09 mars 2007
Samia al-Amoudi, docteur en médecine, reçoit un prix pour ses efforts.
Washington - Quand Samia al-Amoudi s'est découvert une grosseur au sein, elle était certaine qu'il s'agissait d'un cancer.
Obstétricienne et gynécologue, ancienne vice-doyenne de la Faculté de médecine et de sciences connexes de l'université du roi Abdulaziz, située à Jeddah en Arabie saoudite, elle a fait son propre diagnostic en mars 2006.
Ce jour-là, « ma vie et mes priorités ont pris une tout autre direction », a écrit la Dr al-Amoudi dans sa rubrique hebdomadaire de presse peu après cette découverte. Sa nouvelle obligation, elle le savait en tant que médecin, était de sensibiliser la population aux dangers du cancer du sein, notamment grâce à ses articles de presse.
En Arabie saoudite, il est rare que l'on parle de cancer, en particulier quand il affecte une partie du corps comme le sein, a-t-elle observé. Quand, dans ce pays, on entend dire que telle personne a un cancer, « tout de suite, on pense qu'elle va mourir dans les huit jours », du fait qu'on n'entend guère de témoignages de ceux qui ont survécu à cette maladie.
« Dans notre pays, ce n'est pas une question de ressources. Nous avons le meilleur matériel, les meilleurs hôpitaux, la meilleure technologie », a-t-elle poursuivi. Le problème est que ces outils ne sont pas assez utilisés. « C'est pourquoi il faut continuer à parler aux gens et rompre la loi du silence.»
Dans sa rubrique, la Dr al-Amoudi aborde tous les aspects de sa maladie, notamment la façon dont elle a découvert sa tumeur, comment elle l'a annoncé à ses enfants, sa réaction lorsque la chimiothérapie lui a fait perdre ses cheveux, et ses moments les plus angoissants. Elle a également parlé de questions qui touchent la société saoudienne en particulier. Elle a, par exemple, insisté sur l'importance de discuter du cancer du sein avec les hommes : en effet, dans ce pays, les femmes dépendent souvent de la bonne volonté des hommes pour se faire soigner, car elles ne peuvent se rendre seules en voiture à leurs rendez-vous médicaux et ne peuvent être examinées par un médecin de sexe masculin qu'avec le consentement de leur époux.
Le 5 mars, Journée internationale de la femme, Samia al-Amoudi était à Washington, avec neuf autres femmes venues de diverses parties du monde, pour recevoir des mains de la secrétaire d'Etat américaine, Mme Condoleezza Rice, le Prix international du courage féminin. Il s'agit d'un prix nouveau, décerné cette année pour la première fois par le département d'Etat pour honorer les actions courageuses de ces militantes en faveur des droits des femmes.
(Les articles du "Washington File" sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://usinfo.state.gov/francais/)