14 mars 2007
La déclaration de la secrétaire d'État des États-Unis
Washington - Le gouvernement Bush a exhorté le gouvernement du président Robert Mugabe à libérer « immédiatement et sans condition » les chefs de l'opposition politique au Zimbabwe et à permettre aux Zimbabwéens d'exercer leur droit d'exprimer leurs opinions sans craindre de faire l'objet de mesures d'intimidation ou de violence.
Dans la déclaration qu'elle a faite le 13 mars, la secrétaire d'État, Mme Condoleezza Rice, qui accompagne actuellement le président Bush en Amérique latine, a qualifié de « brutale » la répression d'une réunion de prière à laquelle participaient les chefs de l'opposition.
Elle a aussi réaffirmé que les États-Unis tenaient le président Mugabe pour responsable de la sécurité des personnes détenues, notamment les dirigeants du Mouvement pour le changement démocratique, MM. Morgan Tsvangirai et Arthur Mutambara, ainsi que le président de l'Assemblée constitutionnelle nationale, M. Lovemore Madhuku.
Les événements récents, a dit Mme Rice, montrent de nouveau à la communauté internationale que le gouvernement Mugabe est « impitoyable et répressif » et qu'il ne crée que des souffrances pour la population du pays. Elle a exhorté ce gouvernement à « permettre aux Zimbabwéens d'exercer leur droit d'exprimer leurs opinions sans craindre de faire l'objet de mesures d'intimidation ou de violence ».
À Washington, le porte-parole adjoint du département d'État, M. Tom Casey, a déclaré que la répression de la manifestation et l'arrestation d'une cinquantaine de personnes montraient dans quelle mesure le gouvernement Mugabe était prêt à tenter d'empêcher les Zimbabwéens de participer à la vie politique du pays.
« Personne, a-t-il souligné, ne devrait se heurter à des mesures de harcèlement et d'intimidation ni faire l'objet de mauvais traitements et de violences pour avoir simplement tenté de se réunir avec d'autres personnes et d'exprimer librement ses opinions politiques. »
M. Casey a fait état d'informations selon lesquelles certains détenus ne bénéficiaient pas de soins médicaux alors que leurs blessures étaient graves et qu'ils n'avaient pas accès à un avocat contrairement au droit zimbabwéen.
L'ambassadeur des États-Unis au Zimbabwe, M. Christopher Dell, ainsi que plusieurs ambassadeurs de pays membres de l'Union européenne se sont rendus, le 13 mars, au tribunal où certains des membres de l'opposition devaient comparaître. Ils étaient accusés d'incitation à la violence. M. Dell a tenté d'avoir un entretien avec ces détenus, mais en vain.
Les détenus ont été relâchés le 13 mars au soir et placés sous la responsabilité de leurs avocats, car l'audience prévue a été reportée à la suite d'un accord entre le ministère public et la défense.
Les États-Unis doivent s'entretenir avec des pays de l'Union européenne ainsi qu'avec des pays africains afin de voir ce qu'il serait possible de faire pour encourager des changements positifs au Zimbabwe, a dit M. Casey en ajoutant : « Alors qu'une campagne électorale va bientôt s'ouvrir au Zimbabwe, nous souhaitons voir plus d'ouverture et un dialogue entre tous les éléments de la société zimbabwéenne, et non pas un accroissement de la répression. »
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)