclaré que M. Choudhury était harcelé par le gouvernement bangladais parce qu'il avait prôné la tolérance religieuse. Lors d'une allocution prononcée à la Chambre le 13 janvier dernier, M. Kirk avait affirmé que M. Choudhury avait été victime de plusieurs attaques, notamment un attentat contre les bureaux de son journal le 6 juillet 2006. La résolution parrainée par M. Kirk exhorte le gouvernement bangladais à « cesser de harceler » M. Choudhury, à « prendre des mesures » pour le protéger, et à « demander des comptes à ceux qui ont perpétré des attaques contre lui ».
En 2005, M. Choudhury avait remporté le prix du courage dans le journalisme que décerne PEN USA, une organisation non gouvernementale qui œuvre à la défense de la liberté d'expression et lutte contre la censure dans le monde entier.
M. Kirk a affirmé que l'intervention du département d'État avait contribué à la libération sous caution de M. Choudhury en avril 2005, après une incarcération de 17 mois.
Evoquant un autre cas, le porte-parole du département d'État, Sean McCormack, a déclaré, le 15 mars, que les États-Unis étaient « déçus » par la décision d'une cour d'appel égyptienne de confirmer la peine de quatre ans de prison prononcée contre un blogueur qui avait exprimé ses vues sur le gouvernement égyptien.
La condamnation d'Abdel Karim Soliman, en février dernier, a été « un recul pour les droits de l'homme en Égypte. La liberté d'expression est indispensable à toute société démocratique et prospère (...) et cela vaut pour tout le monde. »
Reporters sans frontières
Le 12 mars, Reporters sans frontières, une organisation dont le siège est à Paris (France), a réclamé la libération immédiate du journaliste britannique Alan Johnston, correspondant de la BBC, qui a été enlevé par des hommes armés à Gaza. C'est le deuxième journaliste enlevé à Gaza depuis le début de l'année 2007.
Reporters sans frontières précise que 14 journalistes étrangers ont été enlevés à Gaza depuis 2005. La plupart d'entre eux ont été libérés rapidement et n'ont pas été maltraités.
Le 6 mars, Reporters sans frontières a également publié un communiqué sur l'augmentation de la violence contre les femmes journalistes dans le monde. « De plus en plus de femmes journalistes sont victimes de meurtres, d'arrestations, de menaces et d'intimidations. Cela s'explique par le nombre croissant de femmes exerçant cette profession et faisant du journalisme d'enquête dont les conclusions embarrassent souvent certaines personnalités. »
Reporters sans frontières affirme par ailleurs que neuf (soit 11 %) des 82 journalistes tués à cause de leur travail dans le monde en 2006 étaient des femmes. En 2004, seulement 2,5 % des 53 journalistes tués étaient des femmes. De plus, plusieurs femmes sont actuellement en prison parce qu'elles sont journalistes.
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)