15 mars 2007

Les É.-U. appellent à la coopération internationale pour lutter contre les stupéfiants

Malgré les progrès enregistrés, il y a encore du travail à faire.

 

Washington - Les États-Unis, tout en prenant note des résultats déjà obtenus par le biais de la coopération internationale, réclament l'instauration d'un équilibre prudent entre l'utilisation légale de certaines drogues pour des raisons médicales et la prévention des abus et du trafic des stupéfiants.

« Vu la difficulté de répondre aux besoins légitimes tout en éliminant la production de drogues synthétiques, un système puissant de coopération internationale s'impose, de même qu'une réglementation nationale efficace des précurseurs chimiques », a déclaré Thomas Schweich, premier sous-secrétaire d'État adjoint aux affaires relatives au trafic international des stupéfiants, le 12 mars, à Vienne (Autriche), où il participait à la 50e session de la Commission des stupéfiants des Nations unies.

M. Schweich a affirmé que la légalisation des cultures de pavot et de cocaïer nuirait au respect des lois de lutte contre les stupéfiants. « Nous sommes d'avis que toute tentative de légaliser les immenses cultures de pavot en Afghanistan, ou d'étendre les zones, déjà importantes, de culture licite du cocaïer en Amérique du Sud, donnerait lieu à d'énormes opérations de détournement qui auraient des conséquences graves et négatives pour nous tous. »

On a enregistré des résultats positifs au niveau du démantèlement de réseaux de trafiquants et de la destruction de cultures illégales, et cela a eu des effets positifs aux États-Unis. « Nous (...) sommes heureux de rapporter que la consommation de drogues a considérablement baissé - de 23 % - dans notre pays. »

Le contrôle des précurseurs chimiques tels que l'éphédrine et la pseudoéphédrine représente une difficulté particulière à un moment où l'abus de drogues synthétiques se répand dans le monde. Ces substances, qui sont utilisées légalement pour traiter des affections respiratoires, sont également les principaux éléments de drogues synthétiques illégales et dangereuses, notamment les méthamphétamines.

Aux États-Unis, la Loi de 2005 sur la lutte contre l'épidémie de méthamphétamines limite les ventes sans ordonnance de médicaments contenant des précurseurs chimiques. Cette loi a considérablement réduit la disponibilité et le détournement de ces produits chimiques, tout en en protégeant l'utilisation médicale légale.

M. Schweich a fait l'éloge des efforts qui ont été déployés après l'adoption de plusieurs résolutions de la Commission des stupéfiants visant à renforcer les mécanismes de contrôle. En imposant des normes pour l'utilisation médicale de certaines drogues et en échangeant des informations avec le Programme des Nations unies pour le contrôle international des drogues (PNUCID), 82 pays ont fourni les fondements nécessaires pour créer un profil des importations et exportations légales de précurseurs chimiques.

« Par exemple, a dit M. Schweich, le PNUCID rapporte que certains gouvernements ont annulé des expéditions de précurseurs chimiques parce que les quantités commandées était cent fois supérieures aux besoins légitimes déclarés par un pays donné. Les États-Unis applaudissent à ces efforts et demandent à d'autres pays de les imiter. »

Le groupe de travail du projet « Prism » du PNUCID a facilité les échanges d'informations par le truchement du droit international et d'opérations de collaboration. « Tout au long de l'année dernière, nous avons constaté une augmentation de l'efficacité du groupe de travail, et le PNUCID a renforcé ses capacités de prévention du détournement de substances contrôlées. » Les travaux du PNUCID ont notamment abouti, a ajouté M. Schweich, à la saisie de 113.133 kilogrammes de précurseurs chimiques.

Afin de maintenir un approvisionnement adéquat des sociétés pharmaceutiques légitimes tout en empêchant les trafiquants de détourner certaines substances, la coopération est essentielle.

La Commission des stupéfiants, qui, à l'ONU, fait partie du Bureau pour le contrôle des drogues et de la prévention du crime, analyse les problèmes liés à la drogue dans le monde de façon à formuler des politiques de lutte contre ces phénomènes. La commission comprend 53 membres qui se réunissent chaque année pour concevoir et adopter des mesures en fonction des besoins du moment.

(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)

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